Réforme liturgique et unité ecclésiale: l'expérience de Common Worship dans l'Église d'Angleterre

Natacha-Ingrid Tinteroff
Contrairement aux idées parfois communément admises sur le continent européen, l'histoire liturgique de l'Église d'Angleterre ne s'est pas déroulée sans heurts. Depuis la Réforme, l'unité de la Church of England a été forgée par la tradition de la prière commune telle qu'elle fut exprimée dans le Book of Common Prayer de 1662. L'inadaptation des liturgies de cet ouvrage au contexte du XXe siècle a nécessité une réforme liturgique majeure concrétisée en 2000 sous le nom de Common Worship. Si cette évolution a été contestée comme mettant à mort la conception classique de la prière commune, il s'avère que la réforme opérée a permis de restaurer une unité ecclésiale en perdition.

Alors qu’a été célébré en 2012 le trois cent cinquantième anniversaire du Book of Common Prayer (BCP) de 1662, « plus grand trésor » de l’Église d’Angleterre, voire de la nation anglaise selon certains1, a été commémoré en 2011 le dixième anniversaire de la publication du premier volume d’une collection de recueils liturgiques intitulé Common Worship : Services and Prayers for the Church of England2. L’histoire liturgique de l’Église d’Angleterre ne s’est pas déroulée sans heurts et la Church of England n’échappe pas aux querelles opposant les partisans des liturgies traditionnelles, exprimées dans le BCP, aux défenseurs des formes liturgiques contemporaines issues des différentes révisions intervenues au xxe siècle, et en particulier aux dernières d’entre elles regroupées dans Common Worship3.

I Aperçu historique :BCP, Alternative Service Book et Common Worship

Si, à l’époque d’Henri viii, la réforme fut essentiellement politique, à partir du règne d’Édouard vi, des évolutions doctrinales survinrent4. Elles se manifestèrent dans le Book of Common Prayer de 15495, essentiellement rédigé par Thomas Cranmer, alors archevêque de Canterbury6.

La notion de prière commune à laquelle le titre fait référence fut explicitée par Cranmer dans la préface de l’ouvrage :

Il y a eu une grande diversité dans la récitation et le chant parmi les églises de ce royaume : certaines suivent le rituel de Salisbury, certaines celui d’Hereford, certaines celui de Bangor, certaines celui d’York, et d’autres celui de Lincoln. À partir de maintenant, l’ensemble du royaume devra suivre le même rite7.

L’usage du BCP fut imposé dans l’ensemble du royaume anglais par l’Acte d’uniformité de 15498. Le texte mentionne que le souverain, ayant tenté à plusieurs reprises sans succès de mettre fin aux déviances liturgiques constatées, avait demandé à l’archevêque de Canterbury et à d’autres érudits d’établir un rite unifié9. Il est précisé dans le livre lui-même que « la transgression volontaire et méprisante de l’ordo commun est une grave offense10 ». La prière commune était donc alors synonyme d’uniformité rituelle déterminée et sanctionnée par l’institution compétente, à savoir le Parlement. Le BCP de 1549 subit ensuite des modifications en 155211 et 166212 qui ont donné lieu à de nouvelles versions de l’ouvrage, également entérinées par des Actes d’uniformité afférents.

Aucun autre livre liturgique chrétien n’a connu une destinée semblable13, et l’anglicanisme constitue la seule tradition ecclésiale définie dans son ensemble par un tel ouvrage14. En effet, le BCP fut progressivement exporté, d’abord en Irlande et en Écosse, puis dans ce qui est devenu plus tard l’empire britannique15. Dans le même temps, l’envoi massif de missionnaires anglicans dans des contrées lointaines autorisa son implantation dans différentes aires géographiques distinctes des colonies. De ce double processus ont émergé des Églises autonomes formant ce qui est aujourd’hui connu comme la communion anglicane16.

Chacune de ces églises, en accédant à l’indépendance, a produit sa version du Prayer Book, basée sur l’exemple anglais17. En Angleterre, le BCP est « un mythe (…) dans le sens le plus profond et le plus vrai du mot18 », dont l’influence s’étend au-delà de l’Église. Il représente un des ouvrages fondamentaux en langue anglaise dont l’emprise est décelable dans les écrits des auteurs majeurs de la littérature britannique19. Au-delà des Lettres, il imprègne aussi l’histoire et la culture anglaise20.

Dès le xvie siècle, le BCP s’est imposé progressivement comme la référence doctrinale essentielle des anglicans dans les conflits qui les ont opposés aux puritains21. Les théologiens et les apologistes ont pris l’habitude, dans leurs sermons et leurs écrits, de définir les croyances anglicanes par rapport au BCP. À la différence de certaines Églises dont les formulations de la foi sont systématisées dans des documents confessionnels ou magistériels, les anglicans croient comme ils prient, et leur doctrine repose sur « le son des cloches22 ». Elle est déterminée par la prière et est intégrée dans la liturgie dont elle n’est pas différenciée. Dans cette perspective, dans l’Église d’Angleterre, les liturgies autorisées revêtent un rôle protecteur dans la mesure où elles préservent la pureté de sa doctrine23. Aujourd’hui, deux des trois documents doctrinaux de référence selon son droit canonique sont constitués par des sources liturgiques24.

