La théorie girardienne du désir mimétique postule que les désirs humains sont imités d’autrui, entraînant rivalités et violences. Pour apaiser ces tensions, les sociétés adoptent un mécanisme biblique de bouc émissaire. Ce processus, analysé dans le Lévitique et la culture grecque, permet de rétablir temporairement l’ordre social. L’auteur approfondit les liens entre ce concept et la théologie sacrificielle, en particulier la figure du Christ, interprété comme le bouc émissaire innocent.
Au cœur de la théorie de Girard se trouve le concept de désir mimétique, qui suggère que les humains imitent les désirs des autres. Selon Girard, les individus ne désirent pas toujours intrinsèquement des objets ou des objectifs ; au contraire, leurs désirs sont souvent médiatisés et influencés par les désirs des autres. Ce processus mimétique peut conduire à des rivalités, des conflits et finalement à de la violence lorsque les individus se disputent les mêmes objets ou positions. Ce désir mimétique conduit inévitablement à des conflits au sein des sociétés humaines.
C’est pour faire face à l’escalade de la violence et au chaos social résultant du désir mimétique, que, selon Girard, a émergé le mécanisme du bouc émissaire. En période de crise ou de troubles sociétaux, un désir collectif d’unité et d’ordre surgit parmi les membres d’une…