Le discernement des habitus. Autour de Charles De Koninck, postf. T. De Koninck

dir. Michel Boyancé dir. Bernard Guéry
Philosophie - Recenseur : Pascal Ide

Ce vol. dirigé par l’ancien doyen de l’IPC et l’un de ses actuels professeurs vise à faire connaître la pensée philosophique d’un grand disciple de St Thomas qui, bien que francophone (belge, ayant émigré au Canada, à la Faculté de philosophie de l’Université Laval), est beaucoup moins connu que ses deux célèbres collègues, Étienne Gilson et Jacques Maritain : Charles de Koninck. Mais, beaucoup plus que la distribution linguistique ou géographique, c’est l’orientation doctrinale qui spécifie les différents thomismes. Avec Maurice Dionne, Jacques de Monléon et d’autres, le thomisme québecois (dont on sait qu’il trouve sa principale continuation dans la Faculté de philosophie comparée, abrégée par son acronyme IPC) se caractérise par 3 traits qui sont 3 attentions minimisées, voire, pour la première, désertée, par les autres écoles thomasiennes : le mode de procédé (qui conduit à une distribution des disciplines en raison non point des objets matériels, comme les ontologies régionales, mais de l’ordo determinandi de la raison, et induit donc une méthodologie, plus, une formation propre de l’intelligence, autrement dit, des habitus spécifiques, ce qui explique le titre du collectif) ; la logique (dite classique vs la logique formelle) ; la philosophie de la nature (qui ne se réduit en rien à une philosophie des sciences, mais se présente comme une science, au sens aristotélicien, et même une sagesse dans son ordre propre, tout en dialoguant avec les sciences expérimentales). L’on ne s’étonnera donc pas de voir ces points principalement illustrés par les différents collaborateurs. S’ajoutent 2 autres interventions qui traitent de l’éthique et de la politique, ainsi qu’une mise au point documentaire sur les archives Charles de Koninck, ce vol., riche de synthèses et d’ouvertures, étant introduit et conclu par Thomas, le fils du philosophe, qui fut lui aussi doyen de la même faculté canadienne.

Les 4 chaires de l’IPC comprenant la métaphysique, l’on s’étonnera de l’absence de cette discipline, d’autant qu’elle est architectonique – sans rien dire de la théologie, que Koninck pratiquait volontiers : si l’introduction constate cette carence, elle ne la justifie en rien. Mais ne touchons-nous pas ici l’une des principales apories des thomismes, aporie qui polarise les approches françaises : Thomas était-il d’abord philosophe ou théologien ? — P.I.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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