Par conséquent, si la célébration d’offices non permis par les autorités compétentes implique l’absence de prière commune, elle remet également en cause la « doctrine commune » de l’Église25. Compte tenu de cet impératif, il convient que toute liturgie célébrée dans l’Église d’Angleterre soit autorisée, afin que la doctrine soit protégée26. Ainsi, la tradition de la prière commune telle qu’exprimée dans le BCP ne constitue pas seulement un formulaire doctrinal essentiel pour les anglicans, elle forge également l’unité de l’Église d’Angleterre.

Jusqu’à la fin de la première moitié du xxe siècle, la majorité des offices furent célébrés dans un langage portant l’empreinte ecclésiale et théologique du xvie siècle27. Il n’est donc pas surprenant que de nombreux membres de l’Église, tant clercs que laïcs, se sentissent en décalage avec une tradition liturgique sans relation avec leur époque. Des motivations culturelles ou missionnaires ont incité des paroisses à développer leurs propres offices en dehors de tout cadre officiel28. Dans le courant du xxe siècle, diverses réformes liturgiques furent donc entreprises pour mettre fin à ces dérives et proposer une alternative au BCP. Elles ont abouti en 1980 à la publication de l’Alternative Service Book 1980, connu sous l’acronyme d’ASB. La préface du livre mentionnait :

L’Église d’Angleterre a traditionnellement cherché à maintenir un équilibre entre l’ancien et le nouveau. Pour la première fois depuis l’Acte d’Uniformité, cet équilibre dans sa célébration publique est maintenant officiellement exprimé dans deux livres, plutôt que dans un seul. L’ASB, comme son nom l’implique, a pour fin de compléter le BCP, et non pas de le supplanter29.

L’utilisation de l’ASB révéla ses qualités mais aussi ses faiblesses qui apparurent rapidement. De nombreuses paroisses, pour des raisons diversifiées, s’étaient éloignées du style de la « communion paroissiale », point fort de l’ASB avec le rite A30. Plusieurs rapports dénoncèrent l’inadaptation pastorale des liturgies de l’ASB, notamment par rapport aux enfants31 ou encore aux résidents des « zones prioritaires »32. Par ailleurs, les ressources fournies par l’ASB s’avérèrent insuffisantes et inadéquates lors de temps liturgiques tels que l’Avent, la semaine sainte et Pâques. Les recueils comme Lent, Holy Week, Easter : Services and Prayers33 ou The Promise of His Glory : Services and Prayers for the Season from All Saints to Candlemas34 élaborés pour combler ces lacunes ne purent suffire à contenir la célébration de liturgies saisonnières non autorisées. Mais surtout, les admirateurs du BCP, regroupés depuis 1976 au sein de la Prayer Book Society (PBS), lancèrent une très violente campagne dénigrant l’ouvrage35. Ils décrivirent les textes de l’ASB comme ne pouvant soutenir une prière commune dans la mesure où ils auraient été enracinés dans leur époque à la faveur « d’une théorie socialement à la mode (…) incluant (…) un langage inclusif », excluant ceux « qui cherchent à louer Dieu dans la beauté de la sainteté, dans (…) la dignité excellente de la parole et de la musique, le calme et le bon ordre36 ». Par l’ASB, l’Église d’Angleterre n’aurait « pas abandonné une forme de prière commune au profit d’une autre, mais serait passée d’une continuité basée sur l’accumulation à une discontinuité marquée marginalement par les perspectives de la confusion, du chaos, et de la perte irrémédiable d’une identité » face auxquelles le BCP se tiendrait immuable dans une dimension intemporelle37. Dans le même temps, la Commission liturgique 1986-1991 conclut ses travaux par le rapport The Worship of The Church as it approaches the Third Millenium38 dans lequel elle souligna l’ancrage temporel de l’ASB en précisant qu’il avait été perçu non comme une fin mais comme un commencement par Ronald Jasper39. Elle mit en valeur l’obligation de s’inscrire dans la conjoncture amenant au xxie siècle40.

En 1990, suite aux différentes discussions engagées, le synode général de l’Église d’Angleterre, autorité compétente depuis la Worship and Doctrine Measure de 1974 pour autoriser l’usage de nouvelles liturgies, a acté le principe de la révision de l’ASB, qui était en fait une réforme. Elle aboutit à l’adoption en 2000 de Common Worship, qui, aux côtés du BCP, constitue aujourd’hui la seule ressource liturgique autorisée et officielle de l’Église d’Angleterre, bien que le BCP demeure la seule forme de liturgie anglicane directement acceptée par le Parlement et possède une valeur doctrinale normative. Common Worship a pour fin d’associer « l’ancien au nouveau » afin de répondre aux besoins diversifiés des communautés « tout en affirmant l’unité essentielle de l’Église d’Angleterre ainsi que sa vie commune41 ». Cette entreprise ambitieuse ne vise-t-elle pas en réalité à reléguer le BCP au rang de simple « antiquité liturgique42 » et à mettre à mort l’Église d’Angleterre ? Si les arguments déployés par les opposants à Common Worship rejoignent cette position, l’expérience montre qu’il était nécessaire pour la survie de l’église que l’uniformité liturgique soit surpassée.

II Dépasser l’uniformité pour recouvrer l’unité : Common Worship comme actualisation de la prière commune

Selon la PBS, l’enjeu fondamental qui devait présider à la révision de l’ASB était constitué par la préservation du caractère commun de la prière de façon à ce que le BCP constituât le noyau central et continu de l’évolution liturgique, autorisant ainsi une préservation de l’« ethos anglican », qui prohiberait « l’émergence d’une différente religion43 ».

