NRT › Recensions › L'anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse. La contribution majeure d'Antoine Vergote
L'anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse. La contribution majeure d'Antoine Vergote
NRT 130/3 (2008) p. 645
Recenseur : Hausman
Lecuit J.-B., L'anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse. La contribution majeure d'Antoine Vergote, coll. Cogitatio fidei 259, Paris, Cerf, 2007, 18x12, 678 p., 55 €. ISBN 978-2-204-08429-1
Avoir lu tout Vergote, dans toutes les langues de sa riche bibliographie, l'avoir rencontré à plusieurs reprises, entendre sa prise de distance de Lacan et discuter sa référence à Freud (en particulier pour ce qui regarde la sublimation): l'entreprise représentait déjà une sorte d'exploit. Mais entremêler cette étude d'une véritable introduction à la psychanalyse, considérer le rapport d'érôs à agapè au coeur du débat, et, dans une indispensable troisième partie, passer «du complexe parental à l'intersubjectivité théologale» en revisitant toute la critique freudienne de la religion, puis en situant «l'homologie structurale entre le complexe d'OEdipe et la foi chrétienne», relève sans aucun doute du tour de force que la défense de cette thèse à Lille en mai 2006, en présence du principal intéressé, a dû brillamment confirmer.
Il est heureux qu'on dispose à présent, en français, d'une étude complète dans sa technicité même, sur l'apport d'un théologien, psychanalyste et psychologue de la religion dont l'oeuvre est une rare occasion pour la foi de dialoguer avec la culture et, ajouterions-nous, pour la psychanalyse, de dialoguer avec la foi de la révélation chrétienne. Que ce lieu passe par l'intersubjectivité philosophique et l'anthropologie théologique permet de concevoir comment le désir s'accomplit dans l'amour, au sens précis où la paternité est acte d'adoption dans un acte de parole.
L'oeuvre d'A. Vergote «représente une référence majeure pour toute prise en compte de la psychanalyse en théologie» (603). Son actualité lui vient donc de cette articulation modèle, dégagée par une présentation exhaustive, qu'on inscrira dans l'illustre tradition des Carmes de langue française. La bibliographie d'A. Vergote court sur plus de 25 pages (de 1952 à 2007), la bibliographie générale, sur une vingtaine, avant l'index des noms et l'index thématique. À tous égards, un ouvrage achevé. - N. Hausman scm
Il est heureux qu'on dispose à présent, en français, d'une étude complète dans sa technicité même, sur l'apport d'un théologien, psychanalyste et psychologue de la religion dont l'oeuvre est une rare occasion pour la foi de dialoguer avec la culture et, ajouterions-nous, pour la psychanalyse, de dialoguer avec la foi de la révélation chrétienne. Que ce lieu passe par l'intersubjectivité philosophique et l'anthropologie théologique permet de concevoir comment le désir s'accomplit dans l'amour, au sens précis où la paternité est acte d'adoption dans un acte de parole.
L'oeuvre d'A. Vergote «représente une référence majeure pour toute prise en compte de la psychanalyse en théologie» (603). Son actualité lui vient donc de cette articulation modèle, dégagée par une présentation exhaustive, qu'on inscrira dans l'illustre tradition des Carmes de langue française. La bibliographie d'A. Vergote court sur plus de 25 pages (de 1952 à 2007), la bibliographie générale, sur une vingtaine, avant l'index des noms et l'index thématique. À tous égards, un ouvrage achevé. - N. Hausman scm


