Dans la lettre pastorale publiée en 2026 sur la vocation de l’Église en Terre Sainte après les événements du 7 octobre 2023, le cardinal Pierbattista Pizzaballa interprète la crise contemporaine à la lumière d’une théologie de Jérusalem inspirée de l’Apocalypse. Cet article met en évidence une ecclésiologie relationnelle fondée sur la vocation universelle de Jérusalem comme « Église mère », ouverte aux dialogues. Elle examine également les conséquences de cette vision pour les rapports entre Jérusalem et Rome ainsi que pour la réflexion sur l’universalité de la ville sainte et sa mission prophétique au cœur d’un monde fragmenté.
Introduction
Le 25 avril 2026, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, publiait une lettre pastorale intitulée : « Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie ». Proposition pour vivre la vocation de l’Église en Terre Sainte1. En dépit de sa qualification modeste de « lettre », ce document d’une trentaine de pages dépasse le cadre d’une méditation telle qu’il en délivre régulièrement. Si elle contient de fait des directives concrètes, celles-ci prennent place à la fin de la lettre, après une réflexion magistrale sur la vocation de Jérusalem et celle de l’Église locale.
La question qui accompagne sa réflexion depuis longtemps – Pierbattista Pizzaballa vit en Israël depuis 1993 – est celle-ci : « comment, en tant que chrétiens, en tant qu’assemblée ecclésiale, vivre au sein de cette situation de…