Gloire, une esthétique théologique, III-1 Le domaine de la métaphysique, 1re partie : Antiquité
Hans Urs von BalthasarStoria del pensiero - reviewer : Pascal Ide
Dans le projet de trad. d’ensemble des Œuvres complètes de Balthasar, à commencer par sa Trilogie, nous disposons maintenant d’une traduction révisée, opérée par Éric Iborra, de la 1re part. de Im Raum der Metaphysik (1965). Vis-à-vis de la 1re trad., celle de Robert Givord et Henri Englemann (coll. Théologie 84-86, Paris, Aubier, 1981-1983), rappelons d’abord que Balthasar entend « métaphysique » dans un sens à la fois plus large que l’usage habituel – « la métaphysique (saisie dans toute son ampleur) » (p. 13) –, puisqu’il y englobe toute l’approche mythico-religieuse et artistique (Homère et les tragiques y occupent plus de place que la philosophie, qui taille la part du lion à Platon et n’accorde que 7 pages à Aristote) – et plus précis, puisqu’il concerne non pas la métaphysique de l’esprit, mais celle de l’être – « c’est seulement comme être que l’étant est universel » (p. 12).
Rappelons ensuite que la différence générale quant au découpage est triple. D’abord, les précédents traducteurs avaient inversé l’ordre de Herrlichkeit, faisant passer ce parcours de toute l’histoire de la métaphysique occidentale au terme, alors que, bien évidemment, le couronnement réside, dans l’esprit de son auteur, dans la théologie de la gloire présente dans les Saintes Écritures étudiées dans les deux derniers tomes intitulés : Theologie (1. Alter Bund, 1966 ; et Neuer Bund, 1969). Par ailleurs, les anciens traducteurs distribuaient la totalité de la matière concernant la métaphysique en 3 vol. : 1. Les fondations. 2. Les constructions. 3. Les héritages. Or, l’A. la répartit, lui, en 2 volets, respectivement intitulés : Altertum (« Antiquité ») et Neuzeit (« Temps modernes »). Ainsi, les 7 t. de Herrlichkeit devenaient les 8 vol. de la trad. française de La Gloire et la Croix. Enfin, le découpage du 2e des 3 vol. passait au travers d’Altertum qui, en l’occurrence, s’achève avec l’étude de l’esthétique thomasienne.
La nouvelle trad. garde l’immense mérite de l’ancienne, à savoir la lisibilité, en y ajoutant une plus grande littéralité, le retour des notes en bas de page et une plus grande fidélité au texte original (c’est ainsi que les longues citations inaugurales ont été rétablies). Un regret : les multiples citations latines de la partie médiévale n’ont pas été traduites. Les éditeurs des Œuvres complètes de Lubac ont pris en compte ce fait massif : aujourd’hui, les lecteurs n’ont plus la formation classique dont bénéficiaient nos grands théologiens. — P.I.