Che cosa vogliamo potere? Etica nell'epoca della biotecnica, tr. C. Danna

D. Mieth
Morale e diritto - Census taker : A. Pighin
Ex-professeur de morale catholique à Fribourg (Suisse) et à Tübingen, membre de la commission éthique européenne, D. Mieth a toujours lutté pour la protection de l'embryon humain, mais a su demeurer critique par rapport à certaines positions de l'Église. Son livre se présente comme une somme en matière de bioéthique et conclut les recherches de toute une vie. Ce qui paraîtrait une gageure a été facilité par l'aide de nombreux collaborateurs de l'Université de Tübingen.
Le titre du volume a de quoi surprendre: Que voulons-nous pouvoir en matière de biotechnique? Pour D.M. en effet l'éthique est une occasion pour réfléchir et clarifier notre volonté afin de vouloir ce que nous devons faire. Il s'efforce de rattacher les problèmes particuliers au «tout» constitué par la recherche et ses applications, avec l'éthique qui les accompagne; car l'éthique, comme théorie du bien et du juste, doit aussi faire apparaître les défis, résistances, processus d'apprentissage, tout en précisant les grands thèmes: dignité de l'homme, reconnaissance réciproque des droits et des devoirs, évaluation des conséquences, critères de compatibilité, etc. En matière d'éthique, Mieth élabore une position qui adopte différents types d'argumentation philosophique pour éclairer les questions théologiques. Il cherche à proposer « une morale autonome en contexte chrétien», une sorte «d'éthique expérimentale». Il entend protéger l'humanité contre des développements techniques nocifs et proposer aux chercheurs des critères éthiques acceptables.
Son plan est vaste: réflexions socio-éthiques dans le contexte biotechnique, éthique en médecine et en biotechnique, biopolitique (experts et institutions en Europe et à l'ONU,… pluralisme, tolérance et compromis), nature, image de l'homme et droits de l'homme. Impossible de résumer, mais voici quelques notes de lecture: la tolérance, le compromis et le pluralisme font partie de notre démocratie, mais il faut savoir nous battre pour nos idées et tolérer les autres une fois que la loi a pris position (503). Le concept de «nature» est plus philosophique que scientifique. La nature humaine peut être transformée et ne doit pas devenir l'argument normatif unique; il faut aussi tenir compte de la personne, de la liberté et de la dignité humaine. Que reste-t-il de l'argument de «nature» en morale? La nature est un produit artificiel même dans notre corporéité; par exemple, vivre notre sexualité tient à la fois de l'art et de la nature, du respect que l'art a de la réalité (514). La perspective chrétienne de la bioéthique, c'est de vouloir se comporter moralement de façon juste dans le contexte de la foi. Ceci résulte de convictions religieuses qui, comme telles, ne peuvent remplacer les fondements de la morale, mais les accompagner et les confirmer (554). Aucune morale ne peut se passer de la constitution religieuse de l'homme sans devenir réductionniste (554). Les morales de l'autodétermination oublient que la liberté implique aussi l'auto-obligation (554). Pour la biotechnique, le grand principe moral directeur est la coresponsabilité dans la conservation et l'hominisation de la vie humaine et de son milieu naturel (581). Ni l'opinion de la majorité ni les compromis ne remplacent la morale (618).
Ce livre intelligent et équilibré vient à point en un domaine délicat toujours en mouvement qui risque de dérouter beaucoup de monde et où D. Mieth sait garder son franc-parler. - A. Pighin

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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