Le dernier ouvrage de Rémi Brague est très original. Il conteste les préoccupations déconstructivistes et individualistes de beaucoup d’essais contemporains sur le « je ». Le titre du livre semble viser ce « je », L’homme pressé (un titre emprunté à un roman de Paul Morand écrit en 1941), que l’A., dont la culture est immense dans de nombreuses langues, envisage d’un point de vue philosophique, en s’accompagnant comme souvent aujourd’hui de suggestions venues des Écritures. L’expérience de vie considérée ici est sans doute « chrétienne », mais sur la base d’une simple humanité. C’est surtout l’usage paulinien du terme « pressé » (p. ex. dans Col 1,24) qui va en révéler le sens humain. L’expression « pressé » fait signe autant vers l’espace (comme quand on dit « être pressé » de tous les côtés dans un autobus ») que vers le temps (« excusez-moi, je dois courir, je suis pressé »). Notons le mode « passif » de l’expression, mais dont…