« Familles postmodernes ». En deçà d’un pluralisme relativiste

Olivier Bonnewijn
En deçà d’un certain pluralisme relativiste, l’article dégage quelques éléments communs qui caractérisent structurellement les « familles monoparentales, homoparentales, concubinaires et recomposées ». Après une rapide description de ces « nouvelles configurations » (1), il considère leur plus petit commun dénominateur (2) ainsi que leur logique constructiviste (3). Enfin, il offre quelques éléments de réflexion sur la réalité vécue par les adultes et les enfants engagés dans ces « constellations postmodernes » (4).

Introduction

Aujourd’hui se présentent des situations inédites jusqu’à ces dernières années, depuis la diffusion des couples en union libre, qui ne se marient pas et parfois en excluent même l’idée, jusqu’aux unions entre des personnes du même sexe, auxquelles il est souvent consenti d’adopter des enfants. Parmi les nombreuses situations nouvelles qui réclament l’attention et l’engagement pastoral de l’Église, il suffira de rappeler : (...) les familles monoparentales ; (...) la culture du non-engagement et de la présupposée instabilité du lien ; (...) la reformulation de l’idée même de famille ; le pluralisme relativiste dans la conception du mariage ; l’influence des médias sur la culture populaire pour la conception des noces et de la vie familiale ; les courants de pensée qui inspirent les propositions législatives qui dévaluent la permanence et la fidélité du pacte matrimonial1.

Ces « situations inédites » décrites par le document synodal, nous allons les aborder sous un angle philosophique à partir du concept multiforme de « familles postmodernes »2. En deçà d’un certain relativisme culturel, nous tenterons de dégager quelques « éléments communs3 » qui caractérisent ces « nouvelles configurations familiales ». À cet effet, nous adopterons un vocabulaire récemment forgé en Occident, conscient des glissements conceptuels que celui-ci induit subrepticement. L’utilisation fréquente des guillemets et du conditionnel dans notre texte seront là pour le signifier.

I Description

Les « familles postmodernes » se présentent comme le résultat d’une déconstruction critique et d’une libre reconstruction de la « boîte familiale traditionnelle ». Au gré des projets individuels et sociaux, elles entendent réinventer la constitution et l’articulation des liens, des rôles, des sexes et des générations, promouvant au maximum les valeurs d’autonomie créative, de choix (dans le sens ultralibéral du terme), de développement de soi, de « qualité relationnelle », d’épanouissement affectif et sexuel. Fonctionnant selon un mode « égalitaire, démocratique et contractuel », elles opèrent une véritable révolution culturelle et anthropologique. Elles se considèrent comme le fruit d’un progrès décisif et irréversible de l’humanité.

Selon cette grille de lecture, ces « nouvelles conceptions familiales » sonneraient le glas des « familles claniques pré-modernes » : un système patriarcal de tendance holistique, n’accordant guère « d’espace privé » aux sujets qui peinent de ce fait à advenir à eux-mêmes, soucieux de transmettre avant tout la vie et le patrimoine.

Les « familles postmodernes » sonneraient également le glas des « familles nucléaires modernes », du moins dans leur forme « conservatrice » : un homme « assigné » à la production, uni institutionnellement à une femme « assignée » à la « reproduction » et aux tâches domestiques (« Kinderen, Keuken en Kerk »). Cette « construction socio-culturelle » serait fondée sur l’inégalité foncière des partenaires et de leurs rôles, sur une définition naturaliste des sexes et un certain « machisme hétérosexiste », sur les valeurs du devoir, du sacrifice et de la rentabilité industrielle. Fabriquée par la bourgeoisie, elle aurait été sacralisée par l’Église et diffusée comme idéal dans les classes ouvrières.

