Figures du modernisme. Eudoxe Irénée Mignot et Marie-Joseph Lagrange. À propos de livres récents

À propos de livres récents1

Bernard Joassart s.j.

L’encyclique Pascendi dominici gregis condamnant le modernisme est datée du 8 septembre 1907. Le 9 novembre suivant, Louis Duchesne, directeur de l’École française de Rome et spécialiste de l’histoire des premiers siècles chrétiens, fait part de ses impressions à son ami bollandiste Hippolyte Delehaye au sujet du document pontifical. S’il reconnaît que « la critique historique avouée par les modernistes et la philosophie dont ils s’inspirent ou à laquelle ils aboutissent [lui] ont paru également inconciliables avec le christianisme », il ajoute toutefois : « cela n’était pas très clair dans l’encyclique, dont le ton uniformément courroucé est fort propre à exciter la défiance et dont l’effort synthétique, avec tout ce qu’il offre d’ingénieux, pourrait bien avoir abouti à la création d’un fantôme »2. Un fantôme ? Nonante ans plus tard, Étienne Fouilloux énonce à son sujet un jugement d’allure fort différente : « la crise moderniste constitue la matrice intellectuelle du catholicisme contemporain »3. Contradiction ou simple paradoxe ? Si de nombreux « modernistes », ou supposés tels, refusèrent toujours de se reconnaître dans les catégories définies par Pie X, il serait ridicule de nier que crise il y eut, qu’elle agita, et pour longtemps, l’Église catholique : les questions étaient réelles, nullement anodines ; plus simplement encore, elles existaient. Et en tout état de cause, nombreux furent ceux qui — dans toute l’Église — eurent affaire au « fantôme » et à ceux qui entendaient le faire disparaître. Tout comme Duchesne, dont l’Histoire ancienne de l’Église sera mise à l’Index en 1912, Mgr Mignot et le P. Lagrange, sous des modalités quelque peu différentes, auront tout le loisir de faire connaissance avec le fantôme.

Loisy a rapporté la scène. En avril 1888, lors du premier congrès scientifique international des catholiques tenu à Paris, l’exégète français prononce une conférence sur un Texte liturgique babylonien : « Pendant ma lecture, écrit-il dans ses Mémoires, j’avais en face de moi un ecclésiastique encore assez jeune, de belle prestance, de physionomie intelligente et agréable, qui paraissait m’écouter avec la plus grande attention. À un moment j’eus quelque hésitation, comme si j’avais craint de fatiguer l’auditoire en le retenant trop longtemps sur un sujet si particulier. De sa voix forte et douce, le personnage que je viens de dire m’encouragea : “Continuez, Monsieur l’abbé ; ce que vous nous faites entendre est trop intéressant pour être abrégé.” Le prêtre qui parlait ainsi était M. Mignot … »4.

L.-P. Sardella commente comme suit ces lignes : « D’une certaine façon cette scène est emblématique des rapports entre les deux hommes »5. Sans nul doute, le prélat ne cessera d’« écouter » (ou de « lire ») l’abbé et de s’intéresser à lui. Encore faudrait-il certainement ajouter que le second n’a finalement jamais arrêté d’entendre le « continuez, Monsieur l’abbé ».

Mais est-ce aller assez loin ? Car le conférencier d’avril 1888 n’était pas n’importe qui. À sa façon, il sera comme l’une des « sources » les plus subtiles et les plus cruciales de la crise moderniste. Quant à l’« ecclésiastique de belle prestance », il ne connaîtra certes pas une carrière fulgurante. Ordonné prêtre en 1865, il sera successivement professeur au petit séminaire de Liesse, vicaire à Saint-Quentin (1863), desservant de Beaurevoir (1872), aumônier de l’Hôtel-Dieu de Laon (1875), curé de Coucy-le-Château (1878) puis de La Fère (1883), vicaire général de Soissons (1887), avant d’être élu évêque de Fréjus (1890) et de terminer sa vie comme archevêque d’Albi (1899), ce qui, il faut bien le dire, n’est en définitive qu’un bâton de maréchal … de camp. Mais la modestie du parcours ne doit pas faire oublier une certaine brillance du chemin intellectuel.

Issu d’une dissertation doctorale, l’ouvrage, avec les biographies d’Émile Le Camus et de Lucien Lacroix, par Yves Blomme et Christian Sorrel6, vient clore la trilogie de ces évêques qui furent « autour de Loisy ». Plus précisément, il retrace le parcours intellectuel religieux de Mignot, exposé en deux temps : le premier, chronologique, suit la carrière de l’archevêque et l’évolution de sa pensée ; le second — « Le catholicisme de Mgr Mignot » — se veut une synthèse de cette pensée.

