Un renouvellement essentiel dans l’édition des écrits de Thérèse de Lisieux

Jean Clapier ocd
Les récents travaux de Conrad De Meester offrent une remarquable synthèse thérésienne, à la fois exégétique, biographique, spirituelle et doctrinale. Son apport majeur est la justification de la restitution de l’ordre exact des trois principaux manuscrits de Thérèse, désignés selon leur destinataire. Le sigle “A” reste inchangé (Agnès de Jésus). “C” devient “G” (Marie de Gonzague) et “B” devient “M” (Marie du Sacré-Cœur). “A” est immédiatement suivi de “G” et “M” est placé à la troisième place. Place qui fut toujours la sienne de 1898 à 1956. ABC (Père François) devient ainsi AGM. Dépassant le “piège d’une chronologie mal comprise”, la pertinence existentielle et spirituelle de l’Histoire d’une âme est retrouvée, dans le respect de l’intention originelle de son auteur.

Quiconque aime Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, et désire approfondir la vérité de ses écrits, ne peut ignorer les récents travaux du P. Conrad De Meester. Ils constituent un apport aux études thérésiennes en tout point remarquable et destiné à faire date.

Après la Nouvelle édition du Centenaire (1992), s’appuyant sur le travail retentissant du P. François de Sainte-Marie (1956) relatif aux principaux manuscrits de Thérèse1, et en l’élargissant, avec la même rigueur, à l’ensemble de ses écrits2, après la publication de la riche documentation iconographique, réalisée par Pierre Descouvemont et Helmuth Nils Loose (1991, 1995)3, après la parution de la Concordance générale (1996)4 et l’essai de la « mise au point chronologique » de l’édition de Jean-François Six (1997)5, il semblait que tout était fait, de manière exhaustive et définitive, en matière d’édition scientifique des œuvres de Thérèse, de l’exploration de leur contexte et de leur genèse. On pouvait le penser : il ne restait plus rien à faire ; ou si peu, au plan de la critique textuelle.

Force est de reconnaître qu’il n’en est pas ainsi. Et cela depuis 1999. À cette date, Conrad De Meester publiait une Histoire d’une âme de Sainte Thérèse de Lisieux6. Cette nouvelle édition ne manqua pas de surprendre, d’étonner, voire de contrarier… Pourquoi une nouvelle édition critique des principaux manuscrits de Thérèse, poussant le zèle jusqu’à proposer une autre disposition que celle universellement admise et connue depuis 1956 ?7 Une telle entreprise est-elle justifiable ? De quelle utilité est-elle pour la lecture des textes de Thérèse ? N’apporte-elle pas plus de confusion que de clarté ? Un simple article, voire un livre, sur une question si particulière, n’aurait-il pas suffi ?…

I Une édition parfaitement justifiée

Or, six années après, attentif aux rares critiques officiellement exprimées8, C. De Meester reprend à nouveaux frais son étude sur l’Histoire d’une Âme et publie une nouvelle édition9, avec une Justification entièrement revue et augmentée, de plus de 60 pages10. Ce travail impressionnant de précision et d’érudition est l’aboutissement d’une persévérante recherche, amorcée au moins depuis 199711. Outre la Justification, l’ouvrage présente de substantielles introductions aux trois principaux manuscrits de Thérèse (p. 83-99 ; 261-273 ; 335-348) et à son Offrande à l’Amour (p. 369-373). Ces pages offrent une remarquable synthèse thérésienne, à la fois exégétique, biographique, spirituelle et doctrinale. Nous invitons spécialement le lecteur à prendre connaissance de l’introduction à la Lettre à Sr Marie (p. 335-348). C. De Meester nous fait goûter, avec bonheur, à la sagesse du Christ dont Thérèse était emplie. À cette présentation générale, ajoutons aussi la présence d’une illustration photographique et de sept annexes.

Que dire aujourd’hui de cette nouvelle édition ? Avant tout que l’entreprise est pleinement justifiée au regard de l’ample dossier désormais constitué. Rien n’a été laissé au hasard. Tout a été minutieusement évalué. Avec clarté et honnêteté intellectuelle, tact et fermeté. Essayons d’en explorer les veines principales.

