The Meeting of Religions and the Trinity

G. D'Costa
Religions - reviewer : Jacques Scheuer s.j.
Enseignant à l'Université de Bristol, l'A. s'est déjà fait connaître par plusieurs ouvrages dans le domaine de la théologie des religions. Dans ce nouvel essai, il s'attache à démontrer qu'en ce domaine les positions dites «pluralistes», qui prétendent, au nom de quelque rationalité neutre et surplombante, reconnaître à toutes les religions une valeur égale dans la recherche de vérité et de salut, occupent en réalité une position particulière - inspirée du rationalisme des Lumières ou de la «modernité libérale» - vers laquelle elles tentent de ramener la diversité historique des religions concrètes, christianisme compris. Loin d'ouvrir, comme elles le prétendent, une perspective universelle, ces théologies pluralistes sont donc en réalité tout aussi «exclusivistes» que les discours théologiques classiques qu'elles dénoncent: la différence ou l'altérité n'est pas vraiment prise en compte et la tolérance proclamée demeure abstraite. La 1e partie de l'ouvrage procède à cette démonstration à partir des écrits de plusieurs auteurs «pluralistes» appartenant à différentes traditions (et qu'il n'est d'ailleurs pas possible de ramener à une position unique): John Hick et Paul Knitter dans le monde chrétien, Dan Cohn-Sherbok du côté juif, S. Radhakrishnan dans le contexte néo-hindou, enfin le Dalaï-lama dans la perspective du bouddhisme du Grand Véhicule.
Convaincu qu'une réflexion théologique sur la pluralité des religions ne peut s'élaborer de manière légitime et féconde qu'à la lumière d'une tradition particulière, l'A. propose dans la 2e partie de son livre une théologie chrétienne (et même catholique) des religions. S'interrogeant, à partir des textes de Vatican II et du magistère ultérieur, sur la valeur salvifique des religions, il met en valeur le rôle de l'Esprit Saint dans l'histoire du salut (Jean 14-16), tout en dénonçant la dérive qui conduit certains théologiens (même catholiques) à introduire une distance excessive entre l'Esprit et le Christ, l'Esprit et l'Église. Le modèle trinitaire est en fin de compte la seule source valable et le point de départ d'une théologie chrétienne du pluralisme religieux. Un dernier chapitre situe dans cet éclairage la question particulière de rassemblements au cours desquels les participants sont invités à une prière plurireligieuse et même interreligieuse.
Cet essai a le mérite de tenter un dépassement de catégories quelque peu stéréotypées (l'A. déclare récuser désormais l'«inclusivisme» aussi bien que le pluralisme) et de repartir d'une base proprement théologique. En revanche, lorsque l'A. interroge le magistère récent sur la valeur salvifique «per se» des religions, on peut se demander ce que cette expression signifie précisément (un salut indépendamment de l'action salvifique de Dieu?). Enfin le lecteur pourrait s'étonner, dans cette réflexion «trinitaire», d'un silence presque total sur le Père. Peut-être ces points seront-il repris dans une prochaine publication? - J. Scheuer, S.J.

newsletter


the journal


NRT is a quarterly journal published by a group of Theology professors, under the supervision of the Society of Jesus in Brussels.

contact


Nouvelle revue théologique
Boulevard Saint-Michel, 24
1040 Bruxelles, Belgium
Tél. +32 (0)2 739 34 80