Dès les premières pages, on peut se rendre compte de la richesse de la documentation rassemblée par l’A., lue d’ailleurs avec minutie, à commencer par les œuvres de Mignot lui-même.

Mignot, un grand du modernisme ? On serait sans doute bien en peine de répondre par l’affirmative. Mais il a côtoyé les grands de ce débat : outre Loisy, un certain Friedrich von Hügel, et tant d’autres de bords bien différents, y compris dans les hautes sphères romaines qui ne pensaient pas exactement de la même manière.

Quelle fut son attitude face à l’univers intellectuel de son temps, en particulier dans le domaine religieux ? Son chemin ne fut pas facile. D’autant moins qu’il était par principe assez libéral, respectant la pensée d’autrui même s’il ne s’y reconnaissait pas, et fidèle en amitié. Et cela lui valut des déconvenues. Tous ses efforts ne purent empêcher la condamnation de Loisy — à propos de qui il dut en outre finalement admettre qu’il avait pris un chemin qui n’était plus celui du catholicisme —, ou encore le retrait de Prosper Alfaric du séminaire d’Albi en 1910.

Il ne fut pas un « chercheur », un savant ; il ne prit pas le moindre grade académique, n’ayant jamais eu l’occasion de fréquenter quelque haut lieu de la science d’alors ou même une de ces « fabriques cléricales » réputées d’élite, comme l’école des Carmes ; il fut un autodidacte. Mais très tôt, ce « pasteur » — pour qui les actes proprement pastoraux inhérents à sa charge d’évêque n’étaient pas des impératifs lui causant de lourds scrupules — fut convaincu que son devoir de prêtre puis d’évêque comprenait une part importante de travail intellectuel, que « se cultiver » était aussi affaire de clerc. Il lut, beaucoup, y compris des suspects comme Newman ou Tyrrell, d’autres encore. Et dans la foulée, il estima de son devoir de partager ses idées sur la formation intellectuelle des clercs, ce qu’il fit entre autres dans une série de « Lettres sur les études ecclésiastiques », à la suite de l’encyclique Depuis le jour (1899).

Fut-il réellement fasciné, comme le laisse entendre l’Auteur, ou plus simplement profondément admiratif du monde ambiant, dit « moderne » ? C’est à voir. Mais il eut conscience que ce monde était le sien, porteur de questions aucunement anodines, que ce monde n’était pas a priori hostile à la foi catholique, que les nouvelles méthodes n’étaient pas, par principe, des ennemis à abattre à tout prix — sans pour autant qu’il ait fait siennes toutes les prétentions de la critique à la mode en ce temps —, et que s’en tenir aux « vieilles recettes » (il se montra d’ailleurs assez réservé à l’égard du néo-thomisme), ne pouvait que mener à des impasses.

Reportons-nous à la conclusion de L.-P. Sardella qui, in fine, fait sien le jugement d’Henri Bremond : « Moins génial, semble-t-il, que M. Loisy et que Tyrrell, mais non moins honnête ; moins pétulant que celui-ci, plus fexible que celui-là ; moins amer, ou pour mieux dire, plus doux que l’un et que l’autre, non seulement avec les personnes, mais encore avec les idées, c’est le moderniste par excellence, et, par tous ses actes la justification la plus décisive du modernisme : comme homme d’Église, il est et restera pour les historiens de l’avenir, l’antithèse vivante et la condamnation non seulement “des chacals” qu’il a tant de fois maudits, mais aussi, et plus encore de Pie X, ce pontife borné et berné ». Et Bremond de poursuivre : « L’Église de Jésus n’est manifestement pas celle de Pie X, pourquoi ne serait-elle pas celle de Mignot ? De quel droit désespérer d’une Église où se rencontrent de tels hommes ? »7.

Ce que L.-P. Sardella apprécie, en finale : « En défendant l’idée que, dans l’Église, l’autorité ne peut pas imposer de force une vérité ni enseigner de l’extérieur et que l’individu ne peut abdiquer sa liberté de penser et se laisser instruire passivement, Mgr Mignot est un révélateur du fait que, dans le catholicisme aussi, l’autorité n’a désormais de légitimité que pour autant qu’elle tient compte des exigences de la conscience »8.

