Nostalgie d'Israël. Entretiens avec Olivier-Thomas Venard, avec A. Laurent

M.-J. Dubois
Religiones - Census taker : Jean Radermakers s.j.
«Je me suis réjoui à la pensée que le peuple de la Bible retrouve la terre de la Bible, mais la tragédie actuelle réside en l'infidélité de ceux qui conduisent le destin d'Israël vers un destin terrestre de réussite, de violence et de conquête!» (p. 167). Ainsi le P. M. Dubois explique-t-il sa nostalgie du mystère d'Israël, titre du livre qu'il a écrit avec l'un de ses confrères dominicains, chercheur à l'École biblique de Jérusalem. Destinée paradoxale que celle du P. Marcel Dubois: venu de Toulouse à Jérusalem en 1962, il y rejoint le P. Bruno Hussar; il devient animateur de la maison St-Isaïe où se rencontraient chrétiens et juifs; en 1970 il est professeur et directeur à la faculté de philosophie de l'Université hébraïque de Jérusalem et il devient citoyen israélien en 1973; à présent, il réside dans un quartier palestinien de Jérusalem-est. C'est un témoin chrétien de ce qui s'est passé en Israël depuis 50 ans. D'où cette «nostalgie» qu'il développe dans cet ouvrage important chargé de précieux souvenirs.
Après une préface du philosophe Y. Schwarz de Tel-Aviv et un avant-propos du Fr O.-Th. Venard, trois grandes parties composent la moitié de ce volume. La première, autobiographique, déploie les «grands moments de la vie d'un témoin». Elle débute par un chapitre significatif: «De la passion pour l'État d'Israël à la compassion pour la Terre sainte». L'A. y parle de son arrivée à Jérusalem, de son enseignement à l'Université, de ses rencontres israéliennes (Kollek, Leibovitz, Flüsser, Banaï…), puis de l'Église catholique dans son rapport avec Israël, des débuts de la communauté hébréophone, de la présence de l'ordre dominicain en Ville sainte. La deuxième partie réfléchit sur «Israël entre politique et religion». Plusieurs questions importantes sont touchées: le peuple, la terre, l'armée, une manière de vivre, des sionismes divers; les Israéliens sont-ils heureux de leur pays et dans leur pays? Vient une troisième partie qui aborde les repères théologiques: des interrogations sur les textes bibliques avec le schéma typologique «promesse-accomplissement», les figures annonciatrices, les rapports entre l'Église et le Royaume. Quel sens prend le terme «Israël» et que signifie son «mystère»? Peut-on parler d'antichristianisme juif et d'antijudaïsme chrétien? Ces pages sont à lire et à relire avec attention, en respectant le contexte et ses nuances. Car il s'agit d'un véritable témoignage, courageux et loyal.
Suivent presque 200 pages de «Notes et documents» pour lesquels l'aide d'Annie Laurent, spécialiste du Proche-Orient et des relations interreligieuses, fut requise. Un premier document reprend un texte de M. Dubois à propos du dialogue entre catholicisme et judaïsme Il est suivi par de nombreux textes de référence cités par l'A., tant de la Bible et de saint Thomas que d'auteurs modernes (comme J. Maritain ou R. Tournay), le texte de Nostra Aetate de Vatican II avec ses préparations et son commentaire, des documents concernant les relations avec le Vatican ou à propos du projet de création d'un diocèse israélien. Une bibliographie des oeuvres du P. Marcel, des repères historiques, des lexiques et un index des personnes complètent ce précieux volume que les spécialistes des relations judéo-chrétiennes, mais aussi les personnes intéressées, auront à coeur de consulter et de reprendre fréquemment. Merci à l'A. et aux éditeurs de ce témoignage d'une exceptionnelle valeur. - J. Radermakers sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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