Certains objectèrent que la prière commune du passé ne présentait pas un caractère uniforme et que l’histoire liturgique de l’Église d’Angleterre au xxe siècle s’inscrivait dans la tradition de la prière commune : si les textes utilisés étaient moins homogènes, la forme des célébrations avait conflué, notamment par la généralisation de l’eucharistie paroissiale44. Tout en admettant que le BCP avait constitué « le noyau central et la référence doctrinale continue de la tradition anglicane de la prière commune », la Commission liturgique s’interdit de reconnaître que « l’unique moyen d’avoir une prière commune était un retour au BCP45 ». Par conséquent, si elle réaffirma son dévouement envers le livre, elle refusa de l’équiparer au concept de prière commune, à la lumière duquel ses propositions au sujet de l’ASB devaient être perçues46. Elle souhaita introduire le concept de la prière commune au travers des offices de Common Worship en les inscrivant dans la « Prayer Book Tradition » dont l’ASB avait pu s’éloigner. Il s’agissait « d’aider à construire un pont entre le BCP et la tradition liturgique du xxe siècle47 ».

Cette inscription de Common Worship dans l’héritage anglican de la prière commune est matérialisée par l’impression, au début de l’ouvrage principal, de la Declaration of Assent par laquelle les ministres de l’Église affirment leur loyauté à l’héritage anglican de la foi et acceptent de participer à la responsabilité de proclamer cette foi « de nouveau à chaque génération48 ». De cette manière, la tradition anglicane de la prière commune, legs du BCP, est de nouveau réaffirmée par la génération actuelle et Common Worship semble être enraciné dans la « Prayer Book Tradition ».

Le titre même de Common Worship, son langage, la redécouverte de la notion de « shape » ainsi que l’inclusion d’offices du BCP dans la collection ancrent incontestablement celle-ci dans la tradition anglicane de la prière commune qui a pu être redécouverte et actualisée.

1 Le titre

Le titre Common Worship : Services and Prayers for the Church of England, choisi après de nombreux débats49, a eu pour fin d’accentuer le rôle joué par la célébration dans l’expression de l’unité ecclésiale : les ressources de la collection sont censées permettre d’établir des liens entre le niveau paroissial et le sentiment d’appartenance à l’Église d’Angleterre50.

Tout d’abord, l’adjectif « common » exprime le fait que les ressources de Common Worship sont destinées à tous, et pas seulement aux clercs51. Il vise à désigner le « sens accentué de l’expérience liturgique partagée » que les rédacteurs ont voulu conférer à la collection52.

Ensuite, le nom « worship » reflète la composition de la collection qui s’étend au-delà de « la prière, la louange ou la liturgie53 ». Ainsi, les textes de Common Worship reposent sur une base théologique et ecclésiologique plus large que celle de l’ASB. La notion de « worship » est comprise comme une « porte ouverte dans les cieux (…), une porte ouverte vers les profondeurs intérieures de la vie (…), une porte ouverte vers les rythmes de la vie (…), une porte ouverte vers nos cœurs ouverts à l’obéissance à Dieu54 ». Cette conception, basée sur l’idée de cheminement, est « dynamique plutôt que statique55 ». Elle préserve les racines profondes de la spiritualité dans laquelle elle est enracinée dans la mesure où elle ne néglige pas l’importance ecclésiologique de la liturgie56.

Enfin, la mention de la « Church of England » dans le titre signifie que si le contenu de Common Worship n’est pas présumé convenir à l’ensemble des Églises de la chrétienté, il est, à l’instar du BCP, utilisable par la totalité de l’Église d’Angleterre57.

2 Le langage

La principale caractéristique de la tradition du BCP est son langage et l’héritage qui lui est attaché58. Il existe un consensus général pour reconnaître que la langue des liturgies contemporaines du BCP était terne, directe, voire même péremptoire, en comparaison avec l’anglais de Cranmer. Si grâce à leur rythme et à leur poésie, les textes du BCP ont connu une destinée exceptionnelle, il n’était plus pensable au xxe siècle que le langage liturgique détermine la langue séculière comme cela put être le cas au xvie siècle59. Il était clair qu’un nouveau style devait être trouvé pour Common Worship, rappelant la tradition du BCP sans la dupliquer. Inclure des transcriptions en anglais contemporain des magnifiques services de Cranmer n’aurait pas eu de sens60. Les rédacteurs de Common Worship ont donc tenté d’adopter un langage émulant la tradition du BCP61. Le langage de Common Worship est plus fécond et moins austère que la langue de l’ASB, il comporte un recours accru aux adjectifs et aux adverbes ; il laisse une large place aux images qu’il tente d’exprimer et évite de tomber dans l’énonciation plate de notions théologiques62. Consécutivement aux réflexions engagées dans la Communion anglicane sur l’inclusivité du langage liturgique, notamment par rapport aux femmes, le langage de Common Worship se veut large en se référant délibérément aux êtres humains plutôt qu’aux hommes, tout en conservant l’usage du masculin au sujet de Dieu lorsque cela s’avère indispensable63.

Cette démarche n’a pas impliqué une falsification des textes historiques du BCP. Une attention particulière a été portée aux traductions, notamment pour le psautier64. Si celui-ci est présenté en anglais contemporain, la transcription retenue demeure très conventionnelle de telle manière que l’héritage de Coverdale est aisément perceptible65. Les rédacteurs ont adopté une approche scientifique précise mais dynamique en ne se contentant pas de questionner uniquement la signification primitive des mots hébreux66. Ils ont également cherché à savoir comment leur sens originaire a été reçu et actualisé par la tradition ecclésiale au cours de son histoire et se sont intéressés aux conséquences sémantiques de ces évolutions en anglais67. Une telle démarche, complète, permet d’une part d’éviter les ruptures douloureuses et de l’autre de garantir une certaine permanence68.

