La Révélation aujourd'hui. Foi et raison en dialogue
(dir.) Camille de Belloy (dir.) Gonzague de Longcamp c.s.j.Théologie - Recenseur : François Odinet
Pour célébrer le 25e anniversaire de l’encyclique Fides et Ratio, des théologiens de l’Université Catholique de Lyon réfléchissent aux coordonnées actuelles d’une théologie de la révélation. Après une ouverture sur la « folle sagesse » de Dieu selon Paul (F. Lestang), trois échos sont donnés à la pensée de Thomas d’Aquin. L’un est direct : C. de Belloy établit que le revelabile chez l’Aquinate désigne, non un domaine mais un mode de connaissance. Les deux autres comparent Thomas à des penseurs contemporains : la place de l’intelligence chez l’Aquinate contraste avec les théologies qui insistent sur la Révélation comme événement ou rencontre (M. Sabathé) ; quant à H. Donneaud, il conteste la lecture du docteur angélique par Marion dans son D’ailleurs, la Révélation.
La 2e part. scrute les relations entre foi et raison. E. Gabellieri invite à sortir de la dichotomie entre ordre naturel et ordre surnaturel, et promeut l’idée d’une polarité entre foi et raison, au sein de laquelle circule l’amour de la vérité. R. Cheaib examine le désir de la vérité pour y déceler, dans une veine blondélienne, la vérité du désir, tandis que J.-D. Chomette oppose l’idée d’un accomplissement de toute réalité humaine dans le Christ, clé de la théologie de Lubac, à l’humanisme athée examiné par celui-ci – qui le reconduit à l’assurance que la foi rencontre la recherche essentielle à l’être humain.
Enfin, deux ouvertures au-delà de l’époque de Fides et Ratio apportent des compléments bienvenus. M. Bellion rend compte du Divine Action Project et montre comment la théologie de l’action divine et les lois de la physique peuvent être mises en relation. Quant à G. de Longcamp, il conclut en articulant les quatre dimensions essentielles à tout acte théologique, selon le pape François. — F.O.