Cattolicesimo e totalitarismo. Chiese e culture religiose tra le due guerre mondiali (Italia, Spagna, Francia), éd. D. Menozzi - R. Moro

Col.
Storia - Census taker : Bruno Clarot s.j.
Le titre limite déjà ces études à trois États concernés par le fascisme totalitaire: Italie, Espagne et France; mais il est bon de noter qu'on ne dit rien de Franco, de Pétain ou de Salazar au Portugal, et peu du nazisme. En fait, on ne développe vraiment que le fascisme italien, sans même prétendre être complet sur ce point.
L'Église a été fort critiquée pour son attitude envers les totalitarismes et certains prétendent même qu'elle aurait préparé le terrain par sa vision «totalitaire» de la chrétienté médiévale à laquelle elle rêvait de revenir; d'autres, par contre, ont souligné son opposition radicale à l'État totalitaire par-delà les compromis partiels ou temporaires.
Six rencontres d'étude à Urbino ont permis à 10 auteurs d'avancer quelques certitudes et de nuancer les attitudes tranchées, sans pourtant être exhaustifs. Leurs exposés sont groupés en trois parties: 1/- L'autorité: la doctrine du règne social du Christ-Roi entre autoritarisme et totalitarisme (Menozzi), pensées de quelques évêques italiens sur l'autorité et le pouvoir entre 1900 et 1930 (Vian), l'Église espagnole face à la dictature de Primo de Rivera (Botti). 2/- La nation: liturgie et régime fasciste chez Caronti (Paiano), les lectures providentialistes de la dictature espagnole de 1923-30 dans la liturgie (Adagio), la mise à l'index des oeuvres d'A. Oriani (†1909) condamnation de l'État totalitariste? (Tagliaferri), M. Vaussard (†1978) un chrétien contre l'hérésie nationaliste (Biagioli). 3/- L'unité: pensée politique de Dante et fascisme (Urso), l'abbé Buonaiuti dans la crise de l'après-guerre 14-18 (Cerrato), le mythe de l'Empire en Italie et le christianisme (Moro), conclusions (Menozzi et Moro).
Dans leur introduction, les éditeurs rappellent que, selon Pie XI en 1938, dernière année de sa vie, seule l'Église pourrait être un État vraiment totalitaire, régissant le spirituel et le temporel, et il préparait une encyclique contre le totalitarisme et le racisme. Mais Pie XI avait auparavant admis des compromis avec le fascisme (Accords du Latran) et avec le nazisme (concordat). Les catholiques tenaient l'Église comme le modèle idéal de l'organisation collective de la société. Dans quelle mesure cette mentalité a-t-elle vraiment favorisé les totalitarismes, il n'est pas facile de le préciser. Les éditeurs estiment que sans des études complémentaires, on ne peut encore tirer de vraies conclusions. Les rapports entre l'Église et les fascismes furent complexes. En Italie, après la guerre de 1914, le fascisme a probablement sauvé l'Italie du désordre et peut-être du communisme, ce qui lui a attiré beaucoup de sympathies. Pie XI ne voyait pas alors d'opposition fondamentale avec lui. La crise de l'Action Française a commencé à lui ouvrir les yeux; puis le nazisme et son néo-paganisme avec son racisme l'obligea à voir la réalité. En 1938 Pie XI voulait condamner fermement le nazisme, mais après lui, Pie XII préféra éviter un choc frontal avec l'Allemagne et garda une attitude ambiguë, relayée par la revue Civiltà Cattolica qui ne faisait que prolonger la pensée du Pape.
Bonnes études qui éclairent quelque peu un phénomène complexe, en attente de compléments. - B. Clarot sj

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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