En premier lieu, relevons l’intention fondamentale de l’auteur : « Notre intention n’est pas d’offrir simplement une alternative facultative dans la présentation de l’ordre des documents en revenant à la structure primitive de l’Histoire d’une Âme, mais d’exposer comment l’ordre que nous présentons est le seul légitime dans le cadre d’une édition critique de l’Histoire d’une Âme » (p. 20-21). Cette ambition n’est pas présomption, mais souci de vérité. Elle n’aboutit pas à une reconstruction hasardeuse versant dans l’arbitraire ou l’artificiel. Elle est une fine analyse redécouvrant le bien-fondé de la disposition originelle des trois principaux manuscrits de Thérèse. Ce faisant, C. De Meester ne nous communique pas une simple œuvre secondaire, s’ajoutant à la masse des travaux déjà réalisés sur la sainte de Lisieux. Il ouvre, bel et bien, une nouvelle ère éditoriale de ses écrits. Dès 1999, le P. Raymond Zambelli, alors recteur de la Basilique de Lisieux, avait remarqué « le véritable renouveau de l’étude et de l’approche thérésienne » que léguait la contribution de De Meester12. Celle-ci est effectivement novatrice. Elle l’est pour quatre raisons essentielles et interdépendantes, que nous pouvons ainsi formuler :

  1. L’autobiographie (ou « manuscrits autobiographiques ») de Thérèse ne comporte que deux parties : la première, rédigée en 1895 pour mère Agnès (le manuscrit A) ; la seconde, rédigée en juin et juillet 1897 pour mère de Gonzague (le manuscrit G). Cette seconde partie est le complément direct de la première. Dès les premières lignes, Thérèse affirme de façon explicite qu’elle « achève » ce qu’elle « a commencé » pour mère « Agnès de Jésus ». « Les deux manuscrits autobiographiques forment une unité narrative, littéraire et intentionnelle qu’il n’est pas légitime de désunir, ce que Thérèse et ses sœurs n’ont d’ailleurs jamais fait en préparant le livre » (p. 44). « Une édition critique doit avant tout respecter le travail accompli par l’auteur même » (p. 19).

  2. Au moment de la première édition du livre de 189813, à la suite de l’autobiographie laissée inachevée par Thérèse, a été « ajoutée » comme « troisième » partie — ce sont les termes mêmes des sœurs de Thérèse — la longue Lettre à Marie du Sacré-Cœur, de septembre 189614. Ce « manuscrit » de Thérèse n’est aucunement un manuscrit « autobiographique », comme le veut l’appellation qui lui a été donnée pour la première fois par le P. François, en 1956. Il parachève le chapitre onzième de Histoire d’une Âme. C’est un écrit magistral à visée didactique, essentiellement doctrinal. Formulée dans le style poétique qu’affectionne Thérèse15, la lettre est « une ample symphonie spirituelle ». Elle transmet « le fond de sa prière, son regard de contemplative et de mystique. Et de théologienne : c’est sa synthèse théologique », écrit De Meester (p. 335). Seule l’ordonnance AGM — la Lettre à Marie en troisième lieu —, permet au lecteur d’entrer en contact avec la vibration originelle du livre. L’édition de C. De Meester rend ainsi pleinement compte de la logique interne de l’Histoire d’une Âme conçue du vivant de Thérèse. Ce dernier point est peut-être encore ignoré de nombreux lecteurs16. « Si Thérèse et ses interlocutrices avaient jugé bon de couper le récit autobiographique en deux en y intercalant la Lettre à Marie, elles l’auraient fait. Si elles ne l’ont pas fait, c’est la preuve qu’elles ne l’ont pas jugé opportun » (p. 19-20).

  3. Mère Agnès a toujours maintenu cet ordre « opportun » et logique. Ce n’est qu’en 1956 que le P. François de Sainte-Marie a interpolé, de sa propre initiative, la Lettre à Marie entre les deux parties de l’autobiographie17. « Quels étaient alors les motifs du Père François ? Constatation étonnante : à aucun endroit des trois volumes de l’appareil critique de l’édition de 1956, l’éditeur ne donne la moindre explication de son intervention… Inattention incompréhensible, à ce niveau scientifique, sur un point central, et après une pareille rupture avec le travail de Thérèse elle-même et la tradition éditoriale jusqu’alors » (p. 18). « Le changement s’est fait sans aucun bruit. Le lecteur constate que c’est comme ça » (p. 58).

