Isaïe 5, 1-7. Le chant de la vigne
(dir.) Matthieu Arnold (dir.) Gilbert Dahan (dir.) Annie Noblesse-RocherSagrada Escritura - reviewer : Alain de Boudemange
Le vol. d’étude sur le chant de la vigne en Is 5,1-7 recueille les fruits du travail de la 24e des « Journées d’exégèse bibliques » organisées par le laboratoire des Monothéismes - Centre d’études patristiques. 5 contributions permettent de faire le point sur l’interprétation de ce passage clé du livre d’Isaïe en s’appuyant sur des étapes importantes de l’histoire de l’exégèse. D. Luciani commence par proposer une lecture attentive du passage, en précisant notamment les identifications possibles des acteurs. Il en conclut que le prophète exprime, au nom de Dieu, « une parole de jugement et de condamnation » (p. 36). D. Lemler parcourt l’interprétation juive du texte. Le Targum de Jonathan exploite l’interprétation allégorique, ce qui conduira ensuite à faire de la vigne une « archi-métaphore » pour l’interprétation de tous les passages bibliques où il est question de la vigne. Par la suite, la tradition juive, en réaction probable à la parabole évangélique des vignerons, développe une interprétation positive du passage d’Isaïe qui souligne la supériorité d’Israël. A. Le Boulluec propose de son côté un parcours dans la littérature patristique. À la suite de M. Harl, il évoque la possibilité que la parabole ait progressivement disparu dans les hymnaires grecs du fait de la prédominance de l’interprétation anti-juive alors qu’elle restait en vigueur en occident où elle était lue d’abord comme un appel à la conversion. A. Noblesse-Rocher propose une analyse de l’exégèse médiévale : Albert et Thomas reviennent au sens littéral et remettent en évidence le jugement de Dieu contre son peuple, ce qui donne lieu à de nouvelles lectures allégoriques ou morales. A. Gerace, enfin, présente un auteur peu connu, Adam Sasbout, enseignant à Louvain au xvie s. En s’appuyant sur les apports de l’humanisme, en particulier dans l’attention aux langues anciennes, il propose une exégèse à nouveaux frais du passage d’Is 5, dans un contexte de dialogue entre catholiques et réformés. — A. de Boudemange