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Version imprimable : L'apport de la Septante aux études sur l'Antiquité - dans la NRT

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L'apport de la Septante aux études sur l'Antiquité

NRT 128/3 (2006) p. 472
Recenseur : Luciani
Joosten J., Le Moigne Ph., (éds), L'apport de la Septante aux études sur l'Antiquité, coll. Lectio divina 203, Paris, Cerf, 2005, 23x16, 314 p., 35 €. ISBN 2-204-07815-8
Depuis une bonne vingtaine d'années, grâce notamment à M. Harl et au Centre Lenain de Tillemont (Paris - Sorbonne et CNRS), les études sur la Bible grecque sont sorties de la confidentialité et connaissent en France un beau développement. Le colloque organisé en 2002 par la faculté de théologie protestante de Strasbourg et son groupe de recherche sur la Septante participe du même renouveau d'intérêt. Le projet délibérément interdisciplinaire, réunissant linguistes, philologues, historiens, exégètes…, cherche ici - comme le titre l'indique et dans une démarche que l'on pourrait qualifier de seconde - à évaluer quelques unes des contributions de cette version biblique à l'histoire du judaïsme et à celle de l'Antiquité en général. Les domaines explorés sont trop nombreux pour être présentés dans une recension. On peut toutefois regrouper et exprimer sous forme de questions les problématiques essentielles qui sont abordées dans les deux premières parties. Questions de langue: quel est le degré de grécité du grec de la Septante? Est-ce de la «bonne» koiné ou du «mauvais» grec de traduction totalement sémitisant (A. Voitila; J. Lust, à partir d'Ezéchiel)?
Du coup, se posent des questions de traductologie: comment exprimer en grec le message perçu dans l'original hébreu? Faut-il davantage s'intéresser à la langue source (l'hébreu) ou plutôt à la langue cible (le grec, et éventuellement la langue moderne dans laquelle on traduit la traduction), aux traducteurs ou aux destinataires (J. Lust)? Comment se conjuguent liberté du traducteur et fidélité à la lettre et à l'esprit du texte? Les divergences et les écarts du grec par rapport à l'hébreu peuvent-ils eux-mêmes refléter un autre type de cohérence textuel et théologique (P. Le Moigne, sur Isaïe)? De quelle manière expliquer les nombreux phénomènes de «transcription phonétique» (un mot grec choisi à cause de sa proximité phonétique avec l'hébreu, parfois même aux dépens du sens) (J. de Waard, à partir de Proverbes)? Comment, tout en restant d'un littéralisme extrême et à l'aide de très fines variations, adapter un texte à un nouveau lectorat et à une nouvelle situation politique (N.F. Marcos, sur le livre des Juges)?
On ne s'étonnera pas ensuite de voir une place de choix accordée aux questions de critique textuelle et d'histoire du texte biblique (chapitre III): comparaison des rédactions courte (LXX) et longue du livre de Jérémie sur le point de la datation des oracles par souscription (P.-M. Bogaert); comparaison entre les textes hébreu et grec de Daniel et éclairage sur l'agencement du livre (O. Munnich); traces d'un travail d'édition et d'un développement littéraire à partir de l'étude d'Aggée et de ses suppléments dans le texte massorétique ou dans le texte grec (C. Dogniez). Le dernier chapitre (IV) est entièrement consacré à la réception de la Bible grecque dans le judaïsme et le christianisme anciens. A. Passoni dell'Acqua considère la prière de Manassé (pièce apocryphe contenue notamment dans certains manuscrits grecs de la Septante) comme un bon exemple de «réécriture» biblique et de «scripturisation» de la prière, phénomène à la fois caractéristique de la période gréco-romaine et assez proche des procédés midrashiques destinés à opérer une actualisation, à la fois fidèle et novatrice, du texte biblique. R. Roukema aborde quant à lui la question des termes hébraïques non traduits, mais simplement translittérés dans la Septante (parce qu'inconnus ou difficiles) et l'interprétation que donnent les Pères de ces mots pour essayer de rendre raison de leur usage et lever la perplexité des lecteurs. Enfin, R. Brucker examine la Wirkungsgeschichte des Psaumes (LXX) dans le judaïsme ancien et dans le christianisme primitif. Dans son introduction, J. Joosten, l'organisateur du colloque, souligne bien la prudence et la subtilité méthodologique requises dans toutes les phases de ce vaste chantier: la Septante - dit-il - est «une traduction assez littérale qui constitue en même temps une création artistique originale. Le dilemme doit être récusé, seules les nuances sont bienvenues» (p. 9). Comme création artistique originale, il nous convainc en tout cas que cette traduction mérite, pour elle-même, tout l'intérêt qu'on lui porte. - D. Luciani.
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