Toujours selon cette lecture « progressiste » de l’histoire, les individus « postmodernes » disposent aujourd’hui de « modalités radicalement nouvelles pour faire famille » :

  • la modalité concubinaire hétérosexuelle, recomposée ou non : un homme et une femme vivant ensemble sans engagement civil ou religieux, avec ou sans enfants ;

  • la modalité concubinaire homosexuelle, gay ou lesbienne, « recomposée » ou non, déclarée « homoparentale » en cas de « parentalité » ;

  • la modalité célibataire, déclarée « monoparentale » en cas de « parentalité » ;

  • la modalité du « mariage institutionnel », que celui-ci soit hétérosexuel ou homosexuel, qu’il fasse suite à un divorce ou non ;

  • d’autres modalités encore, en fonction « d’autres identités de genre ».

À ces réalités plurielles, la dénomination « famille » est attribuée. Entre elles, un rapport de stricte égalité et de non-discrimination est revendiqué. Dans le cadre de notre étude, nous nous limitons à considérer les quatre formes principales de ces divers « partenariats familiaux » : les « familles monoparentales, homoparentales, concubinaires et recomposées après séparation ou divorce ».

II Une nouvelle définition des liens familiaux

À y regarder de près, ces quatre « familles » possèdent au moins deux points communs, liés l’un à l’autre. Tout d’abord, elles mettent en crise — de différentes manières — l’alliance conjugale entre un homme et une femme sur laquelle est bâtie la famille « clanique » et « nucléaire ». Elles appauvrissent radicalement cette alliance, la précarisent, la décomposent, la modifient substantiellement, la travestissent, la dénaturent, ou en ignorent l’existence. Bien entendu, nous ne voulons en aucun cas porter un quelconque jugement sur les personnes qui vivent dans ces configurations. Mais en analysant les structures qu’elles ont choisi d’adopter, force est de constater une spécificité objective commune, en deçà même d’une grande diversité : l’absence d’un réel lien matrimonial, assortie ou non de sa transformation en une autre réalité.

Dans de telles conditions, le lien parental apparaît comme primordial. « Alors que l’amour conjugal tend à devenir un investissement à court ou à moyen terme, observe Martine Fournier, le long terme se déplace sur les relations parents-enfants. Que ses parents soient divorcés, séparés ou ensemble, l’enfant a pris une place première, dans la mesure où le lien de filiation reste, lui, indissoluble. Le lien parental a pris le pas sur le lien conjugal4 ». Selon Irène Théry, « ce demi-siècle identifie la famille à partir de l’enfant et non plus à partir du couple5 » ou de ce qui en tient lieu. On assiste à « un transfert de l’indissolubilité du mariage vers la filiation6 ». « Aujourd’hui, écrit Xavier Lacroix, ce serait la filiation qui ferait la famille. Fonder une famille, ce serait donner naissance à un enfant, le reconnaître, lui donner un nom7. » Désormais, c’est à l’enfant qu’il revient d’assurer la durabilité du lien entre les adultes, de les engendrer en quelque sorte à leur relation, de garantir la cohésion familiale. Tâche redoutable et épuisante pour ses jeunes épaules8 !

III Déconstructions et reconstructions

Ainsi « l’archipel familial postmoderne » s’articule-t-il d’abord autour du lien à l’enfant, ensuite autour du lien au partenaire de vie. Comment est-on arrivé à cette inversion dans les relations familiales9 ?

Depuis la deuxième moitié du xxe siècle, la culture occidentale est puissamment marquée par une dialectique de déliaison, de déconstruction, de dissociation, d’atomisation, d’individualisation, de démontage et de remontage, de recombinaison, de réassemblage et de reconstruction. Dans un premier temps, le lien matrimonial et le lien parental sont isolés l’un de l’autre. Ils suivent, affirme-t-on, des trajectoires indépendantes et sont combinables selon les désirs des individus. Ainsi, la filiation n’apparaît plus comme fondamentalement liée à l’alliance conjugale.

Dans un second temps, le lien parental et le lien matrimonial sont déconstruits chacun de leur côté. La conjugalité ne désigne plus nécessairement l’alliance d’un homme et d’une femme, constituant entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants. Non, ce type de lien, qualifié de « bourgeois, classique, conservateur et naturaliste », n’offrirait qu’une expression particulière d’une « conjugalité » qui serait « par nature » plurielle. D’autres liens « matrimoniaux » entre adultes consentants seraient possibles, comme par exemple ceux noués entre partenaires de sexe identique ou même entre plus de deux partenaires. En d’autres termes, le lien conjugal est « démonté » et « librement remonté ».