Par ailleurs, Common Worship est « liturgiquement bilingue69 ». Les offices les plus utilisés comprennent tous deux versions, une en anglais moderne et une en langage dit traditionnel. L’usage de cet anglais est censé reproduire la beauté du langage du BCP et doit permettre d’allier la langue liturgique classique aux dernières nouveautés.

3 La redécouverte de la notion de shape et l’inclusion de célébrations du BCP

L’uniformité caractérisant le BCP se manifeste par la structure — ainsi peut-on traduire dans ce contexte le mot « shape » — unique de la prière commune, bâtie autour d’un noyau commun de cinq célébrations : les offices du matin et du soir, la litanie, l’Eucharistie, les offices pastoraux et l’ordination70. Les concepteurs de Common Worship ont eu recours à cette notion de « shape », comprise comme un noyau commun, pour ancrer la collection dans la tradition de la prière commune71. Dans Common Worship, la notion de « shape » repose sur une structure devant pouvoir être utilisée par tous sans être l’apanage exclusif d’une tradition ecclésiale particulière72, afin de refléter « une sensibilité doctrinale unitaire73 ».

Cette importance accordée à la structure ou « shape » doit beaucoup à l’influence de Gregory Dix74. Même si, selon les traditionalistes, Dix eut recours à l’idée de « shape » pour justifier l’abandon du BCP75, les concepteurs de Common Worship n’ont nullement eu pour fin d’abjurer la tradition de la prière commune mais au contraire de la consolider. Conformément à ces principes et malgré des appréhensions relatives à une éventuelle multiplication des disparités liturgiques, Common Worship a été conçu comme un directoire imposant pour chaque office un noyau obligatoire de rubriques liturgiques, à l’intérieur desquelles sont proposées une pluralité importante de textes alternatifs76. Des commentaires, de même que des exemples de services, sont insérés. Une telle structure, bien que souple, permet d’encadrer la célébration des offices informels qui doivent obligatoirement inclure l’usage de certains éléments primordiaux approuvés par l’ensemble de l’Église, représentée par le synode général77. Le respect d’une structure définie et de normes établies doit éviter d’une part aux décideurs locaux de prendre des décisions peu opportunes sous la pression de la masse, et, de l’autre, leur interdit de contraindre les autres à observer leurs choix subjectifs78. L’existence d’un cadre juridique défini renforce la position globale de l’Église d’Angleterre au niveau local. L’expérience a révélé que la démarche adoptée dans Common Worship permet l’affirmation de l’unité ecclésiale « à travers la célébration tout en exprimant la mission de l’Église dans le contexte local », grâce à la flexibilité de la « shape79 ».

Par ailleurs, la souplesse caractérisant Common Worship a permis une redécouverte, au-delà de la tradition de la prière commune en elle-même, des célébrations du BCP. La PBS avait préconisé l’introduction dans les publications de Common Worship d’offices liés à la tradition du BCP afin que ceux souhaitant demeurer fidèles à ce qu’ils pensent être le noyau historique de l’Église d’Angleterre ne se sentissent pas repoussés à ses portes80. Conformément aux souhaits qu’elle avait exprimés, Common Worship inclut un certain nombre de célébrations de BCP, notamment la liturgie eucharistique de l’Order 281, la Morning Prayer82 et l’Evening Prayer83. Cette inclusion des offices du BCP dans la collection a autorisé la mémoire collective à se réapproprier des textes essentiels de son histoire84. Common Worship a conféré au BCP une nouvelle légitimité en l’établissant comme base de la tradition anglicane de prière commune actualisée85. Les craintes relatives à la disparition progressive du BCP ayant entouré le lancement de Common Worship n’ont pas été confirmées : le BCP a survécu, comme le montre par exemple l’affluence qu’enregistrent les cathédrales aux Evensong célébrés selon l’ordo de 166286. Enfin, les fondations ecclésiologiques de Common Worship permettent de « célébrer les offices du BCP comme une partie centrale de la diversité » caractérisant les célébrations de l’Église d’Angleterre aujourd’hui87. Les traditionalistes décrient cette redécouverte de la notion de prière commune qui aurait été imaginée par la Commission liturgique pour cautionner ses desseins et favoriser une « déférence » générale envers Common Worship88 qu’ils décrivent comme étant une négation même de la conception cranmerienne de la prière commune89.

III Refuser la diversité au nom de la préservation de l’unité : les oppositions à Common Worship

La prière commune exigerait l’uniformité et serait donc incompatible avec le sens de la prière commune défini par les « pirates » de la Commission liturgique dans le but d’institutionnaliser la dissociation établie entre le BCP et la prière commune90. L’emploi de l’adjectif common dans le titre viserait à masquer la réalité : il susciterait « la confusion et l’incertitude (…) au détriment de l’édification spirituelle et de la compréhension générale91 ». Les défenseurs du BCP estiment qu’il serait plus honnête que « common » soit réservé exclusivement au BCP92. Ils pensent que son insertion dans le titre de Common Worship fut sans doute inspirée par l’exemple américain93. En effet, sa présence dans le titre du Book of Common Prayer adopté en 1979 par l’Église épiscopale des États-Unis aurait visé à insérer le nouveau livre dans la tradition de la prière publique anglaise94. Mais ses affinités avec les liturgies anglaises seraient si minces qu’il se serait avéré nécessaire de dissimuler les changements par l’utilisation de Common95.

