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Version imprimable : Le roi, l'âne et l'arpenteur. Politique et religion dans la Bible - dans la NRT

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de l’Institut d’études théologiques, Faculté de théologie de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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Le roi, l'âne et l'arpenteur. Politique et religion dans la Bible

NRT 138/2 (2016) p. 305
Recenseur : Luciani
Cazeaux J., Le roi, l'âne et l'arpenteur. Politique et religion dans la Bible, Paris, Cerf, 2015, 23,5x21, 180 p., 20 €. ISBN 978-2-204-10381-7
Toujours aussi prolixe - quasiment un ouvrage par an depuis 15 ans, aussi bien sur l'AT que sur le NT - et aussi roboratif, Jacques Cazeaux, dans son style inimitable, nous revient avec un nouvel opus dans lequel il reprend une idée qui lui est chère, qu'il décline sous toutes les formes et dont il voit, cette fois-ci, une illustration exemplaire dans le pavement du Duomo de Sienne (voir l'introd., p. 7-34) : la royauté en Israël fut une erreur, son péché originel même, et les mille récits qui forment la tapisserie de la Bible, de la Genèse à l'Apocalypse, s'attachent à le montrer et à y proposer un remède, l'utopie du Cadastre ou la confédération des tribus (1 R 12,16 : « Israël, à tes tentes ! »). Les écrivains bibliques donc, avec une « somptueuse obstination » (1re partie, chap. 3, p. 65-78), n'ont pas écrit une épopée à la gloire des rois (contrairement aux autres nations), mais « ils ont déployé une fresque truculente, variée, historiée de clartés transversales. Le tableau des horreurs, des atermoiements, des sursauts, aurait plus d'effets, ont-ils pensé, qu'une sèche condamnation, laquelle pourrait servir une dictature morale » (p. 69). Pour le faire comprendre, Cazeaux est passé maître dans l'art de déchiffrer les premières phrases d'un livre, les infimes détails (Jg 3,31 : l'aiguillon de Shamgar ; ou Jg 12,14 : les ânons d'Abdon) et les subtiles miniatures du texte biblique qui viennent subvertir le discours dominant et débouter tout désir de grandeur. Et d'en tirer une conclusion au niveau politique : « La Bible ne canonisera aucun régime. Elle dit qu'il n'existe aucune politique parfaite ; qu'on discerne là l'heureuse fêlure de la condition humaine ; elle dit en somme que nul ne doit célébrer ou imposer telle ou telle forme de société au nom de sa valeur présumée absolue - quasi divine, à entendre les chantres athées de la démocratie » (p. 76). La 2de partie de l'ouvrage, apparemment différente, continue pourtant d'enfoncer le clou : face aux ors du pouvoir, des palais, et des idoles qui captent le regard, la Bible nous dit que c'est entendre qui sauve. Et à nouveau, Cazeaux le montre avec brio par la lecture de deux textes paradigmatiques : le décalogue (p. 99-116) et le Chema Israel (p. 117-162). Le lecteur aura beau connaître ses idées, sa lecture mono-maniaque - oserait-on dire ? -, il s'enrichira toujours autant à le lire, avec ses formules ciselées, ses intuitions fulgurantes capables de faire percevoir la cohérence d'un corpus littéraire tout autant que l'importance d'un détail minuscule. - D. Luciani
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