Parallèlement, la paternité et la maternité subissent elles aussi un travail de déconstruction. Considérées principalement comme des rôles complexes, elles sont disséquées en plusieurs éléments autonomes et recombinées au gré des besoins et des volontés. Désormais, certains parlent de « coparentalité » et de « pluriparentalité », c’est-à-dire de fonctions parentales qui peuvent être portées par divers acteurs indépendants. La filiation est ainsi « bricolée10 » par les partenaires adultes, avec ou sans l’aide de la biotechnologie.

Comme l’observe Geneviève Delaisi de Parseval, « depuis la première fécondation in vitro (FIV 1984) et le premier don d’ovocyte (1988), la fonction maternelle, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, peut se répartir entre trois femmes distinctes : la mère “d’intention” (qui élèvera l’enfant), la mère “génétique” (qui donnera l’ovocyte si besoin est) et la mère “gestative”, terme aujourd’hui préféré à celui de “mère porteuse” »11. Selon cette même logique, la fonction paternelle peut également être répartie entre le « père d’intention » (qui ne devrait pas nécessairement être un homme et pourrait même — dans une certaine mesure — varier au cours des ans), le « père génétique » et le « père légal » (qui n’apparaît plus comme indispensable, mais comme un choix parmi d’autres).

Ainsi aboutit-on à la composition de « cocktails familiaux » inédits, de « nouvelles constellations ou tribus », de « familles mosaïques ou arcs-en-ciel » (« rainbow families »). Notons le rôle de premier plan que la théorie radicale du « gender » exerce dans cette entreprise. Introduisant une séparation au cœur des personnes humaines entre le biologique et le social construit, cette théorie tend à considérer « les familles » comme de purs produits culturels. De ce fait, elle relativise et marginalise la famille fondée sur la différence des sexes et sur l’ordre des générations12.

IV À l’écoute des personnes

Pour comprendre ce qui se joue avec la diffusion des « familles monoparentales, homoparentales, recomposées et concubinaires », il convient de croiser les approches philosophiques et théologiques avec celles des sciences humaines comme la psychologie, la sociologie, le droit, l’économie, les sciences politiques, l’histoire. Pour notre part, nous nous limiterons à l’écoute des partenaires adultes ainsi que des enfants engagés dans de tels liens.

1 Du côté des partenaires adultes

Du côté des adultes, ces quatre « modèles » ont chacun leur « coût psychique » qui ne se remarque pas toujours durant les premières années de leur mise en place. Selon Jacques Arènes, ce coût « se reconnaît en termes de symptômes comportementaux » et « de souffrances intérieures13 ». Sans doute est-il malaisé d’en estimer le prix, vu la difficulté à trouver des indicateurs objectifs et le manque d’études à grande échelle. Mais actuellement, « nous pouvons disposer d’un certain nombre d’éléments14 » qui vont dans ce sens, non seulement d’un point de vue individuel, mais également social. Avec les mêmes réserves, une analyse analogue peut être menée sur le plan économique, social, éthique, politique et spirituel.

Par ailleurs, même si elles n’osent pas toujours se l’avouer à elles-mêmes, les personnes qui bâtissent une « famille postmoderne progressiste » le font en référence à la famille « nucléaire conservatrice triangulaire » (époux, épouse, enfant), c’est-à-dire en référence à une communauté d’un homme et d’une femme unis par un lien conjugal unique, ordonnée au bien des conjoints ainsi qu’à la procréation et à l’éducation des enfants. Cette précompréhension naturelle — et donc toujours aussi culturelle — du concept de « famille » est toujours là, plus ou moins opérationnelle, plus ou moins consciente, plus ou moins blessée par la vie15.

