Parole de prêtre : le cas Moïse

Florent Urfels
La mise par écrit de la Révélation vétérotestamentaire a emprunté plusieurs canaux : scribes de la cour royale, prophètes et leurs disciples, sages, prêtres. C’est à la médiation sacerdotale qu’est dévolu cet article, à partir de la figure emblématique de Moïse. Une fois rappelée l’origine sacerdotale de la Torah, nous montrons comment le culte sacrificiel et la théophanie qu’elle implique sont indispensables pour maintenir le statut vivant de l’Écriture, notamment dans le cadre de la liturgie synagogale. Nous concluons par quelques remarques sur le concept d’inspiration scripturaire et sa mise en œuvre différenciée dans le judaïsme et le christianisme.

Lorsqu’il y va de l’Ancien Testament, un préjugé fortement enraciné chez les chrétiens rattache la transmission de la Parole au prophétisme, cantonnant le sacerdoce à l’exécution tatillonne de rites périmés et inintelligibles. D’une manière générale, la figure du prophète est d’ailleurs plus sympathique que celle du prêtre. Contestataire de l’ordre établi, défenseur des pauvres, apôtre de la liberté individuelle, le prophète nous renvoie, comme en un jeu de miroirs, la conception que nous nous faisons de la religion « dans les limites de la simple raison ». En sens inverse, les prêtres d’Israël représentent tout ce que déteste notre société postmoderne : hiérarchie, sacrifices, transmission aristocratique du pouvoir, connivence avec le politique, intolérance religieuse… Or, quoiqu’il s’agisse avant tout d’une question de théologie…

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