Le synode sur la synodalité. Défi pour l’Église et chance pour l’Église en Afrique
Rodrigue GbedjinouTeología - reviewer : Paul Gilbert s.j.
Le concile Vatican ii n’a pas composé de document consacré à la synodalité ecclésiale, que cependant nous reconnaissons en filigrane dans plusieurs textes qu’il nous a laissés en héritage. Nous savons combien les efforts du pape François ont suscité l’intérêt à ce propos. Le syntagme « peuple de Dieu » a d’ailleurs pris de plus en plus vigueur dans l’Église. Nous savons aussi que se posent de sérieuses questions quant aux modalités de la vie synodale. L’organisation hiérarchique de l’Église ne semble-t-elle pas parfois soumise aux conditions d’une gestion moderne plutôt qu’à l’Évangile ? La réflexion de Rodrigue Gbedjinou, docteur en théologie dogmatique, actuellement Directeur de l’École d’Initiation Théologique et Pastorale de Cotonou (Bénin), s’accorde à l’ecclésiologie de Roberto Repole, théologien archevêque de Turin et cardinal, dont les ouvrages mettent en évidence les conditions « politiques » de la synodalité (cf. la recension par l’A. d’un ouvrage de Repole dans NRT 139, 2017, p. 519-521).
Le livre comporte 3 part. : des fondamentaux, des implications et des explications. Parmi les fondamentaux, l’A. rappelle que les formes relationnelles de la théologie trinitaire déterminent les relations d’amour dans l’Église, demande si nos communautés chrétiennes en ont suffisamment conscience, invite ces communautés à vivre plus clairement le « nous ecclésial » (p. ex. dans les pratiques des conférences épiscopales). Les implications principales sont : le témoignage à la vérité (ce qui n’est pas une mince affaire pour nos cultures d’opinions et de post-vérité), le souci des plus faibles (en communion avec les pauvres), le pouvoir comme service (l’esprit de synodalité se met ici à l’épreuve), la coopération et la représentation (qui a le pouvoir devrait prendre au sérieux sa mission qui est de représenter ceux sur qui il a pouvoir). Les applications : penser en profondeur, répartir les biens, vivre la médiation et la réconciliation.
L’ouvrage s’adresse à l’Église en Afrique, mais on peut croire qu’il donne aussi de quoi reconnaître avec franchise des situations vécues ailleurs. Chaque chap. se termine par quelques questions bien posées et la proposition de textes de grande valeur pour une réflexion féconde. — P. Gilbert s.j.