La place de Mignot — que fort élégamment Jean-Marie Mayeur a appelé l’« Érasme du modernisme » — ne pourrait-elle pas être définie alors par cette question : s’il est vrai que l’homme est créé à l’image de Dieu, les pensées des hommes n’ont-elles rien à dire sur Dieu et sur la foi ? Ou par cette autre interrogation : ne fut-il pas un « libéral catholique » ?

Avec Lagrange, même univers ambiant, celui de « la Bible au feu de la critique »9 ; autre contexte de vie : l’Ordre des Frères prêcheurs.

Quelque vingt années durant, B. Montagnes a préparé la biographie de son confrère en religion : elle fut précédée par la publication de nombreux dossiers, en particulier par l’édition de la correspondance échangée entre Lagrange et le Maître général Cormier, et un premier jet, si on peut oser une telle expression, publié dans la collection « Petits Cerf-Histoire »10. Ces préliminaires sont certes connus des spécialistes : ils les retrouveront en bonne partie dans le présent volume. Mais ce dernier mérite de retenir l’attention, car précisément il met à la portée du plus grand nombre la somme des recherches de l’A., sans sacrifier l’appareil scientifique comme c’était le cas de l’ouvrage de 199511.

Contexte différent à commencer par celui de la formation, puisqu’avant d’entrer chez les Frères Prêcheurs (1879), Lagrange achève un cursus complet en droit jusqu’au doctorat, excellente école quant à l’apprentissage de l’interprétation des textes, et accomplit une année au séminaire d’Issy-les-Moulineaux. La Bible déjà le passionne, qu’il ne cessera de fréquenter assidûment durant ses études dans l’Ordre, tout en s’initiant aux langues sémitiques, y compris à Vienne. En outre, Lagrange reçoit l’armature thomiste : elle sera pour lui source de sagesse.

Cet intérêt pour l’Écriture sainte et l’outillage intellectuel acquis poussent ses supérieurs à l’envoyer, en 1890, à Jérusalem, où il créera ce qui deviendra l’École biblique, que lui-même désigne alors comme « École pratique d’études bibliques » — il s’agit d’apprendre sur le terrain —, tôt suivie par le lancement de la Revue biblique (1892) et un peu plus tard par celui de la collection « Études bibliques » (1900). À l’aune de l’établissement et des publications tels que nous les connaissons aujourd’hui, voilà qui paraît prestigieux. Mais à l’époque, on est loin du compte. Les difficultés matérielles en tout genre sont de taille et le demeureront longtemps, très longtemps, Lagrange n’étant d’ailleurs pas un expert en fait d’intendance. Le plus grave n’est toutefois pas là ; un religieux peut toujours s’en accommoder tant bien que mal. Le climat intellectuel est celui dans lequel Mignot a évolué et où la Bible n’est pas le moindre des enjeux. Or dès les débuts, Lagrange rencontre des oppositions. C’est d’ailleurs l’intérêt du chapitre 4 (« Les premiers déboires du Père Lagrange avec la censure des publications (1891-1893) ») — neuf par rapport à la biographie de 1995 — de mettre en lumière les premiers déboires de Lagrange12. En effet, alors que l’École commence, la question de l’inspiration du texte biblique agite beaucoup les esprits. Mgr d’Hulst, recteur de l’Institut catholique de Paris, tente de clarifier le débat par son célèbre article La question biblique dans Le Correspondant du 25 janvier 1893 ; le 18 novembre de la même année, sort l’encyclique Providentissimus Deus de Léon XIII sur le sujet. Or, qui lit la Revue biblique de l’époque constate qu’elle n’a rien dit sur le sujet. Non que Lagrange se soit désintéressé de la question. Dès la fin 1892, il a même préparé un article, Histoire et révélation, qu’il doit bien sûr réviser suite à l’article d’Hulst. Mais les responsables de l’Ordre ne voient pas d’un bon œil leur confrère s’engager sur ce terrain. Les discussions entre Lagrange et ses censeurs — qui se font toutes par voie postale, moyen peu approprié pour accélérer les choses — auront pour conséquence que l’article ne paraîtra jamais, d’autant moins d’ailleurs qu’entre-temps l’encyclique pontificale aura, au moins officiellement, clos le débat.