Cette remise en cause de la prière commune traduirait un changement profond de perspective théologique relativement « à la compréhension de ce qu’est l’Église d’Angleterre96 » à trois points de vue : premièrement, Common Worship serait imprégné par une tendance pélagienne et véhiculerait une idéologie relevant de la psychologie et du New Age97, deuxièmement, son vocabulaire présenterait des lacunes notoires98 et, troisièmement, son style général se caractériserait par ses défaillances99.

Tout d’abord, les rédacteurs de Common Worship auraient désiré effacer de la mémoire collective le souvenir du langage liturgique non seulement de l’ASB mais aussi du BCP, bien qu’il ne soit pas possible d’établir une langue liturgique sans l’ancrer dans le passé100. Alors qu’une langue liturgique adéquate présenterait immédiatement « le mystère spirituel » dans la mesure où la transcendance serait inexplicable, Common Worship serait voué à l’échec discursif car il tenterait de « commenter le mystère » spirituel101. En effet, dans la liturgie baptismale, alors que le BCP énonce « …par le baptême de ton fils bien-aimé Jésus-Christ dans le Jourdain, tu as sanctifié l’eau pour le lavage mystique du péché102 », Common Worship indique « maintenant sanctifie cette eau afin que par le pouvoir de ton Saint-Esprit ils soient nettoyés du péché et renaissent103 ». La langue de Common Worship en elle-même relèverait de « l’intonation du conseil clinique et de quelque chose connu comme le New Age », comme le montrent des expressions telles que « la formation chrétienne doit permettre à l’histoire de chacun d’être entendue104 ».

Deuxièmement, alors que le vocabulaire de Common Worship aurait été conçu pour être largement compris par tous, il serait en fait incompréhensible pour le public auquel il est destiné, car très éloigné de l’anglais classique, mais également de l’anglais familier105. Les rédacteurs n’auraient pas su établir une distinction entre les termes adéquats pour une « discussion théologique technique et ceux adaptés à un office religieux106 ». Common Worship, alors qu’il se prétend contemporain, ferait appel à des archaïsmes tombés en désuétude, à l’instar du « O » débutant un certain nombre de collectes dont Shakespeare et Carroll avaient dénoncé la lourdeur107. Le langage utilisé serait généralement faible et altérerait le contenu théologique de certaines notions108. Ainsi, l’usage du « may » caractéristique de la mauvaise qualité de la langue contemporaine, dans l’absolution optionnelle des complies en langage traditionnel, la viderait de sa substance qui cependant perdurerait dans la formule du BCP à cause de l’usage du subjonctif109. Cette apathie du langage serait encore plus flagrante dans les célébrations marquant les étapes décisives de la vie. Là où le BCP n’éluderait pas la réalité en proposant « des mots psychologiquement adéquats », Common Worship ferait preuve « d’irréalisme et partagerait des éléments de fantaisie avec Hollywood110 », en proposant « un monde psychologique calqué sur un roman à l’eau de rose111 ». La réelle dimension « de la personnalité humaine » serait atténuée « par un fatras d’euphémismes faussant la représentation de la vérité du caractère humain112 ». Par exemple, « l’intensité spirituelle » de la Passion serait « dissipée » par des mots hors de propos dans la prière eucharistique E de l’Order 1 qui mentionne que le Christ « dîna avec ses amis113 ». De façon générale, la langueur qui caractériserait les offices de Common Worship ne pourrait que favoriser une perte des repères et démontrerait que la Commission liturgique rencontrerait « des difficultés avec l’enseignement chrétien traditionnel114 ».

Troisièmement, les prières de Common Worship, au rythme très répétitif, réussiraient à fausser la définition des vers et de la prose donnée par Monsieur Jourdain, dans la mesure où Common Worship comprendrait « des cordes de mots n’étant ni de la prose ni des vers » : la prose serait imprimée comme si elle était versifiée115. Dans la liturgie eucharistique de l’Order 1 a été insérée une césure sans aucun sens dans la phrase « nous ne présumons pas /venir à cette table, Seigneur très miséricordieux116 ». Cette coupure transformerait les cinq premières syllabes en trimètre iambique117. Il s’agirait là d’un moyen facile « de convertir la prose de Cranmer en non-sens118 ». L’ensemble de ces lacunes majeures remettraient en cause la prière commune et Common Worship ne servirait qu’à véhiculer « un républicanisme caché119 ».

Face à ces objections, est-il possible d’affirmer raisonnablement que Common Worship a contribué à restaurer l’unité au sein de l’Église d’Angleterre ? On ne peut nier que le combat mené par la PBS en faveur du BCP a trouvé un certain écho. La Commission liturgique a souligné l’importance d’un emploi régulier et répandu du BCP particulièrement dans les paroisses inscrites dans cette tradition, afin de « montrer comment le BCP peut continuer à servir comme une ressource vivante à l’intérieur de la pleine vie pastorale et célébrante d’une paroisse du xxie siècle120 ». Lorsque les circonstances locales s’y prêtent, elle a invité les archevêques et les évêques à utiliser les offices du BCP lors des ordinations, consécrations et confirmations121. Elle a recommandé que ceux qui se préparent aux ministères ecclésiaux, ordonnés ou non, soient enracinés dans le contexte historique et théologique du BCP122.