  4. De plus, « par l’inversion des deux manuscrits, en remettant la deuxième partie de l’Autobiographie de Thérèse après la Lettre à Marie du Sacré-Cœur, le père François de Sainte-Marie privait le lecteur, au cours de sa découverte de Thérèse, d’importantes informations historiques données par la sainte elle-même dans la deuxième partie de l’Autobiographie ; celles-ci sont absolument nécessaires pour comprendre, dans sa densité et sa logique existentielles, cette Lettre fondamentale à Marie du Sacré-Cœur, considérée comme un des textes majeurs ou simplement le texte majeur de Thérèse » (p. 19). Regardons plus en détail ce « piège d’une chronologie mal comprise » (p. 63).

II « Le piège d’une chronologie mal comprise »

Au vu même de la dimension événementielle, de la prise en compte du cours de la vie de Thérèse, la lecture proposée par C. De Meester est nécessaire. Nous avons eu l’occasion d’en vérifier la pertinence au plan pastoral, lors de l’exposition des écrits de Thérèse. En effet, le manuscrit G (C), deuxième partie de l’autobiographie de Thérèse, informe le lecteur de nombreux faits historiques importants, antérieurs à la rédaction de la Lettre à Sr Marie (M) de septembre 1896. Ces faits doivent être connus si l’on veut entendre et comprendre cette lettre atypique, en sa densité existentielle. De quels événements s’agit-il ? Rien de moins que la découverte de la “petite voie” ; les premières hémoptysies qui révèlent à Thérèse sa mort prochaine ; l’immersion soudaine dans “l’épreuve de la foi” ; sa nomination comme aide-maîtresse des novices, avec sa tâche d’enseignement ; l’entrée dans sa vie affective et spirituelle de ses deux “frères spirituels”, Maurice Bellière et Adolphe Roulland, lesquels ont grandement favorisé les désirs missionnaires de Thérèse (p. 67-68). Ces faits biographiques — entre autres —, ces événements déterminants de la vie de Thérèse, rapportés dans le manuscrit G (C), « précèdent » la rédaction de la Lettre à Sr Marie de septembre 1896. Or, le lecteur de l’édition du P. François de Sainte-Marie n’en sait encore rien. Comment peut-il alors saisir la véritable portée de cette lettre, entendre notamment, à sa juste mesure, la signification de l’allégorie du “petit oiseau” (M (B), 5 r° - v°) ?

L’ordre chronologique dans lesquels les manuscrits de Thérèse ont été composés18 diffère du rythme chronologique des événements qui y sont rapportés. Nous savons, par exemple, que l’exposition de la “petite voie” (G (C), 2 v° - 3 r°), rédigée en juin 1897, nous reporte, en sa genèse existentielle, à l’automne 1894. Par conséquent, en vue de clarifier la controverse “chronologique” qui a trop longtemps obscurci le débat sur la classification des écrits de Thérèse, il importe d’établir un constat essentiel : la chronologie rédactionnelle des trois grands manuscrits de Thérèse ne communique pas la chronologieévénementielle ou factuelle que ces trois manuscrits exposent. Ce qui semble avoir échappé à l’attention de François de Sainte-Marie. C’est pourquoi De Meester parle du « piège d’une “chronologie” mal comprise » (p. 63). En ne l’évitant pas, le P. François de Sainte-Marie affaiblit la force persuasive du livre ; du moins sa pertinence existentielle, à laquelle l’articulation primitive (AGM ; et non ABC) permet d’accéder.

