Mgr Livio Melina a été président de l’Institut pontifical Jean-Paul ii d’études sur le mariage et la famille de 2006 à 2016. Il est membre de l’Académie pontificale de théologie. Dans un langage soigné et précis, il aborde la richesse gracieuse du mariage et nous décrit positivement les enjeux et les joies de cet engagement. L’amour naturel acquiert un autre statut dans le Christ. Depuis que le « Verbe s’est fait chair », tout le réel revêt une dimension nouvelle. L’évangile, qui est la bonne nouvelle, nous permet de mieux comprendre le dessein originel du Créateur sur la relation homme-femme. Le Créateur a un dessein d’amour pour sa création. Et le mariage-sacrement atteste jusqu’à la fin des temps que l’amour est possible, qu’il ouvre à une joie profonde sur la terre et qu’il permet à tous de nous diriger vers sa perfection dans l’éternité.
L’A. nous montre comment contempler ce dessein divin (1), comment le célébrer dans la promesse des époux (2). Il nous conduit à devenir les propres narrateurs de notre histoire d’amour (3). Dans son chap. sur le pardon, il nous indique comment le sacrement de réconciliation régénère la personne, le couple et les relations familiales (4). Son dernier chap. se penche sur les fragilités de l’amour et le défi pastoral qu’il nous revient de relever après Amoris Laetitia (5).
Retenons quelques traits de cet enseignement. Le mariage a un don propre. Il est « la grâce d’une relation nouvelle qui, à partir de l’amour du Christ pour l’Église, traverse la chair des époux » (p. 47). Il s’agit bien de construire le corps du Christ et d’établir ainsi « une petite Église domestique ». Déjà le théologien M. J. Scheeben (xixe s.) ne disait-il pas que « le mariage est une Église dans la chair » (p. 47). Cette quasi-consécration des époux (Gaudium et spes 48,2) leur donne une mission. Cette mission est contenue dans le libre consentement qui est une promesse : une joie pour l’Église qui est témoin de l’engagement d’un nouveau corps pour le corps ecclésial. Cette promesse surgit de l’être des époux : elle n’est pas qu’un contrat civil. La présence du Christ est un don pour les époux : elle n’est pas qu’un idéal, une référence extrinsèque, mais « un gage permanent de grâce qui accompagne toujours la vie des époux » (p. 48).
La famille est le lieu de l’expression des libertés depuis le consentement primordial jusqu’au départ de l’être aimé vers Dieu. Lieu de liberté, lieu de guérison : AL a une vraie perspective pastorale, « aller à la rencontre de ceux qui sont blessés, perdus, éloignés, les rencontrer, les accueillir, les écouter, les accompagner, les guérir, les réintégrer dans la communauté chrétienne » (p. 66). La charité est au cœur de l’union conjugale : elle permet à de nombreuses familles de témoigner de l’amour divin dans l’histoire humaine. L’enseignement de l’amour se fait comme par contagion et la joie est toujours au rendez-vous : l’amour ainsi ne devient pas une langue morte. Il s’apprend à cette école de vie (p. 70) et l’image divine imprimée par le Créateur en chaque être, peut s’y développer. L’A. insiste sur cette capacité de la famille à guérir, à porter, à transformer le réel souvent « cassé et déchiré ». Pour le dire autrement, même si la famille peut aussi être « un hôpital de campagne », elle est le lieu par excellence du salut.
Cet essai atteste la connaissance profonde que l’A. a du « mystère familial » (G. Marcel) et des enseignements de l’Église depuis une cinquantaine d’années. Il fait état des accentuations prises par le Magistère et en montre les cohérences. Sa connaissance des enseignements lui permet d’écrire un livre à la fois simple, profond et d’une grande actualité.