Toutefois, l’activisme intense de la PBS se heurte à des limites naturelles de deux ordres : premièrement, l’immense majorité des anglicans, qui ont de multiples préoccupations plus immédiates, n’éprouve pas d’intérêt pour ses revendications123. Deuxièmement, la PBS demeure persuadée que les problèmes qu’elle dénonce relèvent des sphères textuelles et linguistiques alors qu’elle s’oppose en réalité aux changements culturels de son époque124. Elle donne l’impression d’ignorer le contexte actuel de l’Église d’Angleterre dans lequel il n’est clairement pas concevable d’utiliser uniquement le BCP dans une conjoncture où la subtilité littéraire de l’anglais élisabéthain demeure insaisissable pour la majorité des pratiquants125.

Aujourd’hui, si certaines églises évangéliques sont toujours rétives aux formes liturgiques classiques et si certains anglo-catholiques plaident en faveur de l’utilisation des rituels de l’Église romaine, la majeure partie des paroisses utilise les ressources de Common Worship, qui « malgré toute la variété et la liberté qu’il autorise, a ramené l’Église à une célébration commune126 ». Il est donc indéniable que Common Worship a autorisé la reconstruction « d’une unité nouvelle » au sein des différentes traditions ecclésiales de l’Église d’Angleterre127, permettant ainsi de maintenir vivant le paradigme de la tradition anglicane.

Notes de bas de page

  • 1 P. D. James, « iii », dans M. Perham (éd.), Model and Inspiration, The Prayer Book Tradition Today, Londres, spck, 1993, p. 30.

  • 2 Voir N. Papadopoulos (éd.), God’s Transforming Work, Celebrating Ten Years of Common Worship, Londres, spck, 2011.

  • 3 Sur l’histoire liturgique de l’Église d’Angleterre, voir G.J. Cuming, A History of Anglican Liturgy, Londres, Basingstoke, The Macmillan Press, 1982 ; R.C.D. Jasper, The Development of the Anglican Liturgy 1662-1980, Londres, spck, 1989. Sur la distinctivité des liturgies anglicanes, voir K. Stevenson, B. Spinks (éd.), The Identity of Anglican Worship, Harrisburg, Morehouse Publishing, 1993.

  • 4 P. Bradshaw, A Companion to Common Worship I, Londres, spck, 2001, p. 9-10.

  • 5 B. Cummings (éd.), The Book of Common Prayer, Texts of 1549, 1559 and 1662, Oxford, Oxford University Press, 2011, p. 1-98.

  • 6 D. Macculloch, Thomas Cranmer, A Life, New Haven, Yale University Press, 1998, p. 410-453.

  • 7 B. Cummings (éd.), The Book of Common Prayer (cité n. 5), p. 5 : « Where heretofore, there hath been great diversity in saying and singing in churches within this realm : some following Salisbury use, some Hereford use, some the use of Bangor, some of York, and some of Lincoln : Now from henceforth, all the whole realm shall have but one use ».

  • 8 <http://www.tudorplace.com.ar/Documents/first_act_of_uniformity_1549.htm>, consulté le 11 déc. 2014.

  • 9 Ibid.

  • 10 B. Cummings (éd.), The Book of Common Prayer (cité n. 5), p. 215.

  • 11 Ibid., p. 99-182.

  • 12 Ibid., p. 183-666.

  • 13 R. Williams, « Foreword », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP, a Worldwide Survey, New York City, Oxford University Press, 2006, p. xiii.

  • 14 P. Whalon, « The Future of Common Prayer », dans ibid., p. 551.

  • 15 C. hefling, « Introduction : Anglicans and Common Prayer », dans ibid., p. 3-4.

  • 16 Voir W.L. Sachs, The Transformation of Anglicanism : from State Church to Global Communion, Cambridge, Cambridge University Press, 2002 ; K. Ward, A History of Global Anglicanism, Cambridge, Cambridge University Press, 2006.

  • 17 Ibid.

  • 18 D. Macculloch, « The Prayer Book and Our English », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship, Denton, Edgeways Books, 2000, p. 20.

  • 19 Voir P.G. Stanwood, « The Prayer Book as Litterature », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 140-151.

  • 20 Voir R. Chapman, « English Society, Religion and the Book of Common Prayer », dans P. Dailey (éd.), The Book of Common Prayer : Past, Present and Future, Londres, Continuum, 2011, p. 15-29.

  • 21 M.J. Hatchett, « Prayer Books », dans S. Sykes, J. Booty, J. Knight, The Study of Anglicanism, Londres, spck, 2003, p. 131.

  • 22 M. Ramsey, The Anglican Spirit, Cambridge (ma), Cowley Publications, 1992, p. 19.

  • 23 M. Perham, « Introduction », dans M. Perham (éd.), The Renewal of Common Prayer, Unity and Diversity in Church of England Worship. Essays by the Liturgical Commission, Londres, spck, 1993, p. 4-5.

  • 24 « Canon A 5. Of the doctrine of the Church of England », dans The Canons of the Church of England, Londres, Church House Publishing, 2000, p. 7 : « The doctrine of the Church of England is grounded in the Holy Scriptures, and in such teachings of the ancient Fathers and Councils of the Church as are agreeable to the said Scriptures. In particular such doctrine is to be found in the Thirty-nine Articles of Religion, The Book of Common Prayer, and the Ordinal ».

  • 25 M. Perham, « Introduction », », dans M. Perham (éd.), The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 5.

  • 26 Ibid.

