L’accomplissement des Écritures et ses défis, préf. F.-X. Amherdt
Pierre CoulangeÉcriture Sainte - Recenseur : Françoise Mies
Comme dans ses autres publications, Pierre Coulange traite dans le présent livre, accessible et bien documenté, d’une thématique biblique. En français, après des études partielles sur le sujet, scientifiques (Miler, Beauchamp, Kuntzmann [éd.], Aletti, etc.) et de vulgarisation (Cahiers Évangile), cet ouvrage traite cette fois de l’accomplissement de l’AT dans tout le NT – sans l’accomplissement de l’AT dans l’AT, du NT dans le NT ni les accomplissements eschatologiques.
La notion d’accomplissement des Écritures repose sur les postulats de l’unicité de l’Auteur des Écritures et de l’unité du dessein de Dieu. Elle entend faire droit à la continuité et à la discontinuité entre les deux Testaments. Elle est une expression de l’accomplissement du dessein salvifique de Dieu, sortant ainsi de l’espace textuel pour passer à l’être et l’histoire. Mais cet accomplissement n’est pas une évidence. Ainsi, les apôtres furent-ils instruits par le Christ pour entrer dans l’intelligence des Écritures (AT) qui le concernaient (Lc 24 ; cf. Ac 8). Et le salut demeure inachevé – mais sur ce point, voir la trad. de Col 1,24 par J.-N. Aletti.
L’A. part du NT et se base principalement sur les lemmes grecs exprimant l’accomplissement : plêroô, teleô, graphô. En 8 chap., il suit le fil de la vie de Jésus : enfance, vie publique (loi, transfiguration, institution de l’eucharistie, royauté), passion-résurrection, avec un au-delà de la vie de Jésus dans l’Église. L’index reprend les passages (77) avec ces lemmes. Index et étude montrent que le sujet concerné par l’accomplissement est avant tout le Christ (60% des 77 passages), surtout en sa passion-résurrection : en lui s’accomplissent les Écritures. L’expression de cet accomplissement est le fait du narrateur et de Jésus. Les passages de l’AT appartiennent surtout aux Prophètes (écrivains 40x), puis aux Écrits (Psaumes 20x), enfin à la Torah (7x).
L’inévidence de l’accomplissement laisse place à la foi (p. 177). Mais, peut-on ajouter, permet aussi de comprendre la coexistence des lectures juive et chrétienne de l’AT, parallèles et irréductibles (cf. Commission biblique, Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne 21, 22, 64). — F. Mies