Marie tendresse des pauvres
Maurice Zundel présentation Marc DonzéThéologie - Recenseur : Noëlle Hausman s.c.m.
Un ouvrage nouveau, dit le préambule de Marc Donzé, à qui a été confiée la réédition des pages parues sous le même titre en 2005, grâce aux bons soins de Maïté Soulié, présidente de l’Association Maurice Zundel de France. S’inspirant des textes alors choisis, l’actuel président de la Fondation Maurice Zundel de Suisse, a cependant organisé autrement les extraits retenus (souvent issus d’homélies ou de retraites), et les a présentés brièvement. L’introd. nous rappelle l’itinéraire marial personnel du théologien de Neuchâtel et elle prévient de ne pas aborder ses textes par des débats théologico-idéologiques ou selon les différentes manières de voir aujourd’hui le rôle de la femme : c’est d’une relation intérieure avec Marie qu’il faut partir, « par une expérience de vie, où sa présence donne lumière, force, consolation, espérance » (p. 12). C’était bien le cas de Zundel, depuis sa rencontre avec la « Vierge virginisante » (chap. 1), où il comprit que « tout dans ce monde peut être transfiguré » (p. 17). Les autres chapitres du recueil méditent sur les titres (Nouvelle Ève, Mère de Dieu, Mère des hommes…), les dogmes – à commencer par celui de l’Immaculée Conception qui fonde la conception virginale (« l’Immaculée Conception est précisément l’aspect intérieur de la conception virginale », p. 42), pour finir par l’Assomption, où se vérifie que sa maternité est bien fruit de l’Esprit – puis les mystères de Marie (« l’annonce faite à Marie et à Joseph », la Croix, sa mort spirituelle, une mort d’amour…) La pensée est audacieuse, qui se dit en formules frappées, sur la maternité de Dieu (p. 19) et l’assurance que « toute âme chrétienne est appelée à exercer la maternité divine » (p. 28), ou à propos de la Mère comme ostensoir de son Fils, depuis le premier instant de sa conception à elle (p. 52) ou encore, sur le silence de Joseph qui « se tait parce qu’il habite au-dessus de tout discours » (p. 111). On pourrait discuter sur le « couple virginal » de Jésus et de Marie, à l’origine de la nouvelle création (p. 60) – un couple « hors de la série », (p. 63) –, ou la définition de la mystique chrétienne comme mystique d’une maternité divine plutôt que d’épousailles (p. 72), ou hésiter à appeler « trinité humaine » la Sainte Famille (p. 105)… Mais ce serait passer outre bien des fulgurances, ainsi, cette interprétation du péché originel comme refus d’être créateur (p. 77) ou la vision des noces de Cana comme jour où tout est devenu sacré, « parce que la vie l’est elle-même en son fondement » (p. 85). On saura gré au compilateur de nous avoir rappelé cette pensée qui, loin de se laisser « dorloter de manière sentimentale » (p. 145), voit dans la Vierge Marie à la fois l’image parfaite de la maternité de Dieu et « l’image de la maternité divine de l’homme à l’égard de Dieu » (p. 66). — N. Hausman s.c.m.