À partir d’une analyse de deux corpus – les psaumes 42-43 et une lecture collective de Rm 5,2b-5 par des personnes en situation de précarité –, cet article interroge l’expérience de l’espérance lorsqu’elle est vécue « depuis le fond du fond ». Loin d’être une abstraction ou une vertu purement eschatologique, espérer s’y dévoile comme un combat intérieur, un effort de résistance, une expérience affective traversée par les pleurs, les questions, les éclipses mais aussi les sursauts de foi. L’écoute des très-pauvres met en lumière une théologie pascale de l’espérance, processuelle et précaire, nourrie de la présence fidèle de Dieu dans l’épreuve et d’une fierté de croire, même au cœur du désespoir.

La visée de notre propos sera moins de déterminer ce qu’est l’espérance que ce que signifie espérer. En allant à la rencontre d’un psalmiste et de personnes du quart-monde qui lisent un extrait de l’apôtre Paul (Rm 5,2b-5) en compagnie de théologiens, nous pouvons les entendre en train d’espérer, alors que s’écoule le temps, leur temps. Le premier, un priant du psautier, se dit à lui-même plusieurs fois : « Espère en Dieu ! » D’autres entendent que Paul les invite « à garder l’espérance ». Leurs manières différentes d’en parler renvoient aux diverses manières de dire « j’espère » ou de ne plus le dire quand le malheur survient.

Nous allons explorer ce qu’est l’espérance éprouvée par des pauvres, des souffrants et ce, dans un double sens : parce que les différents locuteurs éprouvent, y compris donc avec leurs émotions, ce que signifie…

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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