Plus vite, plus haut, plus fort. Le père Didon, inspirateur des Jeux olympiques
Yvon TranvouezBiographies - Recenseur : Bernard Joassart s.j.
« Plus vite, plus haut, plus fort ». La devise, traduite du latin et devenue celle des Jeux olympiques à laquelle fut ajoutée « ensemble », est à coup sûr applicable à Henri Didon. Encore que, au terme de l’ouvrage, on en arrive à se demander si « trop » au lieu de « plus » n’aurait pas mieux convenu au personnage.
Né à Touvet (Isère), il entre au noviciat des frères prêcheurs de Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) et sera ordonné prêtre en 1862. Il étudie une année complémentaire à la Minerve et se voit confier l’enseignement de l’Écriture sainte (avant même son ordination) à Saint-Maximin. Au bout de deux années, il doit abandonner cette tâche, sa santé l’ayant trahi. En 1890, il est placé à la tête du collège d’Arcueil, établissement dépendant du tiers-ordre enseignant.
Il se fait vite remarquer. Il ne manque pas d’idées : le catholicisme libéral, le Ralliement, son attrait pour les sciences (Didon admire Claude Bernard), la collaboration des établissements scolaires privés et publics, où le sport ne doit pas être qu’une sorte d’appendice récréatif, sont autant de sujets qui le passionnent et qu’il défend avec ardeur. C’est un « moderne » ! À l’intérieur de son Ordre, souvent embarrassé par les retombées de ses affirmations, on lui impose un exil d’un an et demi (1880-1881), en Corse. Il ne sera pas épargné par de solides éreintements. Il a aussi la plume facile et écrit quelques 1000 p. d’un Jésus-Christ.
L’A. a fort bien resitué Didon dans une époque dont on sait que les débats de société furent souvent durs. Didon voyait sans doute juste (et ses thèmes de prédilection n’étaient pas secondaires), au moins quant au diagnostic. Mais avoir de bons principes est une chose, les défendre, avec justesse en est une autre, surtout si l’on est doté d’un tempérament où la conscience de sa propre valeur est quelque peu extravagante !