Une soutane à mobylette. Le père Cyrille Argenti (1918-1994)
Olga LosskyBiographies - Recenseur : Isabelle de la Garanderie
La coll. « Voix de l’orthodoxie » nous présente ici une figure pour le moins atypique mais attachante du christianisme marseillais : le hiéromoine Cyrille Argenti. Olga Lossky nous guide, en bonne biographe, de son enfance dans une famille grecque aisée à sa mort lumineuse en passant par son engagement dans la résistance et les défis de son ministère, mais elle fait bien plus : elle nous présente en même temps tout un pan de la foi orientale dans le sud de la France au cœur du xxe s. C’est précieux : nous découvrons un monde plein de vie où la jeunesse, notamment, est entraînée à se rassembler et à croire par un moine ayant la foi en la résurrection chevillée au corps.
Nous lisons aussi combien les questions qui se sont posées aux catholiques, p. ex. le passage à la langue vernaculaire dans la liturgie, se sont aussi posées du côté orthodoxe, doublées d’une véritable problématique d’accueillir slaves et hellénophones ainsi que les générations complètement francophones dans une même liturgie qui leur soit signifiante. Ce caractère pastoral du p. Cyrille ressort en toutes choses : donné à sa paroisse – il refuse à plusieurs reprises d’autres missions, parfois dans un dialogue assez tendu avec son évêque – il se démène pour tous, des vieillards aux enfants sans compter tous les plus démunis qu’il aidait de manière discrète, en vrai homme de Dieu. Au-delà de ce cadre, il s’investit dans les structures œcuméniques (il participera notamment au Conseil œcuménique des Églises) croyant à l’importance primordiale du dialogue. Simple et profondément humain, il rayonne de sa foi jusque dans les aspérités de sa personne : une belle figure de témoin de la foi pour aujourd’hui que nous donnent à voir nos frères et sœurs orthodoxes.