Confucius et Aristote. Essai sur la politique et les cultures, préf.M. Bastit et G. Baud-Berthier

Jean Golfin
Philosophie - Recenseur : André Haquin

Jean Golfin (1921-2017), de formation aristotélicienne et thomiste, a été dominicain de 1949 à 1969. Il a continué par après à étudier les civilisations occidentales et orientales, notamment chinoise.

Dans le présent écrit, publié à titre posthume et enrichi de notes et de divers index, le lecteur trouvera une approche de la conception de la politique et du gouvernement, tant chez Confucius (vie s. av. J.-C.) que chez Aristote (384-322), malgré les multiples différences qui les séparent, de contexte culturel, d’époque, de personnalités, d’approches, etc. L’A. estime que « sur ce qui est fondamental, Aristote et Confucius pensent et disent la même chose » (p. 48). On pourra revenir sur cette affirmation en finale. L’œuvre de Confucius est approchée à partir des Entretiens, celle d’Aristote à partir de l’Éthique à Nicomaque et de la Politique. Après une 1re part. consacrée aux « principes de base », il est question du « bon gouvernement », notamment grâce à la « vertu », c.-à-d. la qualité morale des dirigeants, du roi dans le cas de Confucius, de l’oligarchie ou de la démocratie, pour ce qui est de la Grèce d’Aristote. Le gouvernement des peuples est une œuvre de civilisation, une recherche d’harmonie entre les personnes et la société. Le bien commun doit viser le bonheur non seulement des gouvernants mais des gouvernés. Le sage Confucius souligne les qualités que doit avoir le prince, Aristote pose comme condition que les gouvernants s’adonnent à la contemplation et à la philosophie. Les deux auteurs soulignent l’importance de la prise en compte du droit naturel pour atteindre cet objectif exigeant. Plusieurs vertus comme le courage, la tempérance, la justice, la magnanimité sont indispensables. Les rites et la musique peuvent y aider, car ils donnent une place à chacun et permettent d’expérimenter l’égalité des supérieurs et des inférieurs. Le « bon gouvernement » repose notamment sur l’éducation, tantôt plus pratique en Chine, tantôt facilitée à Athènes par la lecture et l’écriture, la géométrie et les arts. Le fondement de la politique en Grèce est la loi, tandis qu’en Chine, c’est la personne du monarque.

Quant à la question de départ sur la possibilité de rapprocher pareillement Confucius et Aristote, on peut, me semble-t-il, en discuter. Y a-t-il « analogie » entre la situation chinoise et celle de la Grèce, deux siècles plus tard ? Dans ce cas, les ressemblances domineraient. Dans l’autre, les spécificités propres à chaque situation l’emporteraient. Chacun pourra se faire son jugement à la lecture de cet écrit stimulant. — A.H.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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