Science et foi en quête d'unité. Discours scientifiques et discours théologiques

Jean-Michel Maldamé
Teología - Census taker : Jean Burton s.j.
La Science ne peut plus s'interroger sur elle-même (si elle le fait) qu'au pluriel selon des discours différenciés, et le registre de la Foi lui-même se décline aussi prudemment en discours théologiques. Voilà donc des discours face à face. Sont-ils en quête d'unification? Certes, en bon thomiste l'A. promeut l'unité de l'esprit à travers le dialogue (17-19) entre les multiples «savoirs», mais est assez averti de la complexité des deux domaines pour assurer les distinctions épistémologiques nécessaires. On aurait attendu un plus grand développement (ici, 30 p.) sur l'indispensable médiation du moment philosophique. Trois parties organisent cette étude I. Héritages et fondements pour le dialogue des savoirs. Un bon parcours historique décrivant le destin de ce qui était encore la «figure idéale du sage» (Salomon, aux fondations de la culture occidentale), (34) jusqu'à la «révolution scientifique» (Khun) où se sont définitivement distinguées (si pas ignorées) deux «autorités»: Sagesse révélée et Raison, restreinte à la rationalité scientifique au sens moderne du terme.
L'affaire Galilée ouvre la deuxième partie: Questions liées à la modernité. La lecture de la Bible et les exigences de la nouvelle rationalité entraînent une adaptation des langages de la Foi. La question du miracle, abordée in extenso, permet l'examen des discours sur la Création, sur l'intervention de Dieu dans l'histoire, le mal. Les questions posées à partir de l'évolution des connaissances scientifiques sont-elles assez autocritiques par rapport à leur propres théories? De plus, et c'est ici que l'absence - relative, soyons juste -, de la médiation philosophique se fait sentir. Il ne suffit pas d'évoquer l'«aléatoire» (sciences) et le «contingent» (philosophie) pour repérer un «cadre de disponibilité» (198) où l'action de Dieu est «utilisation des possibilités latentes». Toutefois, ce chapitre est un des passages fort stimulants de ce livre. La troisième partie, Débats actuels et perspectives nouvelles, aborde les grands débats cosmologiques (Big Bang, vide quantique, etc.) Ici, une fine distinction entre commencement et origine (237-241) est bien venue et éclairante.
Une mention de Fides et ratio vient clôturer le tout. Nous attendions plus. Il faudra retourner aux publications antérieures de l'A. (Le Christ et le Cosmos, Vrin, 2001; En travail d'enfantement. Création et évolution, Aubin, 2000; Le Scandale du mal. Une question posée à Dieu, Cerf, 2001) plus argumentées. Ce livre sera une bonne introduction à la problématique en question. La perspective historique est un des aspects les plus intéressants du livre et culturellement pertinents. En profiteront certainement des élèves de terminale ou de première année d'Université. - J. Burton sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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