La postérité intellectuelle de Claude Tresmontant reste méconnue. Philosophe chrétien inclassable, il a tenté de renouer un dialogue entre science, philosophie et foi, tout en revalorisant Blondel dans une perspective métaphysique réaliste. Son œuvre, marginalisée à tort, mérite aujourd’hui d’être relue, comme nous invite Yves Tourenne dans l’article suivant.
Il y a des œuvres proéminentes auxquelles notre mémoire est infidèle, et des auteurs à l’égard desquels nous avons développé un souvenir injuste dans l’Église catholique. Je pense par exemple à un René Laurentin, dont l’opus magnum ne fut gratifié le lendemain de sa mort que par un entrefilet mineur dans La Croix. Je songe à Claude Bruaire, décédé dans l’indifférence quasi totale envers une philosophie de l’Esprit qui ne correspondait plus à un mode phénoménologique. J’ai aujourd’hui un hommage à rendre au vrai philosophe chrétien, de grande race, que fut Claude Tresmontant.
Ceux qui n’ont en tête que les polémiques ultimes sur ses rétroversions hébraïques des évangiles autour du livre Le Christ hébreu (1983) perdent sans doute de vue qu’il fut un précurseur authentique de la « troisième quête du Jésus historique », inconnue en France à…