Tout est créé par lui et pour lui. Liturgie et cosmos au temps de Laudato si', prologue de Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée ier
(dir.) Bénédicte Mariolle (dir.) Patrick PrétotLiturgia y pastoral - reviewer : Charles Scrive f.m.j.
Cet ouvrage collectif est le fruit du colloque qui s’est tenu à l’Institut Supérieur de Liturgie en janvier 2022 sur le thème de l’engagement écologique des chrétiens et le nouveau rapport au monde qui se dessine dans le sillage de l’encyclique Laudato Si’ du pape François. Les différentes contributions permettent de préciser selon quatre étapes l’articulation entre liturgie et cosmos, entre salut et création.
À l’écoute des Écritures tout d’abord, nous sommes invités à penser la place de l’homme dans le cosmos. De la Genèse à l’Apocalypse en passant par le psaume 8, la création est progressivement magnifiée, contemplée et finalement accomplie dans le mystère chrétien. L’eschatologie est l’assomption de tout l’univers créé avec lequel l’homme est en relation.
La 2e étape de la réflexion est liturgique. La liturgie byzantine met en évidence des ressources intéressantes ; l’Orient chrétien ainsi que la période anté-nicéenne offrent des pistes pour la tradition latine.
L’étape suivante est davantage rituelle. Plusieurs rites sont étudiés pour évaluer les manières d’assumer la création. Cela concerne en tout premier lieu les sacrements et plus particulièrement l’eucharistie. Dans chaque sacrement, les signes utilisés sont des réalités visibles tirées de la création dans lesquelles la puissance divine opère le salut. Il en est de même pour certains sacramentaux comme les bénédictions ou encore les exorcismes baptismaux, avec des évolutions au fil du temps et des cultures. Un autre exemple concerne la liturgie des vigiles de Pentecôte dont la dynamique est étudiée pour mettre en évidence ses aspects cosmologiques et un rapport renouvelé à la création.
La 4e étape est une relecture de l’histoire pour penser la place de la cosmologie en théologie. L’un des enjeux de ce colloque était notamment de remettre en lumière la dimension cosmologique de la liturgie, alors que la perspective anthropologique qui a dominé depuis le xxe s. avait eu tendance à concentrer de manière trop exclusive la réflexion liturgique sur l’homme. Ainsi le Christ est « centre et sommet de l’univers » : « tout est créé par lui et pour lui » (Col 1,16).
Cet ouvrage permet de poser un regard théologique et plus spécifiquement liturgique sur la sauvegarde de l’environnement. Il permet notamment de repenser la dynamique de certaines célébrations. — C. Scrive f.m.j.