Foi, épokhê et nuit mystique : le sentiment de sécurité selon Edith Stein

Bénédicte Bouillot
La foi serait-elle certitude qui impliquerait la suspension (épokhê) de toute activité rationnelle ou recherche existentielle ? À partir de la réduction phénoménologique steinienne, l’A. examine le fondement rationnel de la foi religieuse. À la différence de Husserl, l’épokhê phénoménologique est une posture provisoire chez Stein. L’expérience mystique, qui implique l’obscurité de la nuit dans l’expérience de Dieu, constitue l’ultime épokhê.

L’intérêt pour la question de la foi religieuse et sa spécificité traverse l’ensemble de la pensée d’Edith Stein, selon des approches différentes qui témoignent précisément des évolutions de sa démarche philosophique, et de sa conception même de la philosophie. Trois grands moments structurent en effet son œuvre philosophique : un premier moment phénoménologique, à partir de 1916, dans le sillage de Husserl et de Scheler ; celui, dans les années 30, d’une « hyperphénoménologie », à travers laquelle elle s’emploie à articuler phénoménologie et métaphysique ; enfin, dans les années 40, juste avant sa disparition tragique, celui d’une philosophie de la mystique, fondée principalement sur une analyse de la mystique carmélitaine (Thérèse d’Avila et Jean de la Croix).

Ainsi, dans ses premiers travaux phénoménologiques, Edith Stein-t-elle…

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