  • 27 C. Podmore, « A Living Tradition », Faith and Worship 59 (2006), p. 10.

  • 28 J. Sweet, « Identity and Tradition : A Theological Reflection », dans M. Perham (éd.), The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 84.

  • 29 The Church of England, The Alternative Service Book 1980, Services Authorized in the Church of England in conjunction with the Book of Common Prayer, together with the Liturgical Psalter, Cambridge - Colchester - Londres, Cambridge University Press - William Clowes - spck, 1980, p. 9.

  • 30 J. Sweet, « Identity and Tradition : A Theological Reflection », dans M. Perham (éd.), The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 83-84.

  • 31 General Synod Board of Education (éd.), Children in the Way, Londres, Church House Publishing - National Society, 1988.

  • 32 Archbishop of Canterbury’s Commission on Urban Priority Areas, Faith and the City : The Report of the Archbishop of Canterbury’s Commission on Urban Priority Areas, Londres, Church House Publishing, 1985.

  • 33 The House of Bishops of the General Synod of the Church of England, Lent, Holy Week, Easter : Services and Prayers, Londres, spck, 1986.

  • 34 The Church of England Liturgical Commission, The Promise of His Glory : Services and Prayers for the Season from All Saints to Candlemas, Londres, spck, 1990.

  • 35 On se reportera notamment à B.R. Morris (éd.), Ritual Murder, Essays on Liturgical Reform, Manchester, Carcanet New Press, 1980 ; D. David, P. Mullen (éd.), No alternative : the Prayer Book Controversy, Oxford, Basil Blackwell, 1981.

  • 36 P.D. James, « iii », dans M. Perham (éd.), Model and Inspiration (cité n. 1), p. 30.

  • 37 D. Martin, « ii », dans ibid., p. 26.

  • 38 The Church of England’s Liturgical Commission, The Worship of the Church as it approaches the Third Millenium, a report of the LC on its past five years work with some options for the way ahead for worship after 2000, coll. GS Misc 364, Londres, Church House Publishing, 1991.

  • 39 Ibid., p. 15. Sur le rôle de Ronald Jasper dans l’élaboration de l’ASB, voir D. Gray, Ronald Jasper, His Life, His Works and the ASB, Londres, spck, 1997.

  • 40 The Church of England’s Liturgical Commission, The Worship of the Church… (cité n. 38), p. 11.

  • 41 The Church of England, Common Worship, Liturgies and Prayers for the Church of England, Londres, Church House Publishing, 2000, p. ix.

  • 42 C. Buchanan, « Preserving the Classical Prayer Books », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 266.

  • 43 « The PBS’ Submission », dans M. Perham (éd.), Model and Inspiration (cité n. 1), p. 42.

  • 44 C. Winton, « Foreword », dans M. Perham (éd.) The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. vii. Sur l’extension des liturgies eucharistiques, voir A.G. Herbert, Liturgy and Society : The Function of the Church in the modern World, Londres, Faber, 1935 ; Id, The Parish Communion, A Book of Essays, Londres, spck, 1935.

  • 45 The Church of England Liturgical Commission, The Worship of the Church… (cité n. 38), p. 11.

  • 46 M. Perham, « Introduction », dans M. Perham (éd.) The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 3.

  • 47 The Church of England Liturgical Commission, The Worship of the Church… (cité n. 38), p. 4-5.

  • 48 The Church of England, Common Worship… (cité n. 41), p. xi.

  • 49 T. Lloyd, « The Church of England : Common Worship », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 413.

  • 50 The Liturgical Publishing Group of The Church of England, Common Worship : Planning for Change, Londres, Church House Publishing, 2000, p. 51.

  • 51 T. Lloyd, « The Church of England : Common worship », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 413.

  • 52 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 163.

  • 53 T. Lloyd, « The Church of England : Common worship », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 414.

  • 54 The Church of England Liturgical Commission, New Patterns for Worship, A Report by the Liturgical Commission of the General Synod of the Church of England, coll. GS 898, Londres, Church House Publishing, 2002, p. 27 : « worship is a door open in heaven (…). Worship is a door open to the inner depths of life (…). Worship is a door open to the rythms of life (…). Worship is a door to open our hearts in obedience to God ».

  • 55 P. Toon, Common Worship Considered, A liturgical Journey Examined, Denon, Edgeways, 2003, p. 18.

  • 56 Sur ce point, voir J. Gladwin, « The Liturgy in Social Context », dans M. Perham (éd.) The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 40.

  • 57 The Liturgical Publishing Group of the Church Of England, Common Worship : Planning for Change (cité n. 50), p. 51.

  • 58 M. Perham, « The Language of Worship », dans M. Perham (éd.), Towards Liturgy 2000, Preparing for the Revision of the Alternative Sevice Book, Londres, spck, 1989, p. 68.

  • 59 C. Podmore, « A Living Tradition » (cité n. 27), p. 11.

  • 60 Ibid., p. 18.

  • 61 T. Lloyd, « The Church of England : Common worship », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 415.

  • 62 Ibid.

  • 63 Ibid. Voir notamment les rapports de la Liturgical Commission of the Church of England, Making Women Visible : The Use of Inclusive Language with the ASB, Londres, Church House Publishing, 1989 ; Language and the Worship of the Church, coll. GS 1115, Londres, Church House Publishing, 1994.

  • 64 C. Podmore, « A Living Tradition » (cité n. 27), p. 18.

  • 65 Ibid.

  • 66 Ibid.

