Le syndrome du panda. Petit manuel de survie pour les hommes d'aujourd'hui

Andrea Torquato Giovanoli
Psicologia - Census taker : Gauthier Kirsch
La couverture de l'ouvrage (dessinée par l'auteur) nous laisse entrevoir le contenu : un gros panda avachi, une bouteille de bière à la main et une manette de jeu devant lui. Le syndrome du panda, ce serait la condition du masculin moderne : un ours qui a perdu sa férocité, qui se nourrit de la nourriture la plus facile d'accès et qui éprouve des difficultés extrêmes à se reproduire pour échapper à l'extinction ; en bref, un être immature et dévirilisé.
Le constat semble sévère : l'A., italien et père de famille nombreuse, veut le faire passer à travers une écriture très accessible à la jeune génération, par le biais d'un humour (post)moderne et d'anecdotes tirées de sa vie quotidienne.
Le tout laisse un sentiment partagé : si l'A. tente - salutaire initiative - de réaffirmer la doctrine catholique sur la différence des sexes face à la mentalité actuelle influencée par les gender studies, la manière laisse souvent dubitatif. D'abord, il est très délicat de baser une argumentation en pareil sujet sur des théories scientifiques (chap. 1), dont les résultats sont si vite contestés ou réinterprétés. Ensuite, son exégèse de Gn 2-3 (chap. 2 et 3) est contestable : en choisissant la traduction du mot adam par « homme-masculin » (mieux rendu par l'hébreu ish), il développe toute une distinction des rôles (le masculin orienté vers la « maîtrise du jardin » et le féminin comme « aide accordée ») qui devient beaucoup moins facile à soutenir si on traduit adam par « l'humanité », dans le sens qu'en donne Gn 1.
Son application de la différence sexuelle « selon l'Église » à notre temps (chap. 4) est de là très caricaturale (l'autorité et la puissance comme attribut masculin, la relation et le contrôle comme féminin). Sa théorie de la « rechute », nouvelle chute moderne caractérisée par l'émergence et le triomphe du féminisme après mai 68, laisse entendre que la situation des sexes était « paradisiaque » avant ça (il ne cache pas son admiration devant les rapports homme-femme dans la société décrite par une Jane Austen, p. ex.), ce dont il est permis de douter.
Si sa mise en avant (dans la conclusion) du parallélisme entre Gn 2-3 et l'épisode des noces de Cana (Jn 2,1-11) est éclairante, son ton « prophétique », récurrent par ailleurs, finit par lasser un peu… - G. Kirsch

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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