Le livre de Ruth est une œuvre d’exégèse biblique élaborée, structurée par un réseau dense d’allusions scripturaires. L’article met en lumière le rôle central du ḥeseḏ, charité agissante qui permet l’intégration au peuple de Dieu au-delà des appartenances d’origine. Le récit relit l’histoire d’Israël en exil dans une perspective de restauration qui s’accomplit dans le Christ.
Récemment, j’ai été invitée à partager les fruits de mes recherches dans le contexte d’une conférence du jeudi à l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem. À cette occasion, je me suis rendu compte que le grand progrès fait par l’exégèse pendant ces dernières décennies sur le sens profondément théologique du livre de Ruth n’est pas bien connu. La méthode narrative couplée avec une attention accrue aux renvois intertextuels complexes qui sont tissés tout au long du texte met en lumière des niveaux de signification qui indiquent que le livre est bien plus que « la plus charmante idylle de l’Ancien Testament » (Goethe). Pour cette raison, j’ai décidé de présenter une synthèse des principaux jeux d’intertextualité qui sont à l’œuvre au fil du livre de Ruth, ainsi que l’interprétation qui en découle.
Dans l’espace limité de…