John, A Postmodern Gospel. Introduction to Deconstructive Exegesis Applied to the Fourth Gospel

P. Chatelion Counet
Sagrada Escritura - Census taker : Yves Simoens s.j.
Écrite et soutenue en néerlandais pour l'Université de Nimègue sous la direction de S. van Tilborg, puis adaptée et traduite en anglais aux fins de la publication, cette thèse se signale par son caractère interdisciplinaire, l'ampleur de son information et le renouvellement des lectures proposées pour les textes abordés. Une première introduction sert à articuler postmodernité, déconstruction et exégèse. La thèse s'y trouve précisée en termes de: «Expressibility versus Inexpressibility». La question n'est pas de savoir comment on devient interprète mais comment on devient lecteur (cit. de J.-F. Lyotard, p. 10). Les positions, questions et propositions qui suivent, fortement tributaires de J. Derrida, aiguisent encore le propos: «The text of John's Gospel possesses self-reflective moments where it deals with the inexpressibility of mystical realities» (p. 13). On n'avait pas attendu la postmodernité pour l'apprendre, mais le caractère provoquant des assertions stimule l'intérêt.
Une deuxième introduction met en présence exégèse diachronique et synchronique. La question du référent est simplifiée, alors qu'elle a depuis longtemps fait l'objet de mises au point par P. Ricoeur. Le risque n'est pas mince en effet de s'en tenir à une textualité qui tourne sur elle-même. La recherche est pourtant stimulante et, en un premier temps, prometteuse. La première partie: «Poststructuralism, Postmodernity and Deconstruction», souffre de longueurs après deux introductions. Les fruits vérifiables de l'approche se font attendre. La deuxième partie: «The differential character of the Fourth Gospel», revient d'abord sur: «Logocentrism in the Fourth Gospel», pour aborder successivement: «A Deconstruction Perspective on John 6», «The Apophatic Structure of John 17» et «The Last Word. The Logos of the Beginning: John 21, 24-25».
Au regard des copieuses introductions, les conclusions se trouvent réduites à leur portion congrue. L'ouvrage fourmille de notations de valeur parce qu'il met à l'unisson de la culture contemporaine. Il fait sortir de certaines ornières de l'exégèse encore dominante. De là à convaincre vraiment, il faudrait sans doute qu'il ménage plus de médiations conceptuelles à l'impénitent «high-modern reader» que nous sommes censé être, en compagnie d'autres aussi différents qu'E. Malatesta, R. Schnackenburg et J. Calloud-F. Genuyt (pp. 250-251). L'univers postmoderne ne mériterait-il pas d'être lui-même passé au crible d'une critique philosophique et théologique du langage au nom de l'Écriture biblique et de l'évangile johannique? L'A. mène son enquête et ses présupposés jusqu'au bout, mais elle se révèle moins féconde qu'on ne s'y attendait. On ne peut qu'être d'accord avec lui sur certaines de ses analyses qui manifestent, trop exclusivement peut-être, le caractère apophatique de l'expression johannique. - Y. Simoens, S.J.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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