III Dépasser le poids des « forces éditoriales »19

Depuis 1956, il est vrai, nous sommes tous habitués à l’ordonnance chronologique ABC et à l’appellation “autobiographique” indifféremment donnée aux trois principaux manuscrits de Thérèse20. Cependant, les progrès qu’apportent les derniers travaux de C. De Meester appellent un dépassement, parce qu’ils ne permettent plus de suivre l’ordonnance du P. François de Sainte-Marie. Son « édition restitue simplement la vérité » (Bernard Bro)21. À l’appui d’une claire argumentation, elle « rétablit l’ordre exact des manuscrits » (Cardinal Godfried Danneels)22. Par égard pour les éditeurs actuels, pouvait-on alors conserver les anciens sigles — ainsi qu’il a été parfois suggéré - et mettre le C avant le B (ACB) ? Cette solution ne peut guère être retenue pour la simple raison que l’ordre alphabétique induit un ordre numérique : on ne peut faire logiquement figurer un « C » à la deuxième place, ni un « B » à la troisième23.

La répartition proposée par C. De Meester n’est donc ni une reconstruction arbitraire, ni un caprice de spécialiste, ni une entorse irrecevable à la chronologie suivie par François de Sainte-Marie24 et moins encore une opportunité commerciale.

Sans entrer dans le détail d’une démonstration serrée25, retenons, en définitive, le point suivant : l’édition critique d’une œuvre doit respecter l’intention de son auteur et présenter le texte dans sa teneur primitive, celle conçue initialement par l’auteur. Or, seule l’ordonnance originelle AGM, c’est-à-dire les deux parties de l’autobiographie suivies de la Lettre à Sr Marie, respecte l’intention éditoriale première.

La chronologie rédactionnelle des écrits d’une œuvre est, certes, utile à connaître. Elle est même nécessaire à prendre en compte pour cerner au plus près l’itinéraire spirituel de l’auteur, l’évolution et la structuration de sa pensée, son expérience intérieure. La lecture diachronique des œuvres de Thérèse sera toujours précieuse, opportune. La question que pose et éclaire l’édition de De Meester est autre. Elle relève du respect de l’intention éditoriale primitive d’un auteur et de l’ordonnance originelle de ses œuvres écrites. Ce point d’attention est tout simplement primordial lorsqu’on entend réaliser une “édition critique”.

Nous voudrions terminer en soulignant un autre aspect qui nous est apparu essentiel dans l’étude du présent dossier. L’Histoire d’une Âme n’est pas une œuvre banale. Sa diffusion depuis 1898, traduite en plus de cinquante langues, a touché près de 500 millions de lecteurs. Les bienfaits spirituels de sa lecture demeurent ; qu’elle soit lue avant ou après 1956. Cependant, nul ne contestera que le jaillissement initial de l’Histoire d’une Âme manifesta d’emblée une « capacité de persuasion et de communication »26 universelle, révélatrice d’un dessein de Dieu. Sa diffusion étonnante revêt une dimension providentielle et charismatique, assimilée à « un phare que la main de Dieu a allumé au seuil d’un siècle atomique » (Yves Congar)27. Son ordonnance originelle permet de l’apprécier davantage. La redécouvrir n’est pas un simple « détail », remarque B. Bro. À vrai dire, elle « donne la clef d’or de toutes les intuitions thérésiennes »28.

L’apport de C. De Meester peut, certes, gêner les habitudes, bousculer le poids des « forces éditoriales » établies depuis 1956 et suivies par l’édition du Centenaire (1992). Pourtant, si l’on entend respecter et, par suite, accueillir tout progrès dans le domaine des études thérésiennes, l’avenir devra assumer les exigences de la vérité. “Amicus Plato, magis amica veritas”. En bref, une nouvelle édition critique des Œuvres complètes de Thérèse de Lisieux ne pourra guère conserver le choix du P. François de Sainte-Marie.

Notes de bas de page

  • 1 Édition en fac-similé par François de Sainte-Marie, Lisieux, OCL, avec trois vol. d’introductions, notes et tables (Mss I, II, III). Rappelons que le Père François de Sainte-Marie publia ces trois manuscrits selon leur ordre chronologique de rédaction, bouleversant ainsi l’ordre primitif de l’Histoire d’une âme. Il les désigna, suivant cet ordre choisi par lui, par les lettres A, B et C, et les rangea tous trois sous l’épithète « autobiographique ».

