En plein siècle de la désespérance, trois philosophes, de trois manières différentes, ont traité de la vertu d’Espérance que le pape François a érigée comme vertu centrale de l’année Jubilaire 2025. Ces trois penseurs (Gustave Thibon, Josef Pieper et Gabriel Marcel) ont souligné les éléments fondamentaux de cette vertu nécessaire au pèlerin terrestre, à l’homo viator, qu’est le chrétien dans ses tribulations mondaines en vue de la fin espérée : la Béatitude.
Après avoir disposé votre intelligence pour le service, restez sobre, mettez toute votre espérance dans la grâce que vous apporte la révélation de Jésus-Christ. (1 P 1,13)
Le pape François, qui a placé l’année jubilaire 2025 sous le signe de la vertu d’espérance, rappelait dans L’espérance est une lumière dans la nuit qu’« espérer, c’est attendre quelque chose qui nous est déjà donné : le salut dans l’amour éternel et infini de Dieu (…), salut que nous espérons et que Jésus nous a obtenu par sa mort et sa résurrection1 ». Si l’on suit saint Thomas d’Aquin, l’espérance est la vertu qui nous fait désirer un objet bon, futur, difficile à obtenir mais possible2. Or, l’objet le plus élevé qui soit, c’est-à-dire le bien le plus grand, toutefois futur, difficile et possible, est ce « Salut » rappelé par le Saint-Père, « la béatitude…