Cette étude examine l’évolution des positions exprimées dans les documents synodaux catholiques concernant l’ordination des femmes depuis 1971, en questionnant leur possible statut d’expression du sensus fidei fidelium. À travers l’analyse de synodes diocésains, d’assemblées supradiocésaines et du récent synode sur la synodalité, cette recherche révèle une demande croissante et persistante pour l’ordination diaconale des femmes, malgré les restrictions magistérielles successives. L’enquête montre qu’après l’instruction de 1997 interdisant d’aborder ces questions, les demandes se sont déplacées vers des niveaux supradiocésains et ont resurgi massivement lors des consultations synodales récentes. L’extension géographique progressive de ces demandes, leur persistance chronologique et leur convergence avec les recherches théologiques suggèrent l’émergence d’une expression du sensus fidei, bien qu’elle reste géographiquement inégale.
Le mois de mai 2024 a été le moment d’un « entrechoc » de plusieurs événements à propos de l’ordination éventuelle de femmes comme diacres. Le 2 mai, Angelic Molen a été ordonnée diacre dans le patriarcat d’Alexandrie pour le diocèse du Zimbabwe. Elle l’a été selon le rite d’ordination prévu pour les hommes, avec la communication explicite qu’il s’agissait bien du même sacrement. Et le principe de communicatio in sacris amène les catholiques à considérer comme valides les sacrements célébrés dans les Églises orientales non-catholiques. Cette ordination a été relayée abondamment dans les réseaux sociaux par des catholiques de multiples pays. Le 16 mai était la date limite pour rendre les synthèses des conférences épiscopales en vue de la seconde assemblée du synode sur la synodalité. Sans recherche exhaustive, au moins les synthèses de…