La vie communautaire se déploie sur un irréductible fond d’incertitude, car toute communauté est constituée d’une alliance de libertés, alliance toujours précaire, exposée à l’avenir comme est exposée une promesse. À l’école de Luigino Bruni, confesser distinctement l’ignorance foncière de l’avenir offre un angle privilégié pour identifier les trois catégories fondamentales que notre auteur propose pour entrer dans l’intelligence de toute vie communautaire : personnes, charisme, structures, chacune étant ouverte à l’avenir.
« Tout homme, chaque génération est un nouveau commencement », écrivait en 2007 le pape Benoît xvi dans son encyclique consacrée à l’espérance chrétienne, Spe salvi1. « Nouveau commencement », chaque génération l’est dans la mesure où ses choix ne peuvent se réduire au seul prolongement du passé, à la seule fructification d’un héritage, car, lorsque l’on considère cette étonnante puissance qu’est la liberté, qui signale sans doute la dimension la plus profonde de l’expérience humaine, il devient manifeste que le plus bel et le plus précieux des héritages, que le plus grand « trésor moral de l’humanité », ne sera jamais réductible à une présence inerte, comparable à cette présence des « instruments que l’on utilise », et ne pourra jamais exister autrement que « comme invitation à la liberté et comme possibilité pour cette liberté2 ».…