  • 2 En huit volumes : Manuscrits autobiographiques, La première histoire d’une âme (1898), Correspondance générale (2 vol.), Poésies, Récréations pieuses ~ Prières, Derniers Entretiens, Dernières Paroles (synopse), Paris, Cerf / DDB, 1973-1992.

  • 3 Thérèse et Lisieux, Paris, Cerf / Orphelins Apprentis d’Auteuil / OCL / Novalis, 1991, 336 p. ; Sainte Thérèse de Lisieux, La vie en images, Paris, ibid., 1995, 519 p.

  • 4 Les mots de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Concordance générale, Paris, Cerf, 959 p.

  • 5 Thérèse par elle-même, Paris, DDB / Grasset, 1997, trois volumes : Scrupules et Humiliations, Tous ses écrits de son entrée au Carmel (9 avril 1888) à Noël 1894, 334 p. ; L’Amour et la Confiance, Tous ses écrits de janvier 1895 à Pâques 1896, 322 p. ; L’Épreuve et la Grâce, Tous ses écrits de Pâques 1896 (5 avril) à sa mort (30 septembre 1897), 394 p.

  • 6 Histoire d’une âme de Sainte Thérèse de Lisieux selon la disposition originale des Autographes nouvellement établie par Conrad De Meester, Moerzeke, Carmel-Edit, 1999, 367 p. (voir recension infra p. 94).

  • 7 Le Père Conrad De Meester désigne les manuscrits selon leur destinataire. Le sigle “A” reste inchangé (Mère Agnès de Jésus). “C” devient “G” (Mère Marie de Gonzague) et “B” devient “M” (Sœur Marie du Sacré Cœur). Dans son édition, qui comprend en épilogue l’Offrande à l’Amour miséricordieux, A est immédiatement suivi de G, et M est placé à la troisième place. Place qui fut toujours la sienne de 1898 à 1956. ABC (Père François) devient AGM.

  • 8 Voir Martinez-Blat V., « Un conato de revolución en torno a la “Historia de un alma”, dans San Juan de la Cruz 24 (1999) 219-226 et la réponse de C. De Meester, « A proposito de la nueva edicion critica de la “Historia de un Alma” », dans San Juan de la Cruz 26 (2000) 233-245 ; article repris en français : « Lettre à un ami au sujet de la nouvelle Édition critique de l’Histoire d’une Âme », dans Vie thérésienne 161 (janvier-mars 2001) 67-81 ; Martinez-Blat V., « Anotaciones en torno a una tesis polemica : le verdadero lugar que debe ocupar le Manuscrito “B” en la Historia de un Alma », dans San Juan de la Cruz 27 (2001) 111-126 ; Fr. Marie-Jean de la Rédemption, « L’Histoire d’une âme selon le Père Conrad De Meester », dans Carmel 104 (juin 2002) 85-97 et la réponse de C. De Meester, « Je vois plus et… autrement, Réponse formulée à l’invitation de Carmel », dans Carmel 104 (juin 2002) 99-109.

  • 9 Thérèse de Lisieux, Nouvelle édition critique par Conrad De Meester, Histoire d’une Âme, Paris, Pr. de la Renaissance, 2005, 402 p. [désormais siglé HAC].

  • 10 Voir HAC, la Justification (p. 17-80), exposée en treize points : 1. Une première approche générale de la question éditoriale ; 2. La “biographie” initiale de 1898 ; 3. Le travail de Mère Agnès ; 4. Les fameuses “variantes” de 1898 : et pourquoi pas ? ; 5. Carences et mérites de Mère Agnès ; 6. La “continuation” du premier manuscrit autobiographique ; 7. La première “équipe éditoriale” de l’Histoire d’une Âme en 1897-1898 ; 8. La Lettre à sœur Marie du Sacré Cœur ; 9. La voie erronée empruntée en 1956 par le P. François ; 10. Le piège d’une “chronologie” mal comprise ; 11. Notre édition et ses conventions ; 12. L’actualité de Thérèse ; 13. “Je ne connais rien de plus grand”.

