Expérience féminine et résurrection. De la mère maccabéenne aux vierges martyres chrétiennes

Christel Koehler
Théologie - Recenseur : Emmanuelle Billoteau

Le titre renvoie bien au contenu de l’ouvrage, mais laisse dans l’ombre le fil conducteur porté par des réalités très contemporaines : à savoir, l’occultation de la mort, l’effacement d’une pastorale de l’au-delà et la perte plus ou moins conscientisée de la foi en la résurrection, même chez des chrétiens pratiquants. Pour Christel Koelher, dont les recherches se portent principalement sur la théologie biblique et l’écologie, ce phénomène pourrait être lié à l’évacuation de la dimension corporelle (corps individuel et corps communautaire) dans les discours qui, jusqu’à aujourd’hui, ont tenté de rendre compte de la foi en la résurrection, c.-à-d. en la vie plus forte que la mort. Ce qui conduit l’A. à visiter l’Écriture à frais nouveau et en mode de lecture narrative ainsi que les témoignages de l’Église ancienne sous l’angle de la foi en la résurrection – non seulement de l’esprit mais de l’intégralité de l’être, indissociablement corps et âme. Sa perspective est celle de l’expérience des femmes bibliques et des vierges et martyres chrétiennes qui sont pour elle des figures privilégiées d’une foi existentielle ou expérientielle en la résurrection, et non d’une foi simplement notionnelle. Le texte biblique de référence est 2 M 7 dans lequel une mère juive confesse sa foi en la résurrection des corps, exhortant son dernier fils à ne pas enfreindre la Loi par peur de la mort. L’A. établit un lien entre maternité et foi en la résurrection des corps et/ou plus largement entre le rapport au corps spécifiquement féminin – don de la vie, soin des corps vivants ou morts... – et la foi en la résurrection. Elle replace la femme de 2 M dans la lignée de celles qui l’ont précédée : Anne la mère du jeune Samuel qui proclame dans son cantique le fait que la vie et la mort appartiennent à Dieu (1 S 2,6) ; la nécromancienne d’En Dor qui fait remonter Samuel des enfers et nourrit Saül exténué (1 S 28,3-25), Ritspah qui protège le corps de ses fils massacrés (2 S 21,8-11). L’A. élargit ensuite son propos aux femmes du NT – Marie, la mère de Jésus, Marie de Magdala, femmes guéries dans leur corps –, puis aux vierges et martyres qui témoignent de leur foi en s’engageant corps et âme, telles Thècle, Blandine et bien d’autres. Cet angle d’approche s’appuie sur une large documentation exégétique, historique, théologique, doctrinale relative à l’émergence progressive de la foi en la résurrection en Israël, aux croyances concernant la mort et l’au-delà dans les religions antiques, aux écrits apocryphes, à des questionnements contemporains. L’ouvrage offre donc de multiples pistes à qui veut approfondir la foi en la résurrection et relever ses défis. — E. Billoteau

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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