Il Diavolo in tasca. Cristiani, chiesa e corruzione nella storia (secoli xvi-xxi)

Antonio Ianniello Antonio Salvatore Romano
Histoire - Recenseur : Paul Gilbert s.j.

Les deux ouvrages considérés ici proviennent d’une recherche entreprise par l’Istituto di storia del cristianesimo Cataldo Naro, de la Facoltà teologica dell’Italia meridionale (Napoli, San Luigi), et d’un colloque que cet institut a organisé en 2019. Nous savons combien l’Église souffre de l’hypocrisie de ses membres, de manquements à ce qu’elle prétend être, mais cette situation n’est pas d’aujourd’hui. Elle l’a connue dès ses premiers pas et a cherché à prendre ses responsabilités pour lutter contre des attitudes qui entravaient sa mission évangélique.

Il est évidemment impossible de parler ici de chacun des 12 art. du 1er vol. et des 11 du 2d. Ils sont d’ordre scientifique, aussi bien par leur regard sur des situations culturelles du passé que par leurs analyses de textes précis. Comme travail sur les cultures et les engagements de l’Église, on verra dans le 1er vol. un article sur la corruption dans le monde romain avant et après Constantin et un autre sur le Moyen Âge en notant que le mot « corruption » signifie l’acte de corrompre celui qui a du pouvoir avec de l’argent pour obtenir de lui un bien autrement inaccessible, mais désigne aussi la situation résultant d’un système de pouvoir intrinsèquement vicié quand il s’attribue la capacité de favoriser des personnes de son entourage, familial avant tout (népotisme), en dépit d’autres priorités objectives. Des articles du 1er vol. s’arrêtent aussi à des textes plus déterminés, par exemple sur le cas de Judas Iscariote et des trente deniers (la théologie y a reconnu des histoires paradoxales qui sont soulignées dans la littérature et les arts), ou sur l’authenticité et la valeur de la fameuse « Donation de Constantin » (l’abandon du pouvoir séculier de l’empereur à l’Église sur une partie de son territoire).

Le 2d vol. est conçu de la même façon que le 1er, mais avec davantage d’analyses de situations ecclésiales. On commence par examiner la situation peu brillante de la papauté romaine avant la protestation de Luther et le Concile de Trente. L’Église connaît à l’époque des réactions très nettes de la part de religieux, comme lors du concile du Latran v au début du xvie s. et de Robert Bellarmin un siècle plus tard, ce siècle de la grande division de l’Église en Europe occidentale. Entrent dans les analyses de l’Istituto Cataldo Naro l’examen des décrets du concile de Trente sur les « tarifs » des messes, ainsi que les préoccupations conciliaires pour la gestion des « bénéfices ecclésiastiques ». Il y a aussi à la même époque des tentatives de simonie jusque dans les conclaves. La situation de l’Italie méridionale inquiète les membres de l’Istituto Cataldo Naro, dont le siège est à Palerme. On comprend pourquoi des articles examinent des situations à Naples (au xviiie s.), en Calabre (xixe s.), à Benevento (Campanie, début du xxe s.), et encore aujourd’hui (la gestion des impôts de l’État italien et sa contribution à l’Église), le magistère de l’Église italienne contre la corruption, et un beau texte sur la lutte du Pape François attentif à ce problème au sein même de l’État du Vatican, par exemple en portant l’I.O.R. (son institution financière officielle) aux normes européennes.

Il est évident que la pauvreté évangélique est l’âme d’une existence claire, alors que la corruption est occulte. Toute institution a besoin d’argent. L’argent est cependant ce dont l’avidité humaine peut s’emparer avec le plus de facilité. Des besoins naturels incontrôlés et l’économie libérale n’ont évidemment jamais le droit d’accaparer l’Église. — P. Gilbert s.j.

newsletter


la revue


La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

contact


Nouvelle revue théologique
Boulevard Saint-Michel, 24
1040 Bruxelles, Belgique
Tél. +32 (0)2 739 34 80