  • 11 Une recherche qui aboutit à une première contribution, « De la cellule de Thérèse de Lisieux à l’atelier de l’imprimeur, Le tout début de l’Histoire d’une Âme », communiquée lors du Colloque « Thérèse et ses théologiens », les 17-19 novembre 1997, à l’Institut Catholique de Toulouse ; et publiée à Paris / Toulouse, éd. Saint-Paul / éd. du Carmel, en avril 1998 ; voir p. 13-51.

  • 12 Zambelli R., « Nouvelle édition critique de l’Histoire d’une Âme, une véritable révolution », dans Thérèse de Lisieux 790 (juin 1999) 9.

  • 13 Intitulé « Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face », avec la première section biographique, que le sous-titre du livre a appelée « Histoire d’une Âme » ; les deux autres sections étant les « lettres » et les « poésies ».

  • 14 Le manuscrit M (ms B dans l’édition du P. François).

  • 15 Claude Langlois l’appelle “Le poème de septembre”. Voir son approche littéraire et exégétique de cet écrit majeur de Thérèse dans Langlois Cl., Le poème de septembre, Lecture du Manuscrit B de Thérèse de Lisieux, Paris, Cerf, 2002, 240 p.

  • 16 Voir HAC, 7. La première “équipe éditoriale” de l’Histoire d’une Âme en 1897-1898 : « La première personne qu’il faut mentionner est Thérèse » ; laquelle « pense activement au futur livre et y collabore consciemment » (p. 44-45). L’A. énumère ensuite cinq “indices” attestant l’implication directe de Thérèse dans le projet de publication.

  • 17 Le P. François faisait ainsi arbitrairement, de la Lettre à Marie, un « B » et un écrit « autobiographique ».

  • 18 Autrement dit, la chronologie de la naissance des trois grands manuscrits de Thérèse.

  • 19 L’expression est de Noëlle Hausman. Voir sa recension de la première publication (1999) de C. De Meester, dans NRT 122 (2000) 150.

  • 20 Ce qui n’est pas juste, il faut le répéter, pour le “B” (M), la Lettre à Sœur Marie. À ce propos, on ne peut qu’être étonné et regretter qu’une toute récente réédition des trois grands manuscrits de Thérèse, se présentant comme “revue et corrigée”, proposée pour le “80e anniversaire de la Canonisation”, s’intitule encore “Manuscrits autobiographiques” ; et ne tienne aucun compte des apports scientifiques réalisés depuis 1999, par le travail de C. De Meester. Voir Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Manuscrits autobiographiques, Édition critique du Centenaire, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Cerf / DDB, 2005, 459 p.

  • 21 Voir HAC, Avant-propos, p. 12.

  • 22 Voir HAC, Préface, p. 9.

  • 23 Les choses eussent été toutes différentes si les sigles adoptés ne suivaient pas strictement un ordre alphabétique, par exemple : S, D, E. Il n’y aurait eu aucun problème pour conserver les mêmes sigles et utiliser l’ordre S, E, D.

  • 24 Que Sœur Geneviève, sœur de Thérèse, âgée de 87 ans en 1956, et décédée en 1959, n’ait pas réagi, ne signifie aucunement un soutien, même tacite, à la nouvelle répartition des manuscrits opérée par le P. François de Sainte Marie. Le ton et surtout le contenu de son « suprême témoignage », écrit en 1950 (voir HAC, p. 48-49, 61-62) exprime sans équivoque possible sa pensée sur l’unité des deux seuls manuscrits qui forment l’Autobiographie de Thérèse. Ses autres témoignages (voir HAC, p. 59, note 92) affirment clairement qu’à ses yeux la Lettre à Sœur Marie est un ajout destiné à figurer à la « troisième » place dans l’Histoire d’une âme.

  • 25 Voir le débat autour de Mère Agnès et la portée réelle de ses « 7000 interpolations » (p. 31s.), les pressions des Pères Prémontrés sur elle (p. 28s.), l’avis du P. Gabriel de Sainte Marie-Madeleine (p. 62-63)… etc.

  • 26 Jean-Paul II, Lettre apostolique Divini Amoris Scientia n° 7 ; voir Doc. Cath. 2169 (94, 1997) 904.

  • 27 Congar Y., Pour une église servante et pauvre, Paris, Cerf, 1963, p. 123.

  • 28 HAC, Avant-propos, p. 13.

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