Histoire d'un malentendu. L’exclusion des femmes du sacré : Patriarcat - Impureté - Infériorité

Gilbert Clavel
Storia del pensiero - reviewer : Gonzague de Longcamp c.s.j.

La question de « la place des femmes dans l’Église » est particulièrement débattue. La crise des abus, de manière négative, ou la synodalité, de manière positive, mettent la théologie et la pratique ecclésiale au défi d’un profond renouvellement. Et, comme le montre Gilbert Clavel, cela ne se fait pas sans résistance.

L’A. a pour lui d’avoir la double qualification de sociologue et de théologien, ce qui donne une pertinence particulière à son propos. Et ce d’autant plus que, dans ce vol., il ne cherche pas tant à démonter qu’à montrer. Pour pouvoir penser, il est nécessaire de faire l’état des lieux d’une question. Et, en ce qui concerne l’exclusion des femmes, il est nécessaire – pour une bonne intelligence – de ne pas se cantonner à analyser la situation de l’Église en Occident, mais d’ouvrir le parcours à différentes sociétés et religions.

Comme le montre le sous-titre de l’ouvrage, l’exclusion des femmes du domaine du sacré s’appuie sur 3 éléments : une représentation patriarcale des relations humaines (chap. 1) ; une insistance sur les notions de pur et impur (chap. 2) et une « infériorisation » de la femme, considérée comme une éternelle mineure (chap. 3).

Après une 1re part. visant à donner les fondements anthropologiques de l’exclusion des femmes, l’A. expose, dans une 2de part., comment ceux-ci ont favorisé la discrimination des femmes. Il tend à montrer que le corps des femmes, dans une société masculine et patriarcale, a constamment fait l’objet de fascination et de rejet. Comme si les penseurs et les politiques cherchaient à se prémunir du danger que représente le pouvoir des femmes lié, entre autres, à leur capacité de séduction. D’où, selon l’A. le développement de la théologie du péché et de la femme tentatrice. Ainsi pour se préserver de ce « danger », on a développé une pensée justifiant l’infériorité des femmes et – par suite – leur ostracisation de la société, de la culture et de l’éducation.

On voudrait parfois respirer, tant l’accumulation de données fournies par l’A. donne le vertige. Parvenu à la fin du parcours, on ne peut qu’être profondément interrogatif au sujet de cette exclusion et se demander comment sortir d’une telle situation. C’est ce qui fait l’objet du volume suivant. — G.L.

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La NRT est une revue trimestrielle publiée par un groupe de professeurs de théologie, sous la responsabilité de la Compagnie de Jésus à Bruxelles.

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