  • 67 Ibid.

  • 68 Ibid.

  • 69 M. Perham, « The Language of Worship », dans M. Perham (éd.), Towards Liturgy 2000…(cité n. 58), p. 68.

  • 70 J. N. Alexander, « The Shape of the Classical Prayer Book », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 64.

  • 71 Voir M. Vasey, « Promoting a Common Core », dans M. Perham (éd.) The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 81-101.

  • 72 C. James, « iv », dans M. Perham (éd.), Model and Inspiration… (cité n. 1), p. 36.

  • 73 The Church of England’s Liturgical Commission, The Worship of the Church… (cité n. 38), p. 11.

  • 74 K. Stevenson, « Anglican Identity and Church of England Worship today : an historical Reflection », dans M. Perham (éd.) The Renewal of Common Prayer… (cité n. 23), p. 10.

  • 75 P. Toon, Common Worship Considered… (cité n. 55), p. 30.

  • 76 T. Lloyd, « The Church of England : Common worship », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 414.

  • 77 « Common Worship : Jeremy Haselock replies to John Richardson and Michael Moreton », New direction, sep. 2000, <http://www.trushare.com/64SEP00/SE00HASE.htm>, consulté le 12 déc. 2014.

  • 78 J. Sweet, « Identity and Tradition : A Theological Reflection », dans M. Perham (éd.), The Renewal of Common Prayer, Unity and Diversity in Church of England Worship (cité n. 23), p. 70

  • 79 The Liturgical Publishing Group of the Church of England, Common Worship : Planning for Change (cité n. 50), p. 50.

  • 80 D. Martin, « ii », dans M. Perham (éd.), Model and Inspiration (cité n. 1), p. 27.

  • 81 The Church of England, Common Worship… (cité n. 41), p. 229-266.

  • 82 Ibid., p. 62-71.

  • 83 Ibid., p. 72-80.

  • 84 C. Podmore, « A Living Tradition » (cité n. 27), p. 19.

  • 85 Ibid.

  • 86 Ibid.

  • 87 Ibid., p. 21.

  • 88 A.C. Capey, « Common prayer and the pirates », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 75.

  • 89 Cette usurpation de la notion de prière commune aurait eu lieu pour la première fois aux USA en 1979 lorsque l’ecusa « pirata » le titre du BCP pour établir un nouveau type de livre. P. Toon, Common Worship Considered… (cité n. 55), vii.

  • 90 A.C. Capey, « Common prayer and the pirates », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 74-75.

  • 91 P. Toon, Common Worship Considered… (cité n. 55), p. 36.

  • 92 Ibid., p. 35.

  • 93 Ibid., p. vii.

  • 94 Ibid., p. 36.

  • 95 Ibid.

  • 96 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 167.

  • 97 Ibid., p. 145, 146, 148.

  • 98 I. Robinson, « The Question of Style », dans ibid., p. 104, 105.

  • 99 Ibid., p. 120.

  • 100 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans ibid., p. 145-146.

  • 101 Ibid., p. 148.

  • 102 B. Cummings (éd.), The Book of Common Prayer (cité n. 5), p. 409 : « by the baptism of thy welbeloved son Jesus Christ in the river Jordan dist sanctify water to the mystical washing away of sin ».

  • 103 The Church of England, Common Worship… (cité n. 41), p. 335 : « Now sanctify this water that, by the power of your Holy Spirit, / they may be cleansed from sin and born again ».

  • 104 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 145.

  • 105 I. Robinson, « The Question of Style », dans ibid., p. 104.

  • 106 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans ibid., p. 159.

  • 107 I. Robinson, « The Question of Style », dans ibid., p. 104.

  • 108 Ibid., p. 100.

  • 109 Ibid., p. 112.

  • 110 P. Mullen, « The theology of Common Worship », dans ibid., p. 151.

  • 111 Ibid., p. 153.

  • 112 Ibid.

  • 113 Ibid., p. 163. Voir The Church of England, Common Worship… (cité n. 41), p. 196 : « He had supper with his friends », alors que l’unique prière eucharistique contenue dans le BCP dispose : « who in the same night he was betrayed, took bread ». Voir B. Cummings (éd.), The Book of Common Prayer (cité n. 5), p. 402.

  • 114 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 153.

  • 115 I. Robinson, « The Question of Style », dans ibid., p. 120.

  • 116 The Church of England, Common Worship… (cité n. 41), p. 181 : « We do not presume/ to come to this your table, merciful Lord ».

  • 117 I. Robinson, « The Question of Style », dans P. Mullen (éd.), The Real Common Worship (cité n. 18), p. 124.

  • 118 Ibid.

  • 119 P. Mullen, « The Theology of Common Worship », dans ibid., p. 166.

  • 120 The Liturgical Commission, Transforming Worship, Living the New Creation, coll. GS 1651, Londres, Church House Publishing, 2007, p. 40.

  • 121 Ibid.

  • 122 Ibid.

  • 123 C. Buchanan, « Preserving the Classical Prayer Books », dans C. Hefling, C. Shattuck (éd.), The Oxford Guide to the BCP (cité n. 13), p. 267.

  • 124 Ibid.

  • 125 C. Podmore, « A Living Tradition » (cité n. 27), p. 20.

  • 126 M. Perham, « The Silent Music of our Praise », dans N. Papadopoulos (éd.), God’s Transforming Work, Celebrating Ten Years of Common Worship, Londres, spck, 2011, p. 34.

  • 127 Ibid.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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