Dans un ouvrage récent, André Wénin, relisant la tragique et même barbare finale du livre des Juges (Jg 17–21 : fondation du sanctuaire de Dan, crime de Gibéa, guerre contre Benjamin, rapt des filles de Silo), a bien montré comment les êtres humains – en l’occurrence Israël – pouvaient mettre « Dieu en échec ».
La patience et la miséricorde de Yhwh auraient-elles donc des limites ? En réalité son inaction à la fin de Jg ne tient pas à ses propres dispositions vis-à-vis d’Israël, mais au fait que celui-ci l’a mis hors-jeu en le traitant comme une vulgaire idole censée se conformer à ce qu’il attend d’elle. En tournant définitivement le dos à son dieu, le peuple l’a réduit à la paralysie (…). La théologie qui sous-tend l’interprétation de l’époque des Juges est classique. Elle met en œuvre, en effet, le principe de la rétribution dans…