Voilà pourquoi ces situations doivent toujours être abordées avec une infinie délicatesse : derrière des revendications parfois virulentes se cachent de réelles souffrances, et pas seulement au niveau psychique. Ainsi en est-il pour de très nombreuses femmes qui « constituent » avec leurs enfants des « familles monoparentales » à cause de l’abandon de leur conjoint ou de leur difficulté à élaborer un lien matrimonial. Elles se trouvent bien seules pour vivre et élever leurs enfants.

2 Du côté des enfants

Qu’en est-il du côté des enfants ? De facto, l’expression « famille monoparentale » désigne en toute grande majorité l’absence du père, que celle-ci soit accidentelle ou volontaire. Pour un enfant, cette absence est toujours une privation sans nom, et ce, à différents niveaux. Si elle est reconnue et finement accompagnée, une telle épreuve peut sans aucun doute être traversée victorieusement. À cet effet, la mère est appelée à ne pas « effacer » le père de l’horizon de son fils ou de sa fille, à ne pas s’imaginer être capable de combler tous les besoins de son enfant et, par conséquent, à renvoyer celui-ci vers des personnes relais.

Encore une fois, il ne s’agit évidemment pas de critiquer quiconque : chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il est, dans la situation qui est la sienne. Et on ne peut qu’admirer profondément ces femmes célibataires qui élèvent leurs enfants avec un courage et une abnégation magnifiques, dans des conditions parfois héroïques. Notre propos consiste simplement à constater combien l’absence du conjoint est éprouvante pour tout le monde, pour l’enfant comme pour le parent seul.

En ce qui concerne les « familles homoparentales », qu’en est-il de l’adoption d’un enfant, du recours aux procréations médicalement assistées ou même, dans certains cas aujourd’hui, de l’utilisation de la « gestation pour autrui » ? Selon Xavier Lacroix16, la vraie question n’est pas d’abord celle du discernement éthique de l’homosexualité, ni celle de la capacité que des personnes homosexuelles ont d’aimer ou d’éduquer. La vraie question, c’est d’organiser légalement, pour des dizaines de milliers d’enfants, la privation a priori de trois biens fondamentaux :

  • une continuité entre sa conception et son éducation au cœur d’une alliance féconde entre un homme et une femme unis pour la vie ;

  • deux repères identificatoires différents (le masculin et le féminin). Le fameux « droit à la différence » doit s’appliquer aussi et premièrement à l’enfant. Celui-ci a le droit de recevoir un papa et une maman, et il convient de tout mettre en œuvre pour rendre ce droit effectif ;

  • une généalogie claire, lisible et cohérente, qui permet à l’enfant d’accueillir, d’imaginer, de penser et d’élaborer sa propre filiation. « Qui est mon père ? Qui est ma mère ? Qui sont mes grands-parents ? Mes cousins, cousines, mes oncles et tantes ? » Analogiquement, bien des enfants nés sous X éprouvent la nécessité intérieure de connaître leurs géniteurs pour édifier leur propre identité et inscrire celle-ci dans la succession des générations. Dépossédés du récit de leurs origines, ils consacrent une énergie considérable à démêler les fils de leur filiation17.

Il y a quelque chose d’erroné dans le terme « homoparental », comme dans celui de « monoparental » et de « pluriparental ». La parenté est une réalité essentiellement relationnelle. En quelque sorte, elle est toujours « hétéroparentale », pour utiliser une redondance : le père renvoie à la mère et vice versa. En outre, la parenté est exercée par des personnes humaines concrètes et sexuées. Elle ne consiste pas d’abord dans des rôles interchangeables que les individus adultes auraient à se répartir pour un temps déterminé, même si, par ailleurs, dans certaines situations — celle des enfants en carence parentale —, une telle distribution entre divers acteurs éducatifs s’avère précieuse. Voilà pourquoi nous préférons le terme personnaliste de « parenté » à celui fonctionnaliste de « parentalité », les termes de « paternité » et de « maternité » à ceux de « paternalité » et de « maternalité ».

