Le désir de Dieu. Une introduction à l'œuvre d'Henri de Lubac

Henri de Lubac s.j. Bernard Joassart s.j. Marie-Gabrielle Lemaire Alban Massie s.j. Brigitte Cholvy
Préface par Brigitte Cholvy, introduction par Marie-Gabrielle Lemaire
Avertissement par Alban Massie

En 1934, Henri de Lubac publie dans la Nouvelle revue théologique un article au titre inoffensif : « Remarques sur l’histoire du mot “surnaturel” ». Il remet pourtant en cause les options théologiques d’une anthropologie chrétienne moderne.
Cet article programmatique est introduit historiquement par Bernard Joassart à partir des archives de la NRT et éclairé théologiquement et pastoralement par Marie-Gabrielle Lemaire. Il est complété par la traduction des textes étrangers.
On trouvera enfin l’incontournable étude d’Hans Urs von Balthasar parue en 1975 dans la NRT : « Henri de Lubac. l’œuvre organique d’une vie », véritable introduction à l’étude de son confrère et ami.
La préface est signée de Brigitte Cholvy.

Sommaire :
Avertissement, par Alban Massie s.j
Préface, par Brigitte Cholvy
Introduction, par Marie-Gabrielle Lemaire

I. Remarques sur l’histoire du mot « surnaturel »
par Henri de Lubac s.j.(†)

II. La genèse tourmentée d’un article d’Henri de Lubac
par Bernard Joassart s.j.

III. Actualité pastorale de la théologie lubacienne du surnaturel
par Marie-Gabrielle Lemaire

IV. L’oeuvre organique d’une vie
par Hans Urs von Balthasar (†)

Traductions des textes étrangers
Origine des textes
Pour aller plus loin
OEuvres d’Henri de Lubac sur le surnaturel
Littérature secondaire .

 

Avertissement

Alban Massie s.j.

 

Pourquoi donner à ce recueil un titre aussi banal que celui de « désir » alors que l’étude dont il est question ici porte sur un autre mot – « surnaturel » ? On verra dans les pages qui suivent que ce dernier mot, pour autant qu’il désigne ce qui est « au-delà » ou « au dessus » de la nature humaine, demande des explications telles que toute l’histoire de l’Église devra être convoquée pour en donner une solution satisfaisante : la vocation de l’homme est divine, elle le dépasse. Henri de Lubac le reconnaît volontiers, derrière de telles formulations qui peuvent paraître abstraites, il s’agit de montrer qu’en l’homme il existe un désir profond, d’une autre sorte que tous les désirs que nous ressentons dans la vie quotidienne. Il s’agit de ce que désire notre cœur, c’est-à-dire Dieu lui-même : « Nie tes désirs, et tu trouveras ce que désire ton cœur », écrit St Jean de la Croix qu’Henri de Lubac aime citer et convoquer. Dans un texte qui a été présenté comme le sommet de la prière chrétienne, St Jean-Marie Vianney s’écrit lui aussi : « Je vous aime, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie » (Acte d’Amour du St Curé d’Ars).

Considérer le surnaturel de la sorte, c’est reconnaître qu’en chacun de nous il existe « un désir inefficace mais pourtant nécessaire, non pas livré à la bonne volonté de l’homme mais désir qu’il trouve, si l’on peut parler ainsi, dans sa nature, sans pourtant que ce désir, de lui-même, le conduise à son terme1 », autrement dit, un « désir naturel du surnaturel » pour reprendre une expression que Lubac corrige aussitôt : « Ce désir est en nous, oui, mais il n’est pas de nous, puisqu’il ne se satisfait qu’en nous mortifiant. Ou plutôt, il est si bien en nous qu’il est nous-mêmes mais c’est nous qui ne nous appartenons pas2 ».

Ajoutons que le dernier chapitre de cet ouvrage justifie à lui seul que le sous-titre de ce recueil soit « Introduction à l’œuvre du père de Lubac ». En effet, Hans Urs von Balthasar discerne que c’est en cherchant à répondre à la question suivante que son ami a structuré toute son œuvre : « Comment l’homme, en sa constitution naturelle, peut-il être intrinsèquement disposé à l’ordre de la grâce qui le comble, sans pourtant l’inclure si peu que ce soit, c’est-à-dire sans aucune possibilité de l’exiger ? »

La réponse à cette question nous fera entrer dans le mystère de Dieu et dans celui de l’humanité : « Homme, comprends ta grandeur en avouant ta dépendance3. »

Alban Massie s.j.

Directeur de la Nouvelle revue théologique


1. É. de Moulins-Beaufort, Anthropologie et mystique chez Henri de Lubac, Études lubaciennes III, Paris, Cerf, 2003, p. 282.

2. H. de Lubac, Surnaturel, OC, t. XI, nlle éd., Paris, Cerf, 2021, p. 488.

3. Id., Sur les chemins de Dieu, OC, t. I, nlle éd., Paris Cerf, 2006, p. 16.

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