Jésus passe. Testament, jugement, exécution et résurrection du Seigneur Jésus dans les évangiles synoptiques

Roland Meynet
Sacra Scrittura - Census taker : Jean Radermakers s.j.
Les récits de la passion et de la résurrection de Jésus sont essentiels pour la compréhension de l'évangile, car ils sont la base de son écriture. Le beau travil du Père Meynet, professeur d'exégèse du Nouveau Testament et directeur du département de théologie biblique à l'Université Grégorienne de Rome, peut beaucoup nous aider à comprendre leur message. Sa méthode est l'analyse rhétorique (cf. NRT 113 [1991] 104; 119 [1997] 259), particulièrement dans sa dimension sémitique (cf. NRT 122 [2000] 644); elle a montré sa fécondité notamment dans son commentaire sur L'évangile selon saint Luc (Cerf, 1988).
Le livre débute par un discours sur la méthode à propos du «passage pascal» de Jésus: repérer dans ces récits l'architecture littéraire et théologique donnée par chacun des synoptiques à son oeuvre. En plus de chaque évangile étudié en lui-même, l'A. fait une place à la comparaison synoptique, d'où les étapes du commentaire: composition, comparaison synoptique, contexte biblique, interprétation. L'A. suggère deux types d'utilisation de son ouvrage: une lecture cursive, sans la technique de la rhétorique, ou une entreprise plus laborieuse de vérification des structures menant à l'interprétation. Un lexique un peu compliqué des termes techniques permet de comprendre le jargon utilisé. Suit l'analyse des quatre grandes séquences du texte: testament de Jésus, son jugement, son exécution, sa résurrection. Pour chacune d'elles, l'A. examine les sous-séquences dans Mt, Mc et Lc pris séparément avant de se prononcer sur l'ensemble.
Une trop brève conclusion dégage les spécificités des trois évangiles et le portrait qu'ils offrent de Jésus. Mt présente «le Serviteur du Seigneur» qui souffre et meurt pour la rémission des péchés, condamné par juifs et païens, justifié par Dieu pour devenir Fils aîné d'une multitude de frères. Mc met en lumière le Maître qui fait alliance avec ses disciples qui l'abandonnent; il est intronisé sur la croix comme Maître de la terre confirmant sa communauté par des gestes de puissance. En Lc, Jésus apparaît comme le roi d'Israël testant pour ses fidèles; intronisé comme roi des Juifs, il donne à chacun de prendre position; ressuscité, il ouvre aux nations les Écritures de son peuple. Ainsi Mt représente l'église judéo-chrétienne; il reprend pour son peuple les exhortations des prophètes: Jésus est le Serviteur. Mc reflète l'église de Rome ouverte au message de Pierre le repenti, comme modèle du disciple. Lc fait découvrir aux pagano-chrétiens l'importance d'Israël et de ses Écritures pour la compréhension de Jésus et de son évangile.
Tel est, en gros, le développement de l'A., dont il est impossible de dire toute la richesse. Ce type d'analyse est fécond, bien qu'il demeure un peu statique; aussi lui préférons-nous l'analyse narrative qui rend mieux compte du mouvement du texte. Quelques réserves aussi à propos des interprétations qui ne découlent pas toujours de l'analyse, mais d'une théologie présupposée. De plus, «les chants du Serviteur» placés au milieu de Lc sont hors cadre (p. 132s., 263s., 431s.), car étrangers à la perspective lucanienne; la mort de Jésus comme célébration du grand pardon est-elle assez soulignée chez Lc? À la p. 440, Jésus n'ouvre pas les Écritures, mais l'intelligence des disciples… Le travail, dans son ensemble, est bénéfique. Il aidera beaucoup d'étudiants à entrer dans la compréhension profonde des récits de la passion-résurrection; nous en remercions l'A.! - J. Radermakers, S.J.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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