Troisième configuration : « les familles recomposées » suite à une séparation, assortie ou non d’un divorce. La composition de ces familles implique la décomposition des liens familiaux antérieurs tissés au fil des années. Or, en général, l’enfant demeure viscéralement attaché à sa famille d’origine. Bien sûr, il peut vivre de belles choses dans sa « nouvelle famille ». Ainsi peut-il recevoir beaucoup d’amour, de soutien et de sécurité de la part de son « parent additionnel », de son beau-père ou de sa belle-mère. Cependant, l’enfant gardera au fond de lui, comme gravé au fer rouge, l’échec matrimonial de ceux grâce auxquels il a vu le jour.

Quatrième configuration : les « familles concubinaires ». Certains concubins sont liés par une forme ou l’autre de contrat (le pacs en France, par exemple), d’autres par rien. Certains bâtissent un projet de vie commune, d’autres non. Certains sont extrêmement fragiles et éphémères, d’autres visent la durée. Dans ces conditions, l’enfant est toujours plus ou moins insécurisé. Il a besoin de grandir à l’intérieur d’un couple stable, qui s’aime pour toujours et qui inscrit son amour à l’intérieur de plus grand que lui-même.

Dans un état de droit, l’institution sociale est là pour aider la vie des couples et des familles, non pour les brimer. En principe, elle n’est pas leur ennemie. Elle protège leur sphère privée, à l’intérieur de laquelle se situe l’exercice de leur paternité et de leur maternité. Elle contribue à leur libre développement. À l’inverse, un couple non institutionnalisé vit objectivement dans une situation de précarité. L’État peut y intervenir beaucoup plus facilement.

Bref, à divers degrés, l’enfant supporte en grande partie le poids des « familles postmodernes ». Voilà une réalité malheureusement vieille comme le monde : les plus faibles paient pour les plus forts. Il n’est donc pas étonnant que l’Église prenne à cœur « la cause des enfants18 », sans pour autant se désintéresser du bien légitime de leurs parents. Ne possède-t-elle pas dans son code génétique une option préférentielle pour les pauvres et les petits ?

Conclusion

Dans cette brève analyse, nous avons tenté de discerner les plus petits communs dénominateurs entre quatre « familles postmodernes » et de saisir leur logique constructiviste. Nous avons tâché de nous mettre à l’écoute de leurs réalités respectives, telles que celles-ci sont effectivement vécues par les adultes et les enfants.

En deçà d’un certain pluralisme relativiste19, nous avons ainsi apporté quelques éléments de réponse à deux des nombreuses questions posées par la démarche synodale sur la famille20, prémisses à une réflexion sur l’action pastorale à mener :

Quels sont les résultats les plus importants concernant les aspects (positifs ou non) du changement anthropologique et culturel ? (…) Perçoit-on la possibilité de trouver des éléments communs dans le pluralisme culturel ?

Comment l’action pastorale de l’Église réagit-elle à l’expansion du relativisme culturel dans la société sécularisée et au rejet qui en découle, de la part de beaucoup, du modèle de famille formé d’un homme et d’une femme unis par le lien conjugal et ouvert à la procréation21 ?

Notes de bas de page

  • 1 Secrétariat général du Synode des Évêques, Instrumentum laboris. Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation, Cité du Vatican, 2014, § 1.

  • 2 Cet article est le fruit d’une contribution au colloque du 21 au 24 février 2015, organisé par le Sint-Janscentrum de Bois-le-Duc, et par la faculté de théologie de l’Université Jean-Paul ii de Cracovie, sous la conduite de Filip De Rycke : « La liberté religieuse, le relativisme et la sécularisation dans nos sociétés modernes et leurs implications pour la situation de l’Église ». Les actes de ce colloque sont en cours de publication aux éditions Betsaida, ’s-Hertogenbosch, Pays-Bas.

  • 3 Instrumentum laboris (cité n. 1), question 2.

  • 4 M. Fournier, « La parenté réinventée », dans V. Bedin, M. Fournier (dir.), La parenté en question(s), Paris, Seuil, 2013, p. 101.

