Pierre dans la communion des Églises. Le ministère pétrinien dans la perspective de l'Église-Communion et de la communion des Églises

J.-G. Boeglin
Teología - Census taker : Paul Lebeau s.j.
Ce livre constitue à lui seul une bibliothèque, en ce sens qu'il nous invite à une relecture approfondie du Concile Vatican II, de ses antécédents, de son déroulement et de la post-conciliarité qu'il a suscitée dans l'Église catholique et dans la plupart des Églises chrétiennes. L'A. se réfère en effet constamment aux multiples commentaires qu'a suscités cet événement majeur du XXe siècle, et dont il cite abondamment les textes parus dans la plupart des langues européennes, y compris, ceux, généralement pénétrants, d'un certain Ratzinger. L'ampleur de ce travail impressionne.
Dans l'introduction, l'A. jalonne ainsi son «parcours théologique, lié, précise-t-il, à sa vie croyante et ministérielle»: à partir de Vatican II, et «plus particulièrement des textes qui concernent la collégialité et des linéaments en faveur d'une ecclésiologie de communion». Ensuite, il essaie de voir, en faisant appel à l'histoire, les grandes lignes d'une ecclésiologie de communion et ce qu'elle implique. Quels en sont les grands thèmes: «Églises-soeurs, Églises locales. Quelle est la place des évêques?». À partir des caractéristiques de cette ecclésiologie de communion, il reprend les définitions dogmatiques de Vatican I. Il découvre ainsi que Vatican II, «avec sa percée théologique en matière ecclésiologique, peut constituer un nouvel horizon interprétatif pour le Concile Vatican I».
Vaste programme, mais qui permet au lecteur de faire l'économie d'une multitude de publications tout en bénéficiant de leur substance. L'A. constate toutefois, ainsi que l'ont souligné de nombreux théologiens (dont Joseph Ratzinger), que Vatican II reflète deux conceptions de la collégialité: «une collégialité de type universaliste, et une autre qui part de l'Église locale», selon laquelle le pape est nettement situé comme évêque de Rome, ce qui affecte le caractère spécifique de sa mission universelle. Cette constatation ne peut que favoriser, note l'A., «un dialogue honnête avec l'Orient». Après avoir illustré de citations patristiques l'ecclésiologie de communion aux premiers siècles (chap. VII), l'A. en développe les multiples facettes (chap. VIII.). Il évoque aussi, dans une perspective oecuménique, la reconnaissance, au sein de l'Église catholique, de la validité d'ordinations conférées dans certains cas par des non-évêques, et cela jusqu'au XVIIIe siècle.
Après avoir ainsi développé les caractéristiques d'une ecclésiologie de communion, l'A. concentre sa réflexion, dans la 3e Partie, sur le ministère du pape. Cette formulation évoque l'essentiel de cet exposé très complet: «Le ministère du pape n'est pas une intervention surajoutée ou encore un pouvoir en concurrence avec celui des évêques, mais il apparaît comme une présence du dedans qui aide l'évêque à être ce qu'il doit être» (p. 269). Enfin, après avoir rappelé, en puisant aux meilleures sources exégétiques, la manière dont les évangiles évoquent la primauté de Pierre, l'A. recueille, dans la 4e Partie, la conclusion qu'autorise effectivement l'ensemble de son enquête: «La primauté au sein de la Koinonia: le ministère du pape dans une future Église unie et oecuménique». On comprendra que cet ouvrage est une contribution de premier plan et d'une décisive actualité à l'ecclésiologie et à l'oecuménisme. - P. Lebeau sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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