La notion de patriotisme est ici relue à la lumière du christianisme et de la tradition ignatienne. À partir de l’œuvre de Gaston Fessard, on plaide pour un discernement spirituel du destin des nations dans un monde globalisé. Le texte explore le paradoxe chrétien d’assumer et de transcender les patries. La nation n’est-elle pas comme une médiation nécessaire, mais toujours perfectible par la justice et la charité ?
Il faut revenir à une meilleure intelligence du grand fait spirituel qu’est la nation. (Stanislas Fumet, décembre 1940, Lyon)
Les épreuves des nations nous renseignent-elles sur le rapport de l’homme à Dieu ? Manifestent-elles l’orientation et le choix des âmes ? La mémoire des Européens est saturée de malheurs et d’espoirs qui condensent la réponse à ces interrogations. D’une maison à l’autre, le souvenir d’un crime irréparable ou le témoignage d’un sacrifice patriotique fixe souvent la signification de l’héritage de l’Europe. Les uns et les autres sont ainsi tentés de croire qu’un effort soutenu de connaissance de la nation, et d’abord de sa nation, n’est plus demandé aux citoyens et aux croyants. Il est vrai : de la Pologne aux États-Unis, de l’Italie à l’Argentine, de la Russie à la France, l’enjeu de la nation soulève des…