Teologia morale fondamentale. Tradizione, Scrittura e teoria

Giuseppe Angelini
Moral y derecho - Census taker : A. Pighin
Docteur en économie, commerce… et en théologie, Angelini est prêtre et professeur de théologie morale. Il est probable que sa formation polyvalente l'ait préparé à mieux comprendre le monde actuel et ses exigences. Son gros ouvrage sur la théologie morale fondamentale apparaît comme un retour courageux à la conscience morale par delà le juridisme et la casuistique qui ont marqué les derniers siècles. Homme de science, il refuse les synthèses hâtives et veut revenir à la source de la morale qui se trouve dans l'expérience humaine et la conscience. Certes, on a toujours posé en principe que la conscience doit avoir le dernier mot en morale, mais en fait on l'oubliait dans la plupart des cas et l'on se contentait de préciser les lois naturelles et divines qui obligeaient en conscience, sans suffisamment expliquer leur correspondance avec celle-ci. C'est à ce défaut que l'A. attribue le peu d'écho rencontré par l'enseignement moral des papes depuis Vatican I, date depuis laquelle ce type d'enseignement a subi une véritable inflation. Encore reste-t-il à préciser ce qu'il entend par conscience morale et son rapport à la loi. Il n'évitera pas la question. Comme la matière est délicate et complexe, il part de la situation confuse qui caractérise aujourd'hui la théologie morale catholique et du refus de nos contemporains incroyants à l'égard d'une morale qui leur paraît extérieure à l'homme et à laquelle ils opposent la vague notion d'éthique personnelle, qui a pourtant le mérite d'aller dans le bon sens.
Son livre se propose de rassembler les éléments d'une réflexion théologique fondamentale sur l'expérience morale. Ceci l'oblige à un long parcours historique remontant au-delà de la casuistique du XVIIe siècle pour retrouver une vraie théologie morale dans l'antiquité patristique et la scolastique. C'est en faisant l'histoire critique de cette longue évolution qu'il rassemble peu à peu les données de son problème. Il passe ensuite à la partie théologico-biblique également assez étendue et souvent trop vite expédiée par les moralistes.
Il peut alors conclure par une réflexion synthétique qui tente une reprise théorique de l'ensemble pour «essayer de suggérer les lignes essentielles d'une théorie chrétienne de l'expérience morale». En réaction contre une morale trop rationnelle, il veut partir de la phénoménologie de l'expérience pratique globale du chrétien et de la conscience morale, car le croyant accepte dans l'Évangile une vérité qui en appelle à sa conscience et répond à son attente profonde. Il n'hésite pas à déclarer que les croyants ont leur mot à dire dans la détermination des moeurs chrétiennes, qu'il faudrait peut-être préciser les limites du magistère en morale et que la tâche essentielle du magistère est avant tout de former la conscience des chrétiens, comme l'indique d'ailleurs Veritatis splendor 64, 2.
On devine qu'il s'agit d'un livre fondamental important et courageux qui ouvre une voie permettant, à terme, de mieux rejoindre les hommes de notre temps. - A. Pighin.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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