Face à l'éco-anxiété, quelle espérance pour ne pas sombrer ?

Johannes Herrmann
Spiritualité - Recenseur : François Odinet

« Contrairement à la question du changement climatique, la disparition de la vie sauvage ne fait pas peur à nos sociétés. Elles ont tort. » Ces mots de l’intro. (p. 8) se déploient dans le chap. 1 : Johannes Herrmann explique en termes expérientiels la réalité de l’extinction en cours, et sa colère devant l’incompréhension collective. En forme d’éco-biographie succincte, les chap. 2-3 racontent comment l’A. est devenu sensible à ce danger, et comment il a découvert que des formes de protection du vivant pouvaient réussir. Poursuivant la trajectoire biographique, les chap. 4-5 montrent qu’une prise de conscience politique ne parvient pas à advenir. Le chap. 6 raconte comment l’engagement écologique et le chemin de foi de l’A. se sont entrecroisés, non sans heurts, dans la mobilisation de mouvements chrétiens bien avant la parution de Laudato Si’ en 2015 ; mais l’A. insiste sur ce que l’encyclique les a fait sortir de la marginalité, légitimant aussi la réflexion chrétienne dans le mouvement écologique. Il termine cependant sur le constat que le confinement de 2020 a détourné les chrétiens français de la transition écologique. Le chap. 7 décrit, non sans amertume, l’inadéquation actuelle entre la petite taille des entreprises de protection et l’immensité du danger.

Plus confessant, le chap. 8 s’interroge alors sur l’espérance. Il s’ouvre sur une question lancinante : que faire de plus, alors que tant d’initiatives ont déjà fleuri et n’ont guère ébranlé une large indifférence ? « Reste alors cette folie qu’est l’espérance » (p. 99). Elle trouve, pour l’A., une manifestation dans les actes des lanceurs d’alerte, qui surgissent dans l’espace public et paraissent fous ; mais, ajoute-t-il en suivant Lc 19, « s’ils se taisent, la Terre criera » (p. 102). L’espérance se présente alors comme la flamme qui donne de continuer le combat ; ainsi s’incarne, conclut l’A., la parole de « prophètes […] d’autant plus crédibles qu’ils n’ont pas d’arche où se réfugier » (p. 103). — F.O.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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