Les jésuites et la Chine. De Matteo Ricci à nos jours

B. Vermander
Storia - reviewer : Bernard Joassart s.j.
Ces deux ouvrages font partie du «trio» de volumes conçus sur le modèle des célèbres «Que Sais-je?», qui inaugurent la collection «Petite bibliothèque jésuite».
Tôt dans son existence, on pourrait dire que la Chine fascina la Compagnie. Et l'on peut ajouter que cette fascination persiste de nos jours. Même si elle a changé de contours. Car de François-Xavier qui mourut aux portes de l'Empire du Milieu jusqu'à notre époque, la présence des jésuites en Chine a connu bien des avatars. Un Ricci et ceux qui le suivirent firent avant tout oeuvre de «savants», soucieux de toucher les élites du pays et de pénétrer en profondeur une culture bien différente de celle de leurs contrées d'origine tout en voulant la faire connaître en Europe, but poursuivi entre autres par la fameuse collection des Lettres édifiantes et curieuses, publiées entre 1702 et 1776. Encore faudrait-il ne pas oublier l'activité proprement «missionnaire» qui connut d'ailleurs des avatars souvent douloureux, telle la fameuse querelle des rites chinois. La période durant laquelle la Compagnie n'exista plus ne cassa point l'élan vers la Chine, qui demeure bien vivace. Certes, les conditions ont progressivement bien changé: tant du point de vue de la vie du monde en général (colonisation, deux guerres mondiales, arrivée au pouvoir du communisme, etc.) que de celui de la vie de l'Église, évidemment marquée tout particulièrement par Vatican II et les répercussions sur la vie de l'Église chinoise divisée en deux grandes «factions» (si l'on peut user d'un tel terme) que sont les chrétiens demeurés unis à Rome et l'Église nationaliste. Mais en dépit de ces aléas majeurs, la Compagnie demeure «attachée» à la Chine.
Dans le domaine des sciences, on est amené à constater également une sorte de fascination, dans le chef de bien des jésuites, par les sciences. Les titres des chapitres donnent une bonne idée de l'implication de la Compagnie dans ce domaine: 1) l'enseignement des sciences au xvie s.; Christoph Clavius (1537/8-1613) ou la défense des mathématiques; Galilée et les jésuites (1583-1632); Athanase Kircher (1601-1680) ou la science totale; 5) Roger Boscovich (1711-1787), un physicien des lumières; 6) la mission scientifique en Chine (xvie-xxe s.); 7) du ciel à la terre ou l'aventure des observatoires (du xvie s. à nos jours); 8) l'histoire de la nature (du xvie s. à nos jours). Dans un cas comme dans l'autre, nous avons ici deux excellentes illustrations de la présentation de la nouvelle collection: «Les Jésuites ont participé à la naissance et à l'évolution des Temps modernes. Dès leurs débuts jusqu'à nos jours, il est peu de domaines où ils n'aient laissé leur empreinte».
Dans les deux domaines envisagés, nous rencontrons finalement des réalités qui n'ont jamais cessé d'animer la vie de l'Ordre: une attention à toutes les composantes de la vie de l'homme, une confiance totale - mais non absolue - en l'intelligence humaine, une volonté d'aller jusqu'au bout des questions posées et de toujours donner une synthèse, sans bien sûr oublier le «bien des âmes» ou, si l'on préfère, en termes plus contemporains «la promotion de la foi», priorité absolue. - B. Joassart sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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