Le Christianisme face aux autres religions. Jésus-Christ est le « centre de l’histoire »
Edouard-Marie GallezReligions - Recenseur : Xavier Dijon s.j.
Spécialiste des origines, tant du christianisme que de l’islam, Édouard-Marie Gallez délaisse la classification sociologique des religions où sont cochées telle et telle case de leur contenu (comme on peut le voir en certains textes de Vatican ii), pour adopter une approche résolument historique (comme y invite la riche tension de l’AT et du NT). Car le survol descriptif des religions se limite au comment de leur apparition, alors que leur déroulement sur la ligne du temps permet de saisir leur pourquoi.
Ce choix méthodologique permet aux chrétiens de reconnaître Jésus-Christ comme le centre de l’histoire et, par-là, d’une part, de comprendre l’originalité unique du christianisme par rapport aux religions qui le précèdent, d’autre part, d’inclure dans sa postérité des courants messianistes ou spiritualistes qui a priori ne sont pas considérés comme religieux, tels le marxisme ou le transhumanisme, mais qui s’expliquent en tant qu’ils inversent le mouvement trinitaire révélé par Jésus.
En ces contrefaçons-là, en effet, ce n’est plus l’Esprit qui conduit le monde par le Fils vers le Père, mais c’est l’homme qui, délaissant le Père (Créateur) puis le Fils (fondateur d’Église) et se prenant pour l’Esprit lui-même, assure son propre futur dans le monde seulement présent, sans que l’Église (en Occident surtout) lui rappelle avec assez de force que, par son Retour promis, le Christ lui ouvre un avenir combien plus désirable.
La lecture de l’ouvrage pourrait décourager nos contemporains qui se lancent dans la défense des droits de l’homme, l’écologisme, le décolonialisme, l’Islam, le New Age, l’ingénierie sociale, la religion unique, le wokisme, le team building, etc., dégonflés ici comme des baudruches dès lors que ces idéaux seraient vus comme autant d’absolus. Mais que ces militants veuillent bien se souvenir alors que le Christ a dit « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Un livre bien documenté, appelant les théologiens à rester vigilants. — X. Dijon s.j.