  • 5 I. Théry, Le démariage. Justice et vie privée, Paris, Odile Jacob, 1993, p. 330.

  • 6 Id., « Le démariage et la filiation », Dialogue 141 (1998), p. 11-17.

  • 7 X. Lacroix, De chair et de parole. Fonder la famille, Paris, Fayard, 2007, p. 35.

  • 8 Cf. O. Bonnewijn, Parents aux lendemains du divorce, Paris, Parole et Silence - éd. de l’Emmanuel, 2010, p. 15-29.

  • 9 Selon Jean-Paul ii, « la communion conjugale constitue le fondement sur lequel s’édifie la communion plus large de la famille, des parents et des enfants, des frères et des sœurs entre eux, des parents proches et autres membres de la famille » (Familiaris consortio 21). Le lien conjugal génère le lien parental, non l’inverse. Selon le dessein divin, inscrit au cœur de tout humain, l’enfant est appelé à éclore, à se nourrir, à croître et à se déployer au sein de la communion des époux, de l’alliance de leur cœur et de leur vie. Cette réalité, éclairée par la révélation chrétienne, est d’ordre profondément naturel et est perceptible en principe par la raison philosophique.

  • 10 X. Lacroix, « La dissociation entre conjugalité et parentalité », dans Quel avenir pour la famille ? Le coût du non-mariage, Paris, Bayard, 2006, p. 245.

  • 11 G. Delaisi de Parseval, « Le temps des mères porteuses », Le Monde, 11 fév. 2008, p. 16 ; Id., Famille à tout prix, Paris, Seuil, 2008.

  • 12 Cf. O. Bonnewijn, « Gender qui es-tu ? », dans Gender, qui es-tu ?, Paris, éd. l’Emmanuel, 2012, p. 163-229.

  • 13 J. Arènes, « Le coût psychique du non-mariage », dans Quel avenir pour la famille ? (cité n. 10), p. 201.

  • 14 Ibid.

  • 15 « La famille est un fait anthropologique, et par conséquent un fait social, de culture, etc. », explique le pape François. « Nous ne pouvons pas la qualifier avec des concepts de nature idéologique, qui ont force seulement à un moment de l’histoire, et puis déclinent. On ne peut pas parler aujourd’hui de famille conservatrice et de famille progressiste : la famille est famille ! Ne vous laissez pas définir par ce concept ou d’autres de nature idéologique. La famille a une force inhérente » (Pape François, Discorso ai partecipanti al Colloquio internazionale sulla complementarietà tra uomo e donna, organisé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 17 nov. 2014).

  • 16 Cf. X. Lacroix, De chair et de parole (cité n. 7), p. 40-41.

  • 17 Cf. M. Regnerus, « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structure Study », Social Science Research 41 (2012), p. 752-770 ; American College of Pediatricians, Homosexual Parenting : Is It Time For Change ?, 2013, <http://www.acpeds.org/the-college-speaks/position-statements/parenting-issues/homosexual-parenting-is-it-time-for-change> (consulté le 28 mai 2015).

  • 18 Titre d’un ouvrage de Françoise Dolto (Paris, Pocket, 2007) qui considère le monde d’abord du point de vue de l’enfant et de ses intérêts. Selon la sociologue Sandrine Garcia, cette « cause des enfants » peut desservir ce qu’elle appelle la « cause des femmes » : un « puérocentrisme » mal compris menace l’émancipation et l’épanouissement des femmes (Mères sous influences. De la cause des femmes à la cause des enfants, Paris, La Découverte, 2011).

  • 19 En lui-même, le pluralisme n’est pas nécessairement relativiste. Bien au contraire !

  • 20 Cf. l’analyse de S. Kampowski, « “Elementi costruttivi” nelle unioni non coniugali : il sinodo del 2014. Analisi particolari », dans Famiglie diverse : espressioni imperfette dello stesso ideale ?, Cantagalli, Siena, 2015, p. 73-104.

  • 21 Secrétariat général du synode des évêques, Instrumentum laboris (cité n. 1), questions 2 et 4.

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