Ces ennuis comptent parmi les premiers déboires d’une longue série que Lagrange connaîtra avec la censure de son Ordre, tatillonne, parfois à l’excès, et souvent encline à ne considérer que le côté opportun ou inopportun de publier certains écrits. Les difficultés ne viendront pas que des supérieurs dominicains. Nombre de jésuites — il ne faut pas dire toute la Compagnie, car Lagrange entretiendra de solides et précieuses amitiés avec certains de ses membres, notamment l’exégète Albert Condamin et les Bollandistes — lui mèneront la vie dure13. La méthode historique surtout à propos de l’Ancien Testament, publiée en 1903, à partir de conférences données l’année précédente à l’Institut catholique de Toulouse que dirige son ami Pierre Batiffol, deviendra rapidement, mais finalement malgré lui, comme un manifeste de l’exégèse historico-critique. Cet opuscule déchaînera les foudres du jésuite Alphonse Delattre. Fort bien vu de Pie X, Delattre fut choisi, à l’instigation du pontife, en 1905, pour remplacer, dans la chaire d’Écriture sainte de l’Université grégorienne, son confrère Enrico Gismondi contraint de renoncer à son enseignement à cause de sa trop grande sympathie à l’endroit de Loisy ; mais le même Delattre était parfaitement incapable de comprendre que rien n’autorisait à admettre une historicité littérale pure et dure à chaque ligne de la Bible14. Léopold Fonck ne sera pas moins déterminé à vouloir l’arrêt de l’École biblique, au profit de l’Institut biblique créé en 1909 et confié à la Compagnie, et qui longtemps détiendra le monopole de la délivrance des grades académiques en matière d’exégèse. Et tandis que Lagrange s’intéresse plus particulièrement à l’Ancien Testament, un décret de la Congrégation consistoriale15 en date du 29 juin 1912, dirigée par le cardinal Gaetano De Laï, prélat particulièrement réactionnaire et homme fort de l’administration vaticane (plus encore que le Secrétaire d’État Merry Del Val), ordonne que « plusieurs de ses écrits » — sans autre précision de titres — soient retirés de l’enseignement dans les maisons de formation ecclésiastique ; et son commentaire sur la Genèse sera à tout jamais refusé d’imprimer. Lagrange ne renoncera cependant jamais à étudier la Bible : il se tournera vers le Nouveau Testament, ce qui nous vaudra d’ailleurs d’excellents travaux sur les Évangiles et certaines épîtres pauliniennes.

Les déboires humains ne seront pas moindres. Certes, au fil du temps, Lagrange pourra réunir une équipe de collaborateurs compétents. Mais il aura la grande tristesse de voir le départ, tant de l’École que de l’Ordre, d’Édouard Dhorme, sans doute son meilleur disciple, qui lui avait succédé à la tête de l’établissement de Jérusalem.

Un intérêt majeur de l’ouvrage réside certainement dans le dernier chapitre — « Le profil humain et spirituel du Père Lagrange » — qui vient comme couronner la longue histoire de sa carrière, non dans un esprit hagiographique, mais afin de mieux faire apparaître les ressorts de l’action de Lagrange. Ce qui retient manifestement le plus l’attention, c’est l’alliance — qui pourra peut-être paraître comme un perpétuel et difficile exercice d’équilibrisme — entre l’intelligence et la foi, et une foi vécue, qu’il a toujours jugée indispensable pour étudier la Bible. Homme d’une très grande finesse, fasciné par le beau, affable et charitable — presque à l’excès serait-on tenté de dire quand on considère la hargne de certains de ses adversaires —, il eut, lui aussi, le talent de comprendre que son époque posait des questions précises et manifesta la volonté expresse de leur apporter des réponses adéquates. Il voulut « construire » — exprimer la foi autrement que par des anathèmes —, et ce à l’intérieur d’une fidélité exemplaire à l’Église, qui d’ailleurs l’amena à prendre ses distances avec Loisy et à être sévère à l’endroit de celui-ci quand il publia ses Mémoires en 1930-1931.

D’aucuns seront peut-être tentés de faire la comparaison entre les deux personnages évoqués dans ces livres. Exercice d’autant plus périlleux que les tempéraments étaient pour le moins différents et que les conditions « professionnelles » du prélat et du dominicain ne l’étaient pas moins. Chaque lecteur sera sans doute amené à préférer l’un ou l’autre, notamment à cause de leur « extérieur » : Mignot donne l’impression d’être un stoïcien quelque peu nonchalant, Lagrange étant nettement plus austère. Il me semble toutefois que l’on peut dire de l’un comme de l’autre qu’ils œuvrèrent dans un même esprit de fidélité à leur science, à leur conscience, à l’Église, à la foi chrétienne. Et ceci en un temps où, comme le bollandiste Hippolyte Delehaye, autre protagoniste de la crise moderniste et lui aussi menacé des pires sanctions16, l’écrivit, le 7 janvier 1910, à Henri Bremond qui s’était permis de donner l’absolution à Georges Tyrrell mourant et de prier publiquement lors de son ensevelissement alors qu’il était excommunié : « Il est beau d’être orthodoxe, mais plus beau encore, et plus difficile semble-t-il par le temps qui court, d’être chrétien »17.

