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Version imprimable : Jacob's Tears. The Priestly Work of Reconciliation - dans la NRT

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Jacob's Tears. The Priestly Work of Reconciliation

NRT 128/1 (2006) p. 105
Recenseur : Luciani
Douglas M., Jacob's Tears. The Priestly Work of Reconciliation, Oxford, Univ. Press, 2004, 23x15, 211 p., rel.. ISBN 0-19-926523-2
Alors que les éditions Bayard ont la bonne idée de mettre enfin à la disposition du public francophone la traduction de Leviticus as Literature (voir recension NRT 123 [2001] 277-278), Mary Douglas, toujours vaillante, poursuit inlassablement son investigation anthropologique de la Bible. Quatre-vingt ans passés, son inépuisable vitalité et son insatiable curiosité intellectuelle nous valent aujourd'hui, après l'ouvrage susmentionné sur le Lévitique et un livre sur les Nombres (In the Wilderness; The Doctrine of Defilement in the Book of Numbers, 1993) un roboratif Jacob's tears; the priestly work of reconciliation qui à la fois synthétise les intuitions des précédents, prolonge l'exploration de la littérature sacerdotale et cherche à resituer cette dernière dans son contexte socio-politique et historique. La thèse maîtresse, cachée sous les «pleurs de Jacob» [sur Joseph] et résumée dans la «réconciliation» du titre, est la suivante: au moment où, dans la ligne d'Esdras-Nehémie et du Chroniste, le judaïsme se définit - à l'intérieur de frontières étroites - comme groupe exclusivement religieux et xénophobe, les rédacteurs sacerdotaux, responsables par ailleurs de l'édition du Pentateuque, s'opposent à cette idéologie et essaient au contraire de préserver l'idéal d'une alliance infrangible entre les douze fils de Jacob en maintenant, par conséquent, le lien fraternel avec l'Israël du nord (Samarie). La question de l'identité juive et de l'unité du peuple se pose donc dès l'origine: qui est le véritable Israël? Les descendants des douze tribus ou les seuls Judéens revenus d'exil?
L'auteur voit sa thèse illustrée de multiples manières: dans les nombreuses histoires de conflits fraternels de la Genèse (chap. 1: «Counting Jacob's twelve sons»), dans le rituel de réconciliation de Lv 16 (chap. 2: «Jacob weeping for Joseph»), dans le positionnement des uns (les «exclusionistes») et des autres (les «assimilationistes») par rapport aux questions de pureté, de souillure et de mariage avec les étrangères (chap. 3: «Ezra redefines 'all Israel' as Judah»), dans l'histoire de Balaam (chap. 4: «Balaam delivers God's blessings on all Israel») lue comme une satire politique contre le gouverneur de la province de Yehud à l'époque du second Temple. Revenant ensuite sur les questions de structure du Lévitique et des Nombres (chap. 5: «Problems in reading the Priestly books»), M. Douglas explique par le même contexte historique l'incapacité, très tôt venue, à comprendre la véritable théologie de ces productions: la génération des lévites qui, au retour de l'exil, avaient remplacé les prêtres, n'avaient plus la même culture raffinée et le haut niveau intellectuel de ces derniers pour interpréter et enseigner correctement les écrits sacerdotaux. Dans les trois derniers chapitres enfin, elle complète le tableau en revenant sur quelques unes de ses marottes: la pensée «microcosmique» et analogique qui, dans le Lévitique, conduit à mettre en relation le mont Sinaï, le corps de l'animal offert et le tabernacle (chap. 6: «The body / house cosmogram»), le caractère à la fois unique et global du concept d'impureté (chap. 7: «Uncleaness and taboo draw the lines of the world») et l'absence du culte aux ancêtres dans la religion renouvelée promue par le clergé israélite (chap. 8: «One God, no ancestors, in a world renewed»). Il est possible que le lecteur ait parfois du mal à accompagner Douglas dans tous les méandres de sa démonstration ou qu'il ait parfois envie de lui poser quelques questions (sur la relation prêtres / lévites, sur la place du Deutéronome dans sa reconstitution, sur la situation de Samarie au 6e s., etc.), mais, malgré quelques redites, il ne pourra nier qu'elle apporte - comme à son habitude - une contribution originale, cette fois sur la période perse et sur le Pentateuque qui l'a vu naître. - D. Luciani.
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