Notes de bas de page

  • 1 Sardella L.-P., Mgr Eudoxe Irénée Mignot (1842-1918). Un évêque français au temps du modernisme, coll. Histoire religieuse de la France 25, Paris, Cerf, 2004, 743 p., 50 € (cité par la suite Mignot) ; Montagnes B., Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique, coll. Histoire, Paris, Cerf, 2004, 625 p., 49 € (cité par la suite Lagrange).

  • 2 Cf. Joassart B., Monseigneur Duchesne et les Bollandistes. Correspondance, coll. Tabularium hagiographicum 1, Bruxelles, 2002, p. 163.

  • 3 Fouilloux Ét., Une Église en quête de liberté. La pensée catholique française entre modernisme et Vatican II (1914-1962), coll. Anthropologiques, Paris, DDB, 1998, p. 10.

  • 4 Cité dans Mignot p. 196-197.

  • 5 Mignot p. 197.

  • 6 Blomme Y., Émile Le Camus (1839-1906). Son rôle au début de la crise moderniste et lors de la Séparation de l’Église et de l’État, Paris, L’Harmattan, 2002, 482 p. et Sorrel Chr., Libéralisme et modernisme. Mgr Lacroix (1855-1922). Enquête sur un suspect, coll. Histoire religieuse de la France 21, Paris, Cerf, 2003, 541 p.

  • 7 Citations dans Mignot p. 707 et 710, extraites de Leblanc S. [= H. Bremond], Un clerc qui n’a pas trahi, Paris, 1931.

  • 8 Mignot p. 710.

  • 9 Lagrange p. 9.

  • 10 Exégèse et obéissance. Correspondance Cormier-Lagrange (1904-1916), coll. Études bibliques – n.s. 11, Paris, Gabalda, 1989, et Le Père Lagrange (1855-1938). L’exégèse catholique dans la crise moderniste, coll. Petits Cerf-Histoire, Paris, Cerf, 1995.

  • 11 Outre de très nombreuses citations des sources qui émaillent le récit, l’A. a joint l’édition de 70 documents qui permettent d’avoir un contact encore plus direct et concret avec ces sources.

  • 12 Il fut d’abord publié dans l’Archivum Fratrum Praedicatorum 70 (2000) 445-481.

  • 13 Ajoutons que les Franciscains et Assomptionnistes ne se montrèrent guère plus favorables (cf. Lagrange p. 289s.).

  • 14 Lagrange ne fut pas la seule victime des attaques de Delattre. Parmi bien d’autres, ses confrères belges bollandistes eurent droit aux mêmes « égards » : lors de son séjour à Rome (qui ne dura d’ailleurs qu’une année, car il finit vite par excéder ses auditeurs du fait de ses positions d’une étroitesse peu commune), Delattre s’employa à noircir leur réputation, à une époque où ils étaient eux-mêmes surveillés de très près tant par les autorités vaticanes que par celles de leur Ordre qui les soupçonnaient aussi d’être beaucoup trop critiques. À ce propos, cf. Joassart B., Hippolyte Delehaye. Hagiographie critique et modernisme, coll. Subsidia hagiographica 81, Bruxelles, 2000, passim.

  • 15 Celle-ci avait entre autres attributions la surveillance de l’enseignement dans les séminaires.

  • 16 En 1903, l’année où parut La méthode historique de Lagrange, Delehaye publia un article Les légendes hagiographiques, repris deux ans plus tard sous forme de livre. Il y présentait, à la lumière de la critique historique moderne, les principes fondamentaux pour aborder les récits hagiographiques ; il soulignait entre autres avec netteté combien ces textes sont souvent fort éloignés de l’histoire. Alors que tout le corps bollandien était, on l’a dit, sous haute surveillance, cela ne plut guère. Une circulaire de la Congrégation consistoriale, en date du 17 octobre 1913, prohiba l’utilisation de l’ouvrage dans les séminaires, et il s’en fallut de peu que le livre ne soit mis à l’Index. À ce propos, cf. Joassart B., Hippolyte Delehaye … (cité supra n. 14).

  • 17 Cf. Joassart B., « Henri Bremond – Hippolyte Delehaye. Correspondance », dans Analecta